mercredi 13 décembre 2017

Accès au droit:à Paris, la Direction du Logement ne répond plus !



Pour obtenir un logement social, il faut une demande de logement social à jour. 
Ca paraît simple et évident. A Paris, ça ne l’est pas.
Au mois de juin dernier, l’antenne centrale de la gestion des demandes de logement social , qui proposait un accueil physique dans le centre de Paris aux demandeurs de toute l’Ile de France a définitivement fermé. Nous avons occupé le site de la Direction Locale de l’Habitat pour protester contre cette décision et ses conséquences: les radiations arbitraires du fichier, les erreurs sur les dossiers, les documents transmis et jamais enregistrés. Nous avons pu constater que le "nouveau siège" de la DLH , Avenue de France indiqué sur les demandes de logement n'était même pas encore occupé !!! Tous les documents qui y sont envoyés par les demandeurs doivent donc être renvoyés à l'ancienne adresse pour le moment ! 


Seules les permanences physiques des mairies d’arrondissement restent ouvertes. Dans les arrondissements des quartiers populaires elles sont surchargées . Le temps d’accueil y est réduit, et les salariés ne sont pas en mesure d’aider les demandeurs qui ont du mal à faire face à la complexification croissante de la constitution du dossier.

mercredi 22 novembre 2017

Mal-logement: Un jour ça ira, mais quand ?


 
Ce mardi 21 novembre, Dominique Versini, adjointe d'Anne Hidalgo chargée du social et de l'hébergement , était venue assister à la projection d' « Un jour, ça ira », au Louxor. Ce documentaire raconte l'histoire de deux jeunes sans logement et celle de leur séjour dans un centre d'hébergement.
Notre collectif a manifesté devant le cinéma Le Louxor,  pour rappeler à Mme Versini, que son rôle est d'empêcher que les choses finissent mal dans la capitale, pour toutes et tous.

Peut-être qu'un jour ça ira, mais pas sans combat, parce que maintenant, ça ne va pas.

La réalité parisienne, c'est une majorité de non-réponses aux demandes d'hébergement en urgence faites au SAMU social, le dernier interlocuteur des personnes jetées à la rue. Ce ne fut pas toujours le cas : il y a quinze ans encore, les Parisiens confrontés à un besoin d'hébergement pouvaient toutes et tous se tourner vers les services sociaux du département. Puis, l'accès a été restreint : d'abord les personnes seules privées de titre de séjour, puis toutes les personnes sans enfants, puis les familles même avec enfants sans titre de séjour. Puis tout le monde, ou presque. A de très rares exceptions, aujourd'hui, en cas de mise à la rue, les habitants de la capitale sont renvoyés vers le SAMU social totalement saturé. Ce qui équivaut à les laisser à la rue, et à les abandonner totalement.

Certes la Ville de Paris finance des centres d'hébergement. Mais jamais à la mesure des besoins. La capitale qui peut se payer des Jeux Olympiques n'aurait pas les moyens d'empêcher que des gens meurent dans la rue, que des enfants aillent à l'école après avoir passé la nuit dehors ou dans un hôtel de grande banlieue qui change chaque soir ? C'est absurde. Il s'agit avant tout de choisir ce qui est prioritaire et donc de volonté politique.

C'est la même chose pour l'accès au logement décent : si les hébergements d'urgence sont saturés, c'est aussi, parce qu'il est quasi-impossible d'en sortir vers le haut, c'est à dire d'obtenir un relogement dans le parc social dans un délai raisonnable. Il n'y a pas assez de logements sociaux avec un loyer correspondant aux revenus des catégories populaires pour cela à Paris. Et beaucoup des nouveaux logements sociaux vantés par Anne Hidalgo et sa majorité ont des loyers PLS inaccessibles à 90 % des demandeurs de logement en attente. Et les demandes en attente ont doublé en quelques année.

Aujourd'hui, ça ne va pour personne : ni pour les mal-logés, ni pour les usagers des services sociaux surchargés de la Ville. Aujourd'hui, les travailleurs sociaux eux-même sont en grande souffrance, et en lutte comme nous, parce que les élus ne leur donnent pas les moyens de faire leur travail , de nous permettre d'accéder à nos besoins fondamentaux, et exigent d'eux d'être en première ligne, les mains vides, face à nos souffrances.

