mercredi 18 octobre 2017

Paris 10ème: Alexandra Cordebard ferme la porte aux mal-logés

Dernier jour à la mairie du 10ème arrondissement pour Rémi Feraud qui s'en va rejoindre le Sénat, et premières heures d'exercice pour Alexandra Cordebard qui lui succède: à mi-mandat , la nouvelle maire fera-t-elle ce que l'ancien n'a pas fait, prendre le problème du mal-logement au sérieux , et en urgence ?
Rien de moins sûr, puisque qu'une nouvelle fois , la porte de la mairie est restée fermée pour les mal-logés qui manifestaient cet après-midi.
 
Le maire du 10ème arrondissement fut l'un des directeurs de campagne d'Anne Hidalgo, lors des municipales de 2014. Trois ans après,  Rémi Feraud est content de son bilan et de celui de la maire, notamment en matière de logement.

Les demandeurs de logement social, eux, n'ont aucune raison de se réjouir. Les dossiers en attente sont 220 000 à Paris, contre la moitié il y a dix ans. Les élus et les bailleurs parisiens persistent à fixer des niveaux de loyer trop chers au sein même du logement social neuf : plus du tiers de la production reste du PLS , avec des loyers inaccessibles à 90 % des demandeurs de logement inscrits. Les loyers adaptés aux Parisiens modestes restent  principalement localisés dans le parc ancien, où les locataires restent , pour une très bonne raison : l'encadrement des loyers, tant vanté par la municipalité est arrivé bien trop tard. Encadrés ou pas, dans le privé, les loyers sont à un niveau insupportable pour les catégories populaires qui ne peuvent pas non plus accéder à la propriété.

samedi 14 octobre 2017

Mal-logement à Paris : à mi-mandat, état d'urgence sociale.

 Anne Hidalgo et Ian Brossat sont tellement mal à l'aise avec leur bilan sur le mal-logement qu'il est désormais impossible de manifester , même à l'extérieur du Pavillon de l'Arsenal où se tenait le compte-rendu de mi-mandat 2017 : les mal-logés présents ont été repoussés et encagés par les CRS. Par contre , les "opposants"  dénonçant les marchés populaires comme celui de Chateau-Rouge ont pu eux s'exprimer en toute liberté. 

Malgré tout, on ne nous aura pas fait taire, et la communication des élus de la Ville ne sera pas parvenue à rendre invisibles les 220 000 dossiers de demande de logement social non satisfaites, et le mal-logement qui va avec. 

« Des logements accessibles à tous », c'est ainsi qu'à mi-mandat, la maire de Paris qualifie son bilan.

Si nous étions là, pour la présentation de ce bilan au Pavillon de l'Arsenal,  c'est parce que le logement, même social, à Paris, ne nous est pas accessible. C'est le cas pour un nombre croissant de Parisiens, et tous les indicateurs le démontrent : plus particulièrement, celui de l'augmentation permanente du nombre de dossiers en attente sur les files du logement social. 220 000 en 2016. Dans la file d'attente, tous ne sont pas à égalité. Anne Hidalgo dans son bilan chiffré, met en avant la production de 7000 « logements sociaux » par an. Elle évoque aussi le système de cotation , et ses « 25 critères objectifs » qui permettraient de sélectionner les demandeurs en toute équité.

Mais c'est un bilan en trompe l'oeil. L'étiquette logement social s'applique à des niveaux de loyer très différents. Sur Loc'Annonces, les loyers des deux pièces proposés ce mois ci vont de 450 à 850 euros, du simple au double. Pour les 4 pièces , de 900 à 1400 euros. Les logements aux loyers les moins chers, (PLA-I) génèrent un nombre de candidatures parfois jusqu'à dix fois plus important que les logements les plus chers, les PLS. Dans la file d'attente du logement social parisien, la proportion de foyers dont les niveaux de ressources correspondent à ceux du PLS est tombée à 10 % . Dans le même temps, la proportion de nouveaux logements en PLS reste très importante, plus d'un tiers. De plus, les logements très sociaux sont ceux dont les locataires ne partiront pas, parce qu'ils n'ont ni les moyens de louer dans le privé, ni ceux d'acheter.

mercredi 20 septembre 2017

Pas touche à l'APL, oui à la baisse des loyers


Depuis des semaines, le gouvernement et les bailleurs sociaux s'affrontent sur le sujet de la baisse de l'APL et du niveau des loyers. Dans cette affaire, tout le monde prétend défendre les locataires et les mal-logés. Mais dans ce débat piégé, les premiers concernés sont surtout les dindons de la farce.

