mercredi 22 mars 2017

Paris 10ème: les attributions de logements sociaux baissent, les luttes augmentent




Notre collectif révélait il y a quelques semaines un chiffre très inquiétant sur la politique du logement à Paris: en dépit des communications éternellement triomphales d'Anne Hidalgo et de Ian Brossat, tout ne va pas de mieux en mieux dans la capitale , en tout cas pour celles et ceux des Parisiens qui ne peuvent se loger que dans le parc social. En effet le nombre d'attributions de logements sociaux , déjà très insuffisant au regard de la demande, a beaucoup baissé depuis quelques années passant de 13 000 par an à 10 000 environ. 

La cause ? Une rotation très faible dans le parc ancien, que les élus reconnaissent sans vouloir en reconnaître la cause. Le parc neuf de logements sociaux est beaucoup plus cher et comporte beaucoup trop de PLS, aux loyers inaccessibles pour les classes populaires. Les PLS même neufs ne trouvent pas facilement preneur, raison pour laquelle la Mairie a du mettre en place Loc'Annonces , qui est surtout une publicité destinée à un public qui n'a pas besoin d'un logement social au point d'en faire la demande, sans qu'on le lui propose. 

Comme le parc neuf est trop cher pour les demandeurs modestes, certains logements sont laissés vides des mois et des mois, les bailleurs refusant les candidatures proposées pour "insuffisance de revenus". Et si les demandeurs les plus aisés accèdent assez vite à un HLM correspondant à leurs ressources, l'immense majorité voit son dossier stagner dans le stock de la demande: 219 000 dossiers sont désormais en attente à Paris, contre 140 000, il y a encore quelques années. 

Face à cette situation inacceptable, les élus ferment leur porte aux mal-logés en lutte: ainsi, même  une demande faite par les équipes de Benoît Hamon après notre visite collective à son QG, notre collectif trouve porte close à ses revendications dans le 10ème arrondissement de Paris comme avec l'ensemble des élus. 

Ceux-ci peuvent toujours espérer que nos luttes disparaissent . Mais nous combattons pour un droit fondamental, vital. Et nous ne pouvons tout simplement pas y renoncer, la lutte continuera donc. D'autant que nous savons que nos élus ont les moyens de changer les choses: ainsi dans le 10ème arrondissement, Rémi Ferraud et Ian Brossat se vantaient encore au mois de juin dernier d'avoir acquis et reconventionné 47 logements en PLS, quai de Jemmapes . Pourquoi ce qui est possible et se fait partout  à Paris , ne le serait-il pas pour les PLA-I, logements très sociaux et seuls accessibles à 70% des demandeurs. 

lundi 20 mars 2017

Logement: à Benoît Hamon et Anne Hidalgo, nous demandons du concret maintenant.




Face au besoin de relogements, promettre pour le futur ne suffit pas. 

Le 15 mars dernier, nous avons investi le QG de Benoît Hamon, candidat à la présidentielle soutenu par Anne Hidalgo. Le programme du candidat prévoit 150 000 logements sociaux dont 130 000 logements très sociaux par an. Mais dans une élection nationale, lorsque des élus locaux soutiennent un candidat, on ne peut pas faire comme si le pouvoir de faire n'existait pas déjà sur le terrain. 

C'est d'autant plus vrai en matière de logement social, où les possibilités légales offertes aux grandes mairies sont très importantes.  

C'est encore plus vrai à Paris, une capitale qui a les moyens financiers pour faire la politique du logement social que ses élus souhaitent: or à Paris, depuis des années, c'est à peine un tiers des nouveaux "logements" qui sont du logement très social. Nous mettons volontairement le terme "logements " entre guillemets car , en réalité de nombreux hébergements d'urgence sont comptabilisés comme des logements , au titre de la loi SRU. 

Les politiques concrètes menées dans la capitale par une élue qui est un des principaux soutiens de Benoît Hamon sont donc bien différentes de ce que promet le candidat. 

Demandeurs de logement, nous sommes légitimes à exiger par la lutte, la cohérence entre les engagements pour le futur et la politique menée dans le présent. Celle-ci peut changer de manière très concrète, dès aujourd'hui et changer la vie de centaines de milliers de personnes. 

C'est ce que nous rappellerons ce mardi à Daniel Goldberg, parlementaire et responsable de la politique du Logement dans l'équipe de Benoît Hamon. Et éventuellement aux représentants d'Anne Hidalgo dont la présence ne nous a pas été confirmée à ce jour, illustration de la difficulté à avoir un quelconque dialogue social dans la capitale, sur la question du logement, dès lors qu'on ose protester contre le déni de droits permanent qui est notre quotidien de mal-logés. 