Un jour, ça n'ira pas mieux, si Mme Versini et sa majorité refusent d'entendre nos voix, et de résoudre nos problèmes en y mettant les moyens nécessaires.


mercredi 15 novembre 2017

Paris : Julien Denormandie fait repousser les mal-logés par la police


Quand on est Ministre, il ne suffit pas de venir dans les quartiers populaires pour y être populaire, il faut régler les problèmes des habitants .
C'est ce que les mal-logés ont fait comprendre aujourd'hui à Julien Denormandie, secrétaire d'Etat à la Cohésion des Territoires, venu faire un discours au 104, dans le 19ème arrondissement, à l'occasion de l'évènement " Nos Quartiers ont du Talent".
Certes avant de rencontrer le Ministre en face à face, nous avons du faire face à la police qui a tenté de nous repousser violemment loin du 104. Mais la violence sociale du mal-logement est notre quotidien, nous sommes donc habitués à résister. Et nous sommes restés.
 
Julien Denormandie venait dans le 19ème arrondissement pour la seconde fois depuis qu'il a été nommé Secrétaire d'Etat et s'occupe de la question du logement. Pour la seconde fois nous sommes venus l'accueillir. Après sa première visite en septembre, nous avons été invités au Ministère un mois plus tard. Comme d'autres, nous avons été bien reçus, longuement entendus. Comme celle des autres mal-logés, nos urgences ont ensuite été totalement ignorées.

jeudi 26 octobre 2017

Bailleurs sociaux contre Macron : les mal-logés et les locataires HLM ne sont pas des pions.

Depuis cet été, et l'annonce de la baisse de l'APL par le gouvernement, puis celle d'une baisse des loyers du logement social censée la compenser, le Ministère de la Cohésion des Territoires et les bailleurs sociaux s'affrontent de manière inédite.

Toutes les parties prenantes revendiquent la défense des mal-logés et des locataires HLM. Après une campagne présidentielle marquée par une indifférence médiatique et politique globale sur la question du logement, celle-ci est en apparence revenue au cœur des préoccupations.

En apparence, seulement. Ce qui risque de sortir de cette guerre entre décisionnaires sur le logement, c'est une aggravation immédiate de la situation des millions de personnes concernées.

Si la baisse de l'APL est entérinée, elle touchera les locataires les plus modestes du parc privé. Mais elle n'épargnera pas les locataires du logement social :  il pourra par exemple s'écouler des mois entre le moment où une partie de l'APL sera retirée aux locataires , et celui où les bailleurs sociaux seront réellement contraints d'appliquer la baisse des loyers. L'attaque contre l'APL est donc inacceptable pour tous.

Mais la stratégie des bailleurs sociaux l'est tout autant, et elle doit être dénoncée : tous prétendent défendre les mal-logés et les locataires. Mais tous ont aussi décidé de compenser la baisse de leurs ressources en s'en prenant aux mal-logés et aux locataires.

 

C'est notamment le cas dans la capitale où les bailleurs contrôlés par la Ville de Paris menacent ouvertement de ne plus assumer les tâches qui sont les leurs : Paris Habitat annonce 600 logements neufs en moins, et 1200 réhabilitations déprogrammées. Le premier bailleur social de la Ville justifie ce chantage insupportable par une perte estimée à 30 millions d'euros si la baisse des loyers était entérinée. On rappellera que le siège actuel du bailleur, objet d'un rapport de la Cour des Comptes avait coûté la bagatelle de 138 millions d'euros, sans que cela suscite le moindre doute sur la perte d'argent pour le logement social proprement dit.


