mercredi 16 mai 2018

Paris : combien de temps la ville des JO va-t-elle laisser mourir des réfugiés ?



Parisiens et mal-logés nous avons manifesté toute l'après-midi  au  Centre d’Action Sociale de la Ville de Paris ,en solidarité avec les réfugiés en danger de mort immédiate dans l’enfer des bidonvilles du canal Saint Denis et du Canal Saint-Martin. Nous exigeons  des actions immédiates , en adéquation avec l’horreur de la situation. Pas quelques robinets d’eau et quelques toilettes publiques de l’action.


Mal-logés parisiens , nous sommes, plus que d’autres, habitués à voir nos problèmes traités comme des patates chaudes dont l’État et la Ville se rejettent mutuellement la responsabilité. Nous sommes habitués à être traités comme des balles de ping pong, renvoyés d’un service à l’autre, recevant des courriers de la mairie qui nous indiquent que notre relogement est de la compétence du Préfet, ou des courriers de la Préfecture nous indiquant qu’il faut nous tourner vers les bailleurs de la Ville . Nous sommes habitués à ce que l’élu en face de nous ne soit jamais celui qui est compétent.


Nous survivons privés de notre droit au logement, nous luttons pour le faire respecter, face à des politiques qui estiment toujours avoir fait le maximum, pour qui le mal-logement , c’est toujours la faute de quelqu’un d’autre.


Aujourd’hui, des réfugiés meurent dans les rues de Paris, et même la mort n’empêche pas que ceux qui restent dans l’enfer des bidonvilles, en danger permanent, continuent à être traités comme des balles de ping pong par l’État et par la Ville. C’est la faute de toutes celles et ceux qui peuvent l’empêcher et ne le feront pas.

mercredi 9 mai 2018

Logement d'abord: la RIVP doit baisser ses loyers.



Nous avons manifesté aujourd'hui devant le siège de la RIVP , jusqu'à ce que nous soyons reçus en urgence par la direction du deuxième bailleur social de la Ville de Paris. Sur plus de 50 000 logements, la RIVP ne propose que 1400 logements très sociaux ( PLA-I) contre 15 000 PLS , aux loyers les plus chers du logement social, et presque 4000 PLI bien au dessus des plafonds de ressources HLM. 

Les logements correspondant aux revenus de celles et ceux qui ne peuvent pas se loger dans le privé constituent une minorité du parc. : et la RIVP continue à chaque année à construire plus de PLS que de logements très sociaux. 
L'accès des catégories populaires au parc social se restreint sans cesse: une grande partie des logements neufs sont inaccessibles aux salariés modestes, aux familles monoparentales, aux retraités, aux précaires....Dans le même temps, de nombreux locataires du parc social sont bloqués dans des logements trop petits ou/et trop chers, car aucun logement adapté à leur composition familiale et à leurs ressources n'est disponible. 

La capitale manque cruellement de logements sociaux et le manque de foncier comme de moyens financiers est toujours invoqué par les élus parisiens pour justifier l'augmentation exponentielle du nombre de demandeurs HLM (220 000 en 2016). : mais la RIVP gère un parc quasi-neuf et toujours en développement de 153 000 m2 d'hôtels d'entreprises et autres incubateurs de start up. 

La RIVP fait d'ailleurs preuve d'une capacité d'innovation et d'adaptation impressionnante dès qu'il s'agit de répondre à d'autres besoins que ceux des Parisiens en logement social. Elle s'est récemment associée à la Caisse des Dépôts et Consignations pour créer une société par action la SOHO Chapelle International qui va créer des des ensembles immobiliers bureaux/logements afin de permettre à certains types de salariés de travailler tout près de leur domicile. Mais pour d'autres catégories socio-professionnelles, comme les salariés du nettoyage, de la sécurité, des services à la personne ,  ou du commerce,  la réponse à la demande de logement social dans la capitale reste toujours la même: " Tout le monde ne peut pas habiter Paris". 

jeudi 26 avril 2018

Saturnisme: le grand #Elan en arrière



Le Ministre de la Cohésion des Territoires et la maire de Paris étaient  aujourd’hui en visite dans le 19ème arrondissement, un des quartiers de la capitale très touchés par le mal-logement et l’insalubrité, à l'occasion des Etats généraux de la Politique de la Ville.  Nous sommes venus manifester contre la régression inacceptable des politiques de lutte contre le saturnisme et l’intoxication au plomb.

