mercredi 14 février 2018

Paris 9ème: la mairie occupée pour dénoncer les propos du député LREM Sylvain Maillard


Le 5 février 2018, Sylvain Maillard, député LREM , affirmait que la majorité des hommes à la rue le sont par choix.

Pour rappel, depuis le 1er janvier, 11 personnes sont mortes dans les seules rues de Paris Comme Mr Maillard a tenu à préciser qu’il tenait ces propos en tant qu’ « élu de terrain parisien », en tant que mal-logés du même terrain, c’est à la mairie du 9ème arrondissement que nous sommes venus aujourd'hui manifester contre ses propos. Et ce jusqu'à ce que le député s'engage à nous recevoir à l'Assemblée Nationale, ce qui lui permettra de regarder la réalité du mal-logement en face.



Une réalité que l'indécence de ses propos visait à masquer.



Le problème n’est pas de savoir si des SDF et combien acceptent ou refusent quelques heures sur un lit de camp dans un gymnase qui fermera quelques jours plus tard. Le problème n’est pas de savoir si dans les quelques jours qui viennent, le SAMU social pourra répondre aux appels grâce aux quelques salariés embauchés temporairement, qui ne seront plus là quand il fera un peu moins froid. Le problème, c’est le droit au logement, un droit fondamental inscrit dans tous les textes de lois. Le problème, ce sont ces millions de mal-logés et de SDF dont on ne saura jamais s’ils auraient refusé un vrai logement décent, parce qu’on ne leur a jamais proposé.



Quant à l’hébergement, même en période de plan Grand Froid, la réalité rend encore plus terribles les propos de Sylvain Maillard : le SAMU social dit lui même ne pouvoir répondre qu’à 1200 appels sur plus de 6000. Les hébergements ouverts provisoirement sont tous pleins.

mercredi 24 janvier 2018

#Ecorenovons Paris ? Que fait Anne Hidalgo contre l'insalubrité et le saturnisme ?


A Paris ,il faut des années pour être reconnu DALO et être relogé: pour les victimes d'indécence et d'insalubrité de leur logement, le processus est rendu encore plus complexe par la multiplicité des démarches à effectuer, la lenteur des procédures , la dispersion des acteurs publics censés intervenir. 
C'est pourquoi nous nous battons depuis des années pour que la Ville reloge les victimes qui n'ont pas le DALO sur son contingent. 

Mais Ian Brossat et Anne Hidalgo font la sourde oreille: aujourd'hui, la situation s'aggrave, au point que des enfants en bas âge sont de nouveau atteints de saturnisme , sans qu'aucun dépistage n'ait été prescrit à des familles vivant dans des taudis, malgré des visites des services municipaux. 

Ce 24 janvier, Anne Hidalgo et Ian Brossat ont été contraints de déployer un barrage de CRS pour pouvoir effectuer une visite de presse d'un chantier privé de rénovation énergétique financé par des fonds publics municipaux. En effet, nous avions décidé de manifester et nous l'avons fait malgré la pression jusqu'à ce que Ian Brossat soit contraint de quitter son opération de communication pour nous rencontrer immédiatement. 

dimanche 14 janvier 2018

À Paris, fin du gel des demandes de logement social en cas de refus

De manière totalement arbitraire, Anne Hidalgo, Ian Brossat et leur majorité municipale avaient instauré une punition pour les demandeurs de logement social qui refusent une proposition de relogement : depuis 2014, leur demande était gelée, quelle que soit leur situation de mal-logement. 
Cette mesure démagogique , largement médiatisée a contribué aux discours stigmatisants sur les mal-logés qui ne le seraient pas vraiment. Elle vient d'être déclarée illégale par une décision du tribunal administratif : celle-ci a été obtenue par un mal-logé qui avait refusé un logement dont les fenêtres donnaient directement sur un axe routier ultra-fréquenté, générant des nuisances sonores et de la pollution. 
Voici la décision de justice , ainsi que le communiqué du demandeur concerné qui vient de marquer un point pour tous les mal-logés face à une mesure injuste et démagogique.  bien commode pour masquer la réalité. A Paris, en effet, ce sont surtout les bailleurs sociaux de la Ville qui ont toute latitude pour refuser les candidats qui ne leur plaisent pas et mettre en place des politiques insidieuses de tri parmi les mal-logés. 