Il n'y a évidemment aucune nécessité de baisser les allocations logement : si le gouvernement veut faire des économies , qu'il aille plutôt regarder du côté des budgets consacrés à l'aide à l'investissement immobilier privé dont les résultats catastrophiques en terme d'arnaques immobilières et de logements inutiles ont récemment été mis en lumière. Mais la question du niveau des loyers dans le logement dit social n'est pas un détail, elle est au centre des causes du mal-logement d'une partie de la population.

Nous avons par exemple manifesté aujourd'hui devant le siège de la RIVP, deuxième bailleur social de la Ville de Paris : sur plus de 50 000 logements, la RIVP ne propose que 1400 logements très sociaux, contre 15 000 PLS, aux loyers les plus chers du logement social, et presque 4000 PLI bien au dessus des plafonds de ressources HLM.

mercredi 13 septembre 2017

Mixité sociale ? Elogie Siemp doit reloger les bas revenus.

Le nouveau siège d'Elogie SIEMP, 3ème bailleur social a été inauguré aujourd'hui par les mal-logés en colère .

A Paris, le principal motif avancé par la Ville et ses bailleurs pour justifier les délais d'attente vertigineux pour un logement social, c'est le manque de logements très sociaux correspondant aux revenus des demandeurs. Anne Hidalgo et Ian Brossat mettent avant leurs constructions neuves et l'impossibilité de faire plus immédiatement.

Mais depuis la loi ALUR, il est concrètement possible de faire plus et tout de suite . En effet, une disposition peu connue de la loi permet aux bailleurs sociaux qui le souhaitent de faire temporairement des remises de quittance sur des loyers trop élevés, jusqu'à ce que la situation des locataires s'améliore. Cette mesure a été conçue comme la contrepartie aux surloyers payés par els locataires plus aisés. Dans la loi elle est aussi présentée comme le moyen nécessaire pour permettre « la mise en oeuvre du droit au logement, afin de satisfaire les besoins des personnes de ressources modestes et des personnes défavorisées. » ( 1)

jeudi 7 septembre 2017

Logement: le Secrétaire d'Etat face aux manifestants

Nous n'avons pas attendu une nouvelle loi logement pour interpeller directement le Secrétaire d'Etat à la Cohésion des Territoires, Julien Denormandie en visite dans le 19ème arrondissement: celui-ci nous a reçu lors d'une manifestation déterminée.

«  Remettre à plat les politiques du logement », c'est l'élément de langage très employé ces derniers jours avant l'annonce du contenu d'une réforme sur le sujet.

Depuis le mois de mai, c'est surtout le budget consacré au logement qui a été mis à plat : la baisse annoncée des APL comme l'amputation de 180 millions d'euros de crédits pour de nouveaux logements sociaux aggravent à très court terme une situation déjà intenable. De même que la baisse des crédits de la politique de la Ville, ou la suppression pure et simple de contrats aidés , déjà très précaires, sans aucune solution de remplacement. Ces suppressions impacteront aussi les services publics dont ont besoin les mal-logés, notamment ceux vers lesquels ils doivent se tourner pour l'accès à tous leurs droits, puisque depuis des années déjà , l'accueil y est souvent assuré par des personnes en contrat précaire. 

mercredi 12 juillet 2017

Station F: quand les mal-logés s'invitent au palais des start-up

 

Des mal-logés parisiens ont manifesté aujourd'hui dans la #stationF, l'incubateur de startup géant inauguré récemment par Emmanuel Macron et Anne Hidalgo. 

Notre objectif ? Dénoncer le Grand Paris à deux vitesses qui se met en place actuellement. Celui des tours de bureaux , des immeubles high tech, et du multi-services pour les entreprises d'un côté, celui du mal-logement et des zones de pauvreté de l'autre. 

Roxane Varza, directrice de la #stationF ne comprenait pas notre venue : pour elle, la #stationF est une "initiative privée " qui n'a donc rien à voir avec les politiques publiques, ni avec le mal-logement. 
Mais le soutien public n'est pas seulement une question d'argent directement versé: à Paris aujourd'hui, les jeunes créateurs de start-up, avant d'avoir suffisamment réussi pour être intégrées à la #stationF sont souvent hébergés dans des locaux à loyer "social", des incubateurs publics gérés....par ces mêmes bailleurs sociaux, dont la RIVP qui ne remplissent pas leur vocation première, loger toutes celles et ceux qui ne peuvent se loger dans le privé. 

Le foncier dégagé pour la station F était du foncier public: or lorsque nous dénonçons l'insuffisance de la construction de nouveaux HLM à Paris, on nous répond toujours qu'il n'y a pas de "foncier disponible". 