Dans les années 90, les luttes des mal-logés ont mis en évidence le scandale de l’empoisonnement au plomb dont étaient victimes les mal-logés et leurs enfants, exposés aux peintures dégradées présentes dans de très nombreux taudis. Les pouvoirs publics ont du réagir, face à la prise de conscience du désastre sanitaire et social. Mais aujourd’hui, les effets conjugués de l’affaiblissement des services publics, des difficultés d’accès aux droits , du non-respect du droit au logement réactivent le danger.

Actuellement, les pouvoirs publics n’ont d’obligation d’intervenir qu’ à partir de la détection de présence de plomb supérieure à 50μg/L de plomb dans le sang d’un enfant. Mais toutes les données scientifiques démontrent que l’intoxication au plomb peut générer des effets terribles bien en deça de ce seuil, notamment sur le cerveau : des retards mentaux apparaissent chez les victimes contaminées très faiblement. De plus, on connaît très mal les effets à long terme de l’intoxication au plomb.

Aujourd’hui, le dépistage du plomb dans le sang est de moins en moins pratiqué spontanément par les professionnels de santé, et de moins en moins prescrit par les PMI. Le saturnisme apparaît comme une maladie du passé. De nombreux immeubles insalubres ou indécents , ou des logements dégradés isolés , même signalés aux autorités ne font pas l’objet d’un diagnostic plomb. Et les contaminations reprennent.

A Paris , une des villes les plus riches du monde, des enfants sont contaminés et exposés sur la durée, alors même que les taudis où ils vivent sont connus de la Préfecture et du service technique de l’habitat. Le recul des politiques de prévention est tel que beaucoup de mal-logés directement concernés ne connaissent même pas l’existence du risque plomb et le saturnisme. En 1995, 6300 enfants étaient dépistés chaque année, ils ne sont que 2000 aujourd’hui.

La persistance du saturnisme est un symptôme de la gravité de la régression des politiques contre le mal-logement . Des enfants sont encore exposés parce que leurs parents n’ont d’autre choix que le maintien dans des taudis parce que le logement décent est devenu inaccessible à beaucoup d’habitants des métropoles.

Le projet de loi ELAN envisage de durcir les sanctions contre les marchands de sommeil. La loi DALO comme les critères de cotation de la Ville de Paris reconnaissent l’insalubrité du logement comme un critère de relogement. Et après ? Après les droits de papier se heurtent au manque de logements sociaux, à leurs loyers trop chers, aux difficultés d’accès aux droits , à une politique hypocrite qui fait tout reposer sur l’action des mal-logés eux même, censés se débrouiller pour trouver et saisir les services compétents dans le grand dédale administratif qui sert de dispositif de lutte contre l’insalubrité.

Ces derniers mois, confrontés à des situations dignes du 19ème siècle , notre collectif a du se mobiliser, notamment en occupant l'ARS,  pour obtenir même le minimum, le dépistage de situations à risques. C’est intolérable, mais nous continuerons .
Face au danger sanitaire du mal-logement, face au saturnisme, briser le silence par la mobilisation , c’est la seule solution face à des pouvoirs publics qui ne prennent pas la mesure du risque.

mercredi 4 avril 2018

Insalubrité et sur-occupation: Elogie-SIEMP occupée.


A Paris, le nombre d'acteurs publics "compétents" pour lutter contre l'insalubrité et la sur-occupation sont de plus en plus en nombreux, mais force est de constater que les actions sont de moins en moins efficaces. 