 

Sans toucher au niveau de loyers des logements déjà construits ou produits, on condamne les mal-logés à voir leur situation perdurer des années.


Exemple 1 : à Paris, les logements « reconventionnés », c'est à dire les logements appartenant à des bailleurs sociaux mais jusqu'ici en loyers libres, sont quasi systématiquement reconventionnés en PLS et pas en PLA-I. Cette mécanique peut très bien être changée immédiatement, et cela concernerait des milliers de logement même sur les trois dernières années .

Exemple 2 : Ian Brossat, adjoint au Logement, reconnaît lui même que la baisse du nombre des attributions provient notamment du fait que les logements disponibles arrivant en commission ont des niveaux de loyers trop élevés pour la majorité des personnes réellement demandeuses d'un logement social. Or la loi ALUR a ouvert la possibilité de la « remise sur quittances » ; en clair, un logement de niveau de loyer PLS peut voir celui-ci adapté temporairement à des revenus beaucoup moins élevés, jusqu'à ce que le foyer voit sa situation sociale s'améliorer et ses revenus augmenter. Certains bailleurs sociaux pratiquent déjà cette possibilité , mais pas ceux de la Ville de Paris. 

Conditionner l'activité hors logement très social des bailleurs sociaux au respect préalable de leur vocation première.

Exemple : dans la capitale, les bailleurs sociaux municipaux font désormais un peu de tout. Du logement intermédiaire, la gestion d'un parc de loyers libres qui donne lieu régulièrement à des scandales sur leurs occupants fortunés ( et pour cause vu le niveau des loyers), de l'Usufruit Locatif Social qui permet de faire du logement social seulement temporaire en PLS . Mais aussi de la construction et de la gestion de bâtiments high tech pour les entreprises ( pépinières, incubateurs, espaces commerciaux ). La seule RIVP a ouvert une dizaine d'immeubles destinés aux incubateurs d'entreprises à des prix défiant toute concurrence ( 179 euros le m2 par an, comme le bailleur le dit sur son site).
Le développement économique de la capitale ne dérange personne. Que les bailleurs sociaux logent des foyers dont les revenus sont plus élevés que ceux des classes populaires n'est pas non plus choquant en soi.
Mais il n'est pas possible que la mission initiale d'un service public ne soit pas remplie, que les responsables de ce service public déclarent ne pas être en mesure de faire plus pour le remplir, mais se livrent dans le même temps à d'autres activités.
Ce mouvement ne peut que s'accélérer car la première loi Macron a notamment permis la création de filiales de logement intermédiaire autonome pour les bailleurs sociaux.

mercredi 15 mars 2017

Au QG de Benoit Hamon , faire battre le coeur de nos droits




Soixante dix demandeurs de logement ont passé l'après-midi au QG de Benoît Hamon. 
Après notre visite collective au siège du mouvement d'Emmanuel Macron, nous avions aujourd'hui choisi d'interpeller le candidat soutenu par la Maire de Paris Anne Hidalgo. 

Sur place nous avons pu expliquer au bras droit de Benoît Hamon, Ali Rabeh qu'il ne suffisait pas que le candidat fasse des promesses aux mal-logés: encore faut-il que les engagements correspondent à des actes sur le terrain, et notamment dans la capitale. 

Ali Rabeh nous a en effet annoncé que Benoît Hamon comptait s'il était élu construire 150 000 logements sociaux, dont 80% de logements très sociaux, les seuls accessibles à 70% des demandeurs de logement parisiens, par exemple. Mais dans le même temps Anne Hidalgo s'accroche à la politique désastreuse des trois tiers: sur les nouveaux logements  à Paris, moins de 30% sont des logements très sociaux. Ceci explique notamment la baisse des attributions de logements au fil des années: il n'y en avait déjà que 13 000 par an en 2011, il n'y en a plus que 10 000 en 2016. 

Le décalage entre les discours et les actes ne peut plus durer: le mal-logement est un fléau qui touche des millions de personnes dans le pays. On ne peut pas toujours faire des annonces pour le futur et les laisser dans des situations horribles des années, au mépris de leurs droits. 

Mardi soir, nous rencontrerons Daniel Goldberg, chargé des questions de logement dans l'équipe de Benoît Hamon. Celle-ci nous a avoué ne pas être sûre de pouvoir convaincre l'équipe d'Anne Hidalgo d'être présente à ce rendez-vous...Un signe parmi d'autres du déni de droits permanent dans lequel les mal-logés sont tenus à Paris, que cette volonté d'éviter le dialogue social avec leurs organisations. 