À Paris, fin du gel des demandes de logement social en cas de refus
La mairie de Paris n’a plus le droit de punir les mauvais pauvres en gelant leur demande de logement social !
Depuis 2014, la mairie de Paris avait pris la mauvaise habitude de geler automatiquement pendant un an les demandes de logement social des personnes qui avaient osé refuser une proposition.
Pour avoir refusé un logement dont les fenêtres donnent sur le boulevard périphérique et dont le loyer était trop élevé pour mes revenus, la mairie m’avait adressé une décision de maintien de gel. Mais sur quelle base légale au juste ? Aucune, et c’est ce que démontre une décision en date du 28 décembre 2017 du tribunal administratif de Paris, issu de la procédure que j’ai engagé contre la mairie.
Oui, un demandeur de logement social a le droit de refuser une proposition qui lui est faite s’il justifie ce refus. Et nous avons souvent toutes les bonnes raisons de refuser un logement : insalubrité (proximité d’un axe routier important), éloignement géographique du logement par rapport à son quartier, sa famille, son travail, l’école, loyer trop cher, rez-de-chaussée, superficie trop petite ou trop grande, nombre de pièces insuffisant.

mercredi 10 janvier 2018

#Paris2024 : les jeux du mal-logement ne sont pas faits !


Ce lundi 10 janvier 2018, nous avons manifesté une bonne partie de l'après-midi au Comité d'Organisation des Jeux Olympiques, et rencontré son directeur administratif et financier.

Paris a hérité pour 2024 de Jeux Olympiques dont pas grand monde ne voulait. A Boston, à Budapest où à Rome, la consultation ou la mobilisation de la population ont amené au retrait des candidatures. Il y a évidemment une raison à ce peu d’intérêt : les Jeux Olympiques ne sont pas que du sport. Ils représentent avant tout une dépense publique énorme. «  Seulement quelques milliards » , disent les politiques qui les défendent . Mais dans la capitale, ces « quelques milliards » , ni l’État, ni la mairie ne sont prêts en en mettre même une partie pour faire en sorte que plus personne ne dorme dans la rue. Et aucun politique n’a demandé aux Parisiens s’ils préféraient investir dans les Jeux Olympiques ou dans les urgences sociales.

Emmanuel Macron, comme Anne Hidalgo s’appuient sur des sondages pour affirmer que les Jeux à sont majoritairement soutenus en France et à Paris.
Mais ces sondages portent sur l’aspect sportif.

Dans un contexte déjà marqué par la hausse constante des loyers et de l’immobilier à Paris et en petite couronne, les Franciliens soutiennent-ils massivement une accélération de cette hausse et donc celle de leurs difficultés à se loger ?

jeudi 4 janvier 2018

Boulogne: le droit au logement est la seule solution à la saturation des hébergements.


Notre collectif a manifesté aujourd'hui toute la matinée dans la mairie de Boulogne Billancourt (92 pour dénoncer le manque de logements sociaux, véritable raison de la crise de l'hébergement d'urgence.

Comme tous les hivers, la question des personnes à la rue fait irruption dans l’agenda politique. Mais les débats et les propositions ne portent que sur le manque d’hébergements d’urgence. En ne parlant pas de la question de l’accès au logement social, on favorise toutes les polémiques honteuses et dégradantes : que ce soit en accusant les migrants de prendre les places de dortoir ou en s’en prenant aux SDF qui refusent des propositions de mise à l’abri de quelques heures seulement et dans des conditions épouvantables.

Mais l’hébergement d’urgence ne serait plus saturé si toutes celles et ceux qui attendent en vain un logement social en sortaient. Or, depuis deux décennies, des communes , pourtant très riches, ne respectent même pas la loi SRU. Celle-ci est pourtant un minimum, pas suffisant mais parfaitement atteignable. Au lieu d’accuser les victimes du mal-logement, le gouvernement ferait donc mieux de se préoccuper de faire appliquer la loi.

Mal-logés, nous somme donc venus manifester à Boulogne, deuxième ville plus riche de France. Le dernier bilan SRU, sorti ce 18 décembre, indique que la ville est de nouveau de celles qui n’ont même pas respecté leurs engagements minimum pour arriver au quota légal.

mercredi 13 décembre 2017

Accès au droit:à Paris, la Direction du Logement ne répond plus !