Après l'occupation de l'Agence Régionale de Santé la semaine dernière, notre collectif a investi aujourd'hui le siège d'ELOGIE-SIEMP, 3ème bailleur social de la Ville de Paris, et également actionnaire majoritaire de la SOREQA, censée lutter contre l'insalubrité à Paris et en petite couronne. 

La SOREQA et la SIEMP ont défini avec Paris et d'autres municipalités une liste d'immeubles sur lesquelles des interventions coordonnées sont effectuées. Mais cette liste est a minima, et  toutes les autres victimes de l'insalubrité,de l'indécence ou de la sur-occupation des logements doivent se débrouiller seules dans les labyrinthes des administrations, même pour le simple constat des désorrdes graves dans leurs logements. 
Dans le parc social, les mal-logés concernés sont même victimes d'une double peine: même s'ils remplissent les critères de la loi DALO, les commissions de médiation rejettent leur dossier, sous prétexte qu'elles vivent en HLM. 

Et de toute façon, beaucoup de dossiers dont personne ne nie l'urgence et la gravité sont rejetés par les bailleurs sociaux parisiens qui prétendent ne pas disposer de logements aux loyers suffisamment abordables. Et ce alors même que la loi ALUR leur permet de baisser les loyers provisoirement afin d'intégrer des ménages modestes. 
Lorsque les salaires n'augmentent pas , ce sont les loyers des HLM qui doivent baisser !












mercredi 28 mars 2018

Saturnisme et insalubrité: occupation de l'Agence Régionale de Santé


 Ce 28 mars, l' Agence Régionale de Santé Ile de France a été occupée tout l'après-midi , pour obtenir enfin des actions des pouvoirs publics sur des cas concrets de mal-logés risquant des maladies graves ou en étant déjà atteints, à cause de leur logement. Parmi ces maladies, le saturnisme.

La lutte contre l’habitat indigne recule, au fur et à mesure que l’accès au logement social se restreint. Nous sommes venus aujourd’hui à l’Agence Régionale de Santé avec des cas concrets de mal-logés risquant des maladies graves ou en étant déjà atteints, à cause de leur logement. Parmi ces maladies, le saturnisme. 
 
Ces dernières années, la « lutte contre les marchands de sommeil » est l’axe principal de communication des pouvoirs publics. Evidemment, les marchands de sommeil doivent être traînés en justice.

Mais ceci n’est possible pour les victimes que si le droit au logement est respecté en amont. Si les marchands de sommeil existent, c’est d’abord parce qu’une partie de la population n’a pas d’autre choix que de se tourner vers eux pour trouver un endroit où dormir. A n’importe quel prix : en Ile de France , non seulement les logements insalubres trouvent preneur très vite, mais leurs loyers sont très élevés.

Dans la plupart des cas, on accepte de louer un taudis parce qu’on a déposé une demande de logement social et qu’on espère qu’elle va aboutir , tant l’urgence est criante. Puis on se rend compte que rien n’avance même avec le DALO. Les problèmes de santé, de sécurité , de promiscuité, ne font que s’aggraver avec le temps . Et lorsque les mal-logés concernés veulent faire respecter leurs droits, ils sont le plus souvent seuls.

Les annonces des pouvoirs publics sur le repérage institutionnel des immeubles à risque, sur l’amélioration de la coopération entre les différentes institutions nationales et les services des collectivités territoriales ne manquent pas. En mars 2017, Emmanuelle Cosse annonçait la nomination d’un sous-préfet spécialement chargé de la lutte contre l’habitat indigne dans chaque département. Un an plus tard, Julien Denormandie a tenu ce 21 mars une Journée consacrée aux pôles départementaux sur l’Habitat Indigne….et annoncé de nouvelles mesures dans une nouvelle loi. La dernière s’appelait ALUR et était censée résoudre tout ce que celle-ci appelée ELAN est censée prendre en main.

jeudi 1 mars 2018

Les employeurs précarisent les salariés, Action Logement refuse de les reloger.