Les menaces de Paris Habitat ont été suivies de celle d'Anne Hidalgo et de Ian Brossat, formulées dans un courrier adressé à l'ensemble des locataires des trois bailleurs sociaux parisiens, dont un extrait est reproduit ci-dessous : nous voilà avertis, nous pouvons renoncer à avoir des logements en bon état, aux travaux qui incombent à tout propriétaires et même très précisément «  au changement des fenêtres ».
Étrangement, ce courrier n'a pas été envoyé aux entreprises qui bénéficient de bureaux et de locaux à des loyers bien inférieurs à ceux du marché dans les innombrables incubateurs construits et financés par la Ville et ses bailleurs : la seule RIVP revendique ainsi 153 000 m2 réservés aux entreprises et notamment aux start-up. Ce budget là ne sera pas touché par la ruine annoncée. Bien au contraire de nouveaux incubateurs sont programmés un peu partout sur le territoire parisien.
Ian Brossat et Anne Hidalgo n'ont pas non plus annoncé d'économies sur les programmes de subventionnement des propriétaires bailleurs privés, par exemple, à travers le dispositif Multiloc.
Et les JO sont toujours programmés dans la capitale: si la Ville a suffisamment de finances pour construire des équipements olympiques, elle a en assez aussi pour alimenter le budget des bailleurs sociaux. 

Par principe donc, ce sont les plus modestes des Parisiens qui devront payer la facture des affrontements entre le gouvernement , les élus locaux, et les bailleurs sociaux. Qu'ils soient locataires du privé et perdants sur l'APL, demandeurs de logement condamnés à subir le blocage arbitraire de la production, ou locataires du parc social privés de rénovations de leur logement dégradé.

Et c'est avec une rare indécence qu'Anne Hidalgo et Ian Brossat après les avoir informés qu'ils les priveraient de leur droit fondamental à un logement décent, osent leur demander de se mobiliser à leur côté.

La réponse est toute simple : la mobilisation pour le droit au logement de tous se fera en toute indépendance contre toutes celles et ceux qui le remettent en cause.

mercredi 25 octobre 2017

Paris: un nouvel incubateur de start up occupé


La toute nouvelle "Maison des économies solidaires et innovantes", un énième incubateur de start up financé par la Ville a reçu aujourd'hui la visite d'une centaine de mal-logés en colère, qui ont manifesté sur la terrasse du bâtiment une bonne partie de la journée.
 
A mi-mandat d'Anne Hidalgo, 220 000 demandes de logement sont en attente à Paris.
Pourtant, jamais le mal-logement n'a été autant invisibilisé à Paris

Au contraire la capitale est perçue comme une ville non seulement dynamique mais solidaire.
Dynamique avec ses incubateurs de start-up qui s'installent même dans les quartiers populaires et donc certaines, comme ici, à la Maison de l'Economie Circulaire, font même de « l'innovation sociale ». Solidaire, puisque l'équipe municipale vante ses 7000 « nouveaux  logements sociaux annuels ».

Tout va pour le mieux à Paris, donc. Tant pis pour les mal-logés, notamment ceux qui manifestent et qu'on fait repousser par les CRS au compte-rendu de mandat d'Anne Hidalgo. Tant pis pour les mal-logés à qui la conseillère logement d'Anne Hidalgo explique froidement lorsqu'elle les reçoit, que le mal-logement est un « tonneau des Danaïdes » et qu'on n'y peut pas grand chose. Reloger les demandeurs en attente, ce serait comme remplir un tonneau percé , absurde et inutile.

Pour nos élus, dans le domaine du logement social, il est donc hors de question de se fonder sur la demande existante, même si elle correspond à un besoin et à un droit fondamental.

Pire, dans leur affrontement avec le gouvernement, les bailleurs sociaux de la Ville de Paris n'hésitent pas à se servir des demandeurs de logement comme bouclier et annoncent qu'ils suspendront les programmes de construction de logement sociaux prévus, en prenant le prétexte de la baisse de leur budget.

Le droit d'entreprendre lui, est pourtant respecté avec l'argent public, et en fonction de la demande : à la Maison de l'Economie Circulaire, on loge des start up, comme on en loge au Cargo, toujours dans le 19ème arrondissement, comme on en loge dans l'incubateur de la ZAC Pajol, comme on en logera dans la ZAC La Chapelle. Les quartiers populaires sont « en pleine mutation », de plus en lus « dynamiques » , de plus en plus attrayants. La seule RIVP, deuxième bailleur social de la Ville de Paris, revendique 153 000m2 de bureaux, à tarifs sociaux , pour les entreprises. 153 000 m2, 1000 logements de 100m2, la production de logements très sociaux de la RIVP sur plusieurs années.