Roxane Varza nous a parlé de la station F comme d'un "écosystème", mais son écosystème bénéficie de l'aménagement urbain déployé autour du site, qu'il s'agisse des transports, ou des services publics ouverts spécialement dans la station, comme La Poste ou Pôle Emploi. Dans le même temps, les ouvriers du bâtiment, les salariés du nettoyage, les agents de sécurité, mais aussi toutes les "petites mains" souvent précaires sans lesquelles même les start-up ne pourraient pas fonctionner sont sommées de quitter la capitale pour aller dans des zones mal desservies, sans services publics ou vivent dans Paris, mais en souffrant de conditions de logement dignes du 19ème siècle. 

La #stationF ne pourra pas vivre en vase clos, les entrepreneurs ne pourront pas s'y enrichir en ignorant le reste de la ville où ils vivent, et en se contentant de trouver normal que les élus parisiens et nationaux leur déroulent le tapis rouge , pendant qu'ils refusent leurs droits fondamentaux à toute une partie de la population. 

La Ville Monde, oui mais pour tout le monde !

mercredi 28 juin 2017

#Paris2024: pour tous sauf pour les mal-logés ?

#Paris2024, l'épreuve de lutte commence maintenant: 70 mal-logés ont manifesté ce 28 juin devant l'exposition « Paris, 1924 », organisée à l'Hôtel de Ville dans le cadre de la candidature de Paris aux Jeux Olympiques.

 Aux yeux d'Anne Hidalgo, les Parisiens qui revendiquent leurs droits sont une tâche sur la carte postale, on nous a donc envoyé la police comme seul interlocuteur.
Demandeurs de logement parisiens, nous aimerions avoir la possibilité de nous réjouir tout autant que nos élus de cette candidature et des Jeux.Mais il n'y a aucune métropole au monde, où les Jeux Olympiques n'ont pas créé plus d'inégalités urbaines .

Pour le moment, et dans un contexte de grave crise du logement dans la capitale, rien n'indique que ce sera différent ici : notamment, parce que le Village Olympique sera construit dans l'Est Parisien et en petite couronne, que la zone va donc attirer les investisseurs immobiliers privés dans les prochaines années. Le blocage des loyers du privé dans la capitale est bien peu contraignant et soumis à des dérogations importantes, il n'empêchera pas une restructuration urbaine globale au détriment des plus modestes.

D'ailleurs ces investisseurs ne cachent pas leurs appétits et leur ambition : le cabinet de conseil prestigieux JLL a déjà réalisé une étude où il prévoit des augmentations d'au moins mille euros le m2 à lavente sur les quartiers concernés, et un doublement du parc debureaux.
Certes à la Ville de Paris, on annonce «  3000 nouveaux logements » dont « une part sociale ». Mais combien en tout, et s'agira-t-il de logements très sociaux ou de PLS , inaccessibles à 70 % des mal-logés parisiens ? Faute de réels engagements, la réalité risque de se résumer à quelques centaines de vrais HLM au mieux, qui ne compenseront pas , ne serait-ce que les effets de la hausse des loyers sur la seule zone du Village Olympique.

Le Monde, 23 juin 2017
Alors, d'emblée, ça gâche un peu la fête....en tout cas aux centaines de milliers de Parisiens mal-logés et au demi-million de mal-logés Franciliens qui actuellement ont déjà le plus grand mal à se loger. D'autant que l'horizon 2024 , c'est aussi celui de la réalisation des projets du Grand Paris, qui eux aussi , vont générer beaucoup d'argent, beaucoup de restructurations urbaines et d'augmentations des prix immobiliers. Les besoins criants en logements sociaux ne sont euxinscrits nulle part en budget prioritaire du Grand Paris.

Survivre au mal-logement est un sport de combat auxquels les millions de mal-logés ne sont que trop habitués dans ce pays. Et gagner ne serait-ce que la prise en compte minimum de nos problèmes, à Paris comme dans toute l'Ile de France, c'est un marathon sans fin. Pour autant, nous ne nous laisserons pas invisibiliser et exclure des grandes fêtes qui s'annoncent.

Quand on peut faire les JO du 21ème siècle, on peut faire en sorte qu'une partie de la population ne vive pas comme au 19ème siècle à cause du mal logement. Nous viendrons le dire à chaque fois que nous pourrons, lors des événements publics organisé autour de #Paris2024, jusqu'à ce que nous ayons l'assurance que l'on ne jouera pas avec nos vies et qu'on respectera nos droits.