Nous restons quant à nous déterminés à imposer la question du mal-logement, dans la campagne, et après les élections, comme les luttes de mal-logés le font depuis des années. Nous savons que nous n'avons pas le choix: compter sur nous-mêmes et nos combats ou ne compter pour personne.

mercredi 8 mars 2017

Myriam El Khomri confrontée à la colère des mal-logés



"Nous sommes exceptionnelles parce que....".

C'était le thème de la conférence organisée par Espoir du 18, à l'espace Nathalie Sarraute, sur la ZAC Pajol, pour le 8 mars, journée internationale des droits des femmes.
Parmi les intervenantes, une Ministre et candidate à la députation dans le quartier, Mme El Khomri, et l'adjointe à la Sécurité et à la Prévention de la Ville de Paris , Mme Brossel.

Soixante mal-logées et mal-logés du quartier les attendaient. Les deux élues n'ont pas souhaité entrer en notre présence. Pourtant le mal-logement n'a rien d'exceptionnel dans le 18ème arrondissement et plus globalement dans tout Paris. Et il impacte tous les droits, et beaucoup ceux des femmes.

Devant notre détermination, Mme EL Khomri a finalement envoyé son directeur de cabinet à qui nous avons rappelé notre revendication: un logement, parce que c'est le minimum. Nous n'acceptons pas que le nombre d'attributions de logements sociaux baisse dans la capitale: il est passé de 13 000 à 10 000 appartements en 3 ans.

Les opérations de communication de nos élus qui prétendent faire le maximum nous invisibilisent : par nos mobilisations, nous continuerons à montrer le 8 mars et tous les autres jours que la seule manière d'en finir avec les luttes des mal-logés, c'est de respecter leurs droits. 
 

mercredi 22 février 2017

A Paris le nombre de logements sociaux attribués est en baisse.


70 demandeurs de logement se sont invités à la visite par Anne Hidalgo du supermarché participatif La Louve, dans le 18ème arrondissement. 
La mairie communique sur les bons chiffres du logement social à Paris, les mal-logés sont bien obligés de prendre en compte et d'informer sur  les mauvais, notamment celui des attributions qui baisse d'un quart en 2 ans.

En 2013, 13 000 logements sociaux* avaient été attribués. Il n'y en a eu que 10637* en 2015. Cette comparaison chiffrée, ne figure pas dans les bilans des dossiers de presse d'Anne Hidalgo mais explique pourtant la mobilisation des mal-logés.

Nous sommes 219 000* foyers dans les files d'attente du logement social parisien. Et au fil des années le nombre d'attributions baisse.
Comment expliquer cette contradiction entre l'augmentation du nombre de logements sociaux financés, mise en avant par la Mairie, et la baisse du nombre de demandeurs relogés en bout de chaîne ? En tout cas, Anne Hidalgo doit cette explication aux Parisiens demandeurs de logement.

Ce que nous savons, pour le vivre, c'est que les attributions sur des propositions faites par la Préfecture sont , pour beaucoup , refusées par les bailleurs sociaux parisiens, pour cause d'insuffisance de revenus par rapport au loyer. Ce n'est pas acceptable : si les nouveaux logements sociaux sont trop chers pour être occupés par ceux qui en ont un besoin vital, alors l'augmentation de la production ne change pas grand chose pour les catégories populaires. Ian Brossat a d'ailleurs reconnu ce problème des refus d'attribution, mais ce sont bien les élus qui dirigent les bailleurs sociaux parisiens . Que fait Anne Hidalgo ? 

mercredi 8 février 2017

#EnMarche mais vers où? Le mal-logement s'invite chez Macron



Ce 8 février visite surprise de 70 mal-logés au QG d'Emmanuel Macron. 
Nous nous sommes déplacés à son QG, parce que malheureusement, le mal-logement n'est pas un « thème de campagne ». Une nouvelle fois, nous serions donc des millions à être invisibilisés si nous ne nous invitons pas dans les débats qui engagent nos vies pour cinq ans. 

Or celui qui prétend faire de la politique autrement ne se montre pas très différent des autres; l'armée de conseillers que nous avons d'ailleurs croisés les uns après les autres aujourd'hui,  a accouché d'une souris en qui concerne le programme : quelques mesurettes dont certaines aggraveront la situation des  millions de mal-logés.

 Les pistes abordées par le candidat dans la seule occasion où il a parlé logement, un débat organisé par un réseaux d'agences immobilières sont celles qui font les politiques du logement depuis des années et qui ne prennent jamais en compte la situation des catégories modestes de la population. 


Emmanuel Macron a d'une part indiqué « vouloir changer le système des attributions de logements sociaux ». C'est très exactement ce qu'ont fait tous ses prédécesseurs : mettre en place divers systèmes de « priorisation » et de critères de plus en plus complexes et de plus en plus restrictifs. Transférer le contingent préfectoral aux mairies, puis le transférer de nouveau aux Préfectures, puis décider qu'on en laissera une partie aux intercommunalités.