mercredi 18 octobre 2017

Paris 10ème: Alexandra Cordebard ferme la porte aux mal-logés

Dernier jour à la mairie du 10ème arrondissement pour Rémi Feraud qui s'en va rejoindre le Sénat, et premières heures d'exercice pour Alexandra Cordebard qui lui succède: à mi-mandat , la nouvelle maire fera-t-elle ce que l'ancien n'a pas fait, prendre le problème du mal-logement au sérieux , et en urgence ?
Rien de moins sûr, puisque qu'une nouvelle fois , la porte de la mairie est restée fermée pour les mal-logés qui manifestaient cet après-midi.
 
Le maire du 10ème arrondissement fut l'un des directeurs de campagne d'Anne Hidalgo, lors des municipales de 2014. Trois ans après,  Rémi Feraud est content de son bilan et de celui de la maire, notamment en matière de logement.

Les demandeurs de logement social, eux, n'ont aucune raison de se réjouir. Les dossiers en attente sont 220 000 à Paris, contre la moitié il y a dix ans. Les élus et les bailleurs parisiens persistent à fixer des niveaux de loyer trop chers au sein même du logement social neuf : plus du tiers de la production reste du PLS , avec des loyers inaccessibles à 90 % des demandeurs de logement inscrits. Les loyers adaptés aux Parisiens modestes restent  principalement localisés dans le parc ancien, où les locataires restent , pour une très bonne raison : l'encadrement des loyers, tant vanté par la municipalité est arrivé bien trop tard. Encadrés ou pas, dans le privé, les loyers sont à un niveau insupportable pour les catégories populaires qui ne peuvent pas non plus accéder à la propriété.

samedi 14 octobre 2017

Mal-logement à Paris : à mi-mandat, état d'urgence sociale.

 Anne Hidalgo et Ian Brossat sont tellement mal à l'aise avec leur bilan sur le mal-logement qu'il est désormais impossible de manifester , même à l'extérieur du Pavillon de l'Arsenal où se tenait le compte-rendu de mi-mandat 2017 : les mal-logés présents ont été repoussés et encagés par les CRS. Par contre , les "opposants"  dénonçant les marchés populaires comme celui de Chateau-Rouge ont pu eux s'exprimer en toute liberté. 

Malgré tout, on ne nous aura pas fait taire, et la communication des élus de la Ville ne sera pas parvenue à rendre invisibles les 220 000 dossiers de demande de logement social non satisfaites, et le mal-logement qui va avec. 

« Des logements accessibles à tous », c'est ainsi qu'à mi-mandat, la maire de Paris qualifie son bilan.

Si nous étions là, pour la présentation de ce bilan au Pavillon de l'Arsenal,  c'est parce que le logement, même social, à Paris, ne nous est pas accessible. C'est le cas pour un nombre croissant de Parisiens, et tous les indicateurs le démontrent : plus particulièrement, celui de l'augmentation permanente du nombre de dossiers en attente sur les files du logement social. 220 000 en 2016. Dans la file d'attente, tous ne sont pas à égalité. Anne Hidalgo dans son bilan chiffré, met en avant la production de 7000 « logements sociaux » par an. Elle évoque aussi le système de cotation , et ses « 25 critères objectifs » qui permettraient de sélectionner les demandeurs en toute équité.

Mais c'est un bilan en trompe l'oeil. L'étiquette logement social s'applique à des niveaux de loyer très différents. Sur Loc'Annonces, les loyers des deux pièces proposés ce mois ci vont de 450 à 850 euros, du simple au double. Pour les 4 pièces , de 900 à 1400 euros. Les logements aux loyers les moins chers, (PLA-I) génèrent un nombre de candidatures parfois jusqu'à dix fois plus important que les logements les plus chers, les PLS. Dans la file d'attente du logement social parisien, la proportion de foyers dont les niveaux de ressources correspondent à ceux du PLS est tombée à 10 % . Dans le même temps, la proportion de nouveaux logements en PLS reste très importante, plus d'un tiers. De plus, les logements très sociaux sont ceux dont les locataires ne partiront pas, parce qu'ils n'ont ni les moyens de louer dans le privé, ni ceux d'acheter.