Pour obtenir un logement social, il faut une demande de logement social à jour. 
Ca paraît simple et évident. A Paris, ça ne l’est pas.
Au mois de juin dernier, l’antenne centrale de la gestion des demandes de logement social , qui proposait un accueil physique dans le centre de Paris aux demandeurs de toute l’Ile de France a définitivement fermé. Nous avons occupé le site de la Direction Locale de l’Habitat pour protester contre cette décision et ses conséquences: les radiations arbitraires du fichier, les erreurs sur les dossiers, les documents transmis et jamais enregistrés. Nous avons pu constater que le "nouveau siège" de la DLH , Avenue de France indiqué sur les demandes de logement n'était même pas encore occupé !!! Tous les documents qui y sont envoyés par les demandeurs doivent donc être renvoyés à l'ancienne adresse pour le moment ! 


Seules les permanences physiques des mairies d’arrondissement restent ouvertes. Dans les arrondissements des quartiers populaires elles sont surchargées . Le temps d’accueil y est réduit, et les salariés ne sont pas en mesure d’aider les demandeurs qui ont du mal à faire face à la complexification croissante de la constitution du dossier.

mercredi 22 novembre 2017

Mal-logement: Un jour ça ira, mais quand ?


 
Ce mardi 21 novembre, Dominique Versini, adjointe d'Anne Hidalgo chargée du social et de l'hébergement , était venue assister à la projection d' « Un jour, ça ira », au Louxor. Ce documentaire raconte l'histoire de deux jeunes sans logement et celle de leur séjour dans un centre d'hébergement.
Notre collectif a manifesté devant le cinéma Le Louxor,  pour rappeler à Mme Versini, que son rôle est d'empêcher que les choses finissent mal dans la capitale, pour toutes et tous.

Peut-être qu'un jour ça ira, mais pas sans combat, parce que maintenant, ça ne va pas.

La réalité parisienne, c'est une majorité de non-réponses aux demandes d'hébergement en urgence faites au SAMU social, le dernier interlocuteur des personnes jetées à la rue. Ce ne fut pas toujours le cas : il y a quinze ans encore, les Parisiens confrontés à un besoin d'hébergement pouvaient toutes et tous se tourner vers les services sociaux du département. Puis, l'accès a été restreint : d'abord les personnes seules privées de titre de séjour, puis toutes les personnes sans enfants, puis les familles même avec enfants sans titre de séjour. Puis tout le monde, ou presque. A de très rares exceptions, aujourd'hui, en cas de mise à la rue, les habitants de la capitale sont renvoyés vers le SAMU social totalement saturé. Ce qui équivaut à les laisser à la rue, et à les abandonner totalement.

Certes la Ville de Paris finance des centres d'hébergement. Mais jamais à la mesure des besoins. La capitale qui peut se payer des Jeux Olympiques n'aurait pas les moyens d'empêcher que des gens meurent dans la rue, que des enfants aillent à l'école après avoir passé la nuit dehors ou dans un hôtel de grande banlieue qui change chaque soir ? C'est absurde. Il s'agit avant tout de choisir ce qui est prioritaire et donc de volonté politique.

C'est la même chose pour l'accès au logement décent : si les hébergements d'urgence sont saturés, c'est aussi, parce qu'il est quasi-impossible d'en sortir vers le haut, c'est à dire d'obtenir un relogement dans le parc social dans un délai raisonnable. Il n'y a pas assez de logements sociaux avec un loyer correspondant aux revenus des catégories populaires pour cela à Paris. Et beaucoup des nouveaux logements sociaux vantés par Anne Hidalgo et sa majorité ont des loyers PLS inaccessibles à 90 % des demandeurs de logement en attente. Et les demandes en attente ont doublé en quelques année.

Aujourd'hui, ça ne va pour personne : ni pour les mal-logés, ni pour les usagers des services sociaux surchargés de la Ville. Aujourd'hui, les travailleurs sociaux eux-même sont en grande souffrance, et en lutte comme nous, parce que les élus ne leur donnent pas les moyens de faire leur travail , de nous permettre d'accéder à nos besoins fondamentaux, et exigent d'eux d'être en première ligne, les mains vides, face à nos souffrances.

Un jour, ça n'ira pas mieux, si Mme Versini et sa majorité refusent d'entendre nos voix, et de résoudre nos problèmes en y mettant les moyens nécessaires.