Evidemment, ça n'a jamais fait baisser le nombre de demandeurs de logement. On peut se triturer le cerveau pendant des années, on n'attribuera jamais que ce qui existe. Or, aujourd'hui, 70 % des demandeurs de logement ont besoin d'un logement très social, c'est à dire d'un logement avec un loyer correspondant aux revenus modestes. Or, même dans les communes les mieux loties, la production de logements très sociaux constitue à peine le tiers de la production.

Et c'est là tout le problème de la deuxième proposition d'Emmanuel Macron : faire plus de logement « intermédiaire », c'est à dire du logement en moyenne 15 % moins cher que les loyers du privé, financé avec de l'argent public. Or, privilégier le logement intermédiaire, c'est aussi ce qui est fait depuis des années  . Sur le dernier quinquennat, 3,5 milliards d'euros ont été dégagés pour en produire. Depuis la loi Macron, les bailleurs sociaux , qui ne répondent pas à la demande de logement social, peuvent créer des filières spécifiques pour le logement intermédiaire.

La dernière proposition du candidat est la plus dangereuse : créer un bail précaire d'un an pour les précaires....Bref ajouter la précarité à la précarité, au lieu de créer les conditions de la stabilité du droit au logement pour ceux qui souffrent déjà de la précarité de l'emploi.

Pour un candidat qui entend faire du neuf, ça sent le réchauffé.
Pourtant, la solution est extrêmement simple . Investir massivement dans du logement social à loyers adaptés aux revenus modestes.

Et s'il y a un candidat qui a montré qu'il n'avait pas peur d'investir massivement, c'est bien Emmanuel Macron, dont le gouvernement a consenti des dizaines de milliards d'euros aux entreprises pour relancer la croissance.

Pourquoi ne pas faire la même chose pour le logement social ? Et résoudre ainsi les problèmes terribles qui empoisonnent la vie de millions d'entre nous ?

C'est la question que nous sommes venus poser à Emmanuel Macron, qui fait la course en tête.
Nous nous sommes déplacés à son QG, parce que malheureusement, le mal-logement n'est pas un « thème de campagne ». Une nouvelle fois, nous serions donc des millions à être invisibilisés si nous ne nous invitons pas dans les débats qui engagent nos vies pour cinq ans.

samedi 4 février 2017

#Paris18: Ian Brossat interpellé par les Parisiens mal-logés à son premier meeting.


 

 Ce 4 février  l'adjoint au Logement de la Ville de Paris entamait sa campagne  électorale pour un siège de député. Les mal-logés parisiens continuent la leur pour l'accès à leurs droits fondamentaux, et ont accueilli Ian Brossat avec leur colère  à l'entrée de son meeting.


Ian Brossat écoutera-t-il nos revendications ? En tout cas, aujourd'hui il a dû les  entendre.
 En 2009, il y avait 115 800 demandeurs de logement à Paris. En 2016, il y en a 219 000 dont 128 600 Parisiens. On peut tourner les chiffres dans tous les sens, mais une réalité est certaine : le nombre des seuls demandeurs justifiant d'une adresse sur Paris excède aujourd'hui celui de l'ensemble des demandeurs il y a huit ans. Globalement le nombre de foyers en attente d'un logement social a doublé.

Ian Brossat, adjoint au Logement depuis deux ans, ne cite jamais ces chiffres là. Il supporte très mal que les organisations de mal-logés en fassent état. Il est pourtant normal que les premiers concernés, en attente d'un logement social prennent en compte leur nombre en croissance constante pour apprécier l'efficacité de la politique du logement social à Paris.

Comment pourrions nous nous contenter des chiffres de la « production » de nouveaux logements sociaux toujours en hausse , selon la mairie ? Nous savons par expérience ce que recouvre cette réalité : nous sommes 70 % des demandeurs à avoir besoin d'un PLA-I, un logement très social. Entre 2001 et 2015, un quart seulement des nouveaux logements étaient des PLA-I. Moins de 10 % des demandeurs peuvent accéder aux PLS, les plus chers des logements sociaux , ceux-ci ont constitué un tiers de la production dans la même période.

Pour accéder au droit fondamental qu'est l'accès à un logement décent, nous avons besoin que cette politique change, nous avons besoin de vrais logements sociaux en masse. En tout, Paris ne compte que 20 % de logements sociaux, PLS inclus. Cette exigence n'a donc rien d'impossible, rien d'irréalisable. Elle permettrait aux Franciliens modestes qui vivent à Paris, ou viennent y travailler avec des temps de transport insupportables au quotidien de vivre normalement.