Alors qu’un épisode de grand froid met de nouveau en lumière la réalité insupportable des personnes à la rue, de nouveau les débats se concentrent sur le nombre de places d’hébergements ouvertes en urgence. Les photos des grands journaux en attestent, ces places sont, le plus souvent, des lits de camps dans des gymnases ou des dortoirs collectifs. Les places d’hébergement stables dans les foyers, comme les chambres d’hôtel du SAMU Social sont toutes saturées, occupées souvent depuis des années et des années par des personnes qui devraient avoir accès à un logement social.

Ce n’est pas le cas, notamment parce que pendant des années, certains acteurs de la politique du logement n’ont pas respecté leurs obligations légales. C’est le cas par exemple d’Action Logement, qui, depuis 2009 devait reloger une partie des mal-logés reconnus prioritaires DALO et n’a commencé à le faire que depuis 2016.

Pendant toutes ces années, le nombre de dossiers en attente a évidemment considérablement augmenté. Obtenir le label DALO est devenu un parcours du combattant : les critères de la loi étaient déjà restrictifs, les commissions de médiation les ont encore durcis , notamment en Ile de France. Les délais d’attente pour l’instruction du dossier ont considérablement augmenté. Mais même ceux qui arrivent au bout du parcours et sont reconnus prioritaires ne sont pas tous relogés.

Les dossiers des plus précaires , des personnes aux revenus les moins élevés, des retraités, des mères isolées sont mis de côté par les bailleurs sociaux, notamment ceux d’Action Logement.

De plus, Action Logement a défini des conditions extrêmement restrictives pour sélectionner les 25 % de dossiers DALO que l’organisme doit reloger : il faut en plus du label DALO, soit être salarié , soit être inscrit à Pôle Emploi. La majeure partie des chômeurs et précaires mal-logés ne sont pas pris en compte par Action Logement. La moitié des chômeurs ne sont pas indemnisés par Pôle Emploi, même s’ils ont travaillé il y a peu. Le temps partiel imposé, les contrats aidés , ne permettent pas de cotiser suffisamment pour obtenir une indemnisation chômage et beaucoup de mal-logés se retrouvent donc aux minima sociaux et inscrits dans d’autres organismes que le Pôle Emploi.

mercredi 14 février 2018

Paris 9ème: la mairie occupée pour dénoncer les propos du député LREM Sylvain Maillard


Le 5 février 2018, Sylvain Maillard, député LREM , affirmait que la majorité des hommes à la rue le sont par choix.

Pour rappel, depuis le 1er janvier, 11 personnes sont mortes dans les seules rues de Paris Comme Mr Maillard a tenu à préciser qu’il tenait ces propos en tant qu’ « élu de terrain parisien », en tant que mal-logés du même terrain, c’est à la mairie du 9ème arrondissement que nous sommes venus aujourd'hui manifester contre ses propos. Et ce jusqu'à ce que le député s'engage à nous recevoir à l'Assemblée Nationale, ce qui lui permettra de regarder la réalité du mal-logement en face.



Une réalité que l'indécence de ses propos visait à masquer.



Le problème n’est pas de savoir si des SDF et combien acceptent ou refusent quelques heures sur un lit de camp dans un gymnase qui fermera quelques jours plus tard. Le problème n’est pas de savoir si dans les quelques jours qui viennent, le SAMU social pourra répondre aux appels grâce aux quelques salariés embauchés temporairement, qui ne seront plus là quand il fera un peu moins froid. Le problème, c’est le droit au logement, un droit fondamental inscrit dans tous les textes de lois. Le problème, ce sont ces millions de mal-logés et de SDF dont on ne saura jamais s’ils auraient refusé un vrai logement décent, parce qu’on ne leur a jamais proposé.



Quant à l’hébergement, même en période de plan Grand Froid, la réalité rend encore plus terribles les propos de Sylvain Maillard : le SAMU social dit lui même ne pouvoir répondre qu’à 1200 appels sur plus de 6000. Les hébergements ouverts provisoirement sont tous pleins.