mercredi 16 décembre 2015

Ian Brossat , Dominique Versini et Valérie Pécresse interpellés sur l'état d'urgences sociales par les mal-logés.



 Ian Brossat, adjoint au logement, et Dominique Versini adjointe à la Solidarité et à la lutte contre l'Exclusion pour la Ville de Paris, Valérie Pécresse, présidente du Conseil Régional, ils étaient tous présents ce soir au Noël du Secours Populaire, dans le 18ème arrondissement.

Les mal-logés en colère étaient là aussi: usagers des associations de lutte contre l'exclusion, nous savons mieux que personne leur réalité actuelle. Félicitées par les responsables politiques de tous bords une fois par an, le temps de la photo, on leur demande ensuite de gérer toute la misère que l'Etat et les collectivités territoriales ignorent en pratiquant un déni de droits permanents.

Et ce déni de droits concerne au premier chef le droit au logement, bafoué pour un demi-million de Franciliens. 

La survie c'est tout ce qui reste quand notre droit fondamental au logement n'est pas respecté, quand nos élus se résignent et nous répondent éternellement «  on fait ce qu'on peut », comme si l'état de droit, lorsqu'il s'agit d'urgence sociale, n'incluait aucune obligation de résultat.

Aujourd'hui, le « on fait ce qu'on peut » se double dans les faits d'un «  et on peut de moins en moins ». Selon le baromètre de la FNARS (1), le taux de refus de prises en charge par le SAMU Social, a augmenté de 10 % entre octobre 2014 et octobre 2015, atteignant 64 % de la demande. Les femmes et les familles sont les plus touchées par cette hausse dramatique du nombre de personnes laissées à la rue. Or le SAMU social est désormais le seul recours de l'immense majorité des personnes sans hébergement, puisque l'Aide Sociale à l'Enfance rejette l'immense majorité des familles parisiennes concernées.
Paris est une Ville riche, et sa région aussi : on peut donc faire mieux que laisser croupir les mal-logés à l'hôtel, des années entières, mieux que s'en désintéresser en les renvoyant au SAMU social , qui les enverra en banlieue, loin du travail, loin de l'école des enfants.

Paris est une Ville riche et sa région aussi on peut donc faire en sorte d'assurer un véritable suivi social à toutes et à tous, au lieu de perpétuer les inégalités , qui font qu'il faut attendre des mois pour une visite dans un logement insalubres dans certains quartiers, ou se débrouiller seuls pour des démarches aussi complexes qu'un dossier DALO.

Le foncier ne manque pas puisqu'on  construit logement intermédiaire, privé et bureaux en masse : il est donc possible de faire en fonction des besoins, et de reloger enfin celles et ceux qui attendent depuis des années dans des hébergements passerelle qu'on leur avait présentés comme provisoires.

Paris est une Ville riche et sa région aussi : on peut en finir avec la honte des morts de la rue, qui sont avant tout des morts du mal-logement, des morts de l'errance urbaine. Il faut mettre fin à ces années de galères vécues par des milliers d'hommes et de femmes, qui alternent les périodes d'hébergement d'urgence puis la mise à la rue, l'invisibilisation sociale qui survient lorsqu'on renonce à appeler le 115, après tant et tant de non-réponses, ou de propositions pour une nuit.

L'état d'urgences sociales est plus criant que jamais, et en Ile de France, le mal-logement en est une de ses manifestations les plus graves : la survie ce n'est pas la vie, et la Ville Lumière ne peut pas laisser une partie de sa population dans l'ombre du non-droit permanent.

Remercier les associations qui font ce qu'elles peuvent ne peut être suffisant pour des élus qui ont les moyens de faire ce qu'ils doivent, assurer à tous l'égalité du droit au logement. 
 Nous tenons pour notre part à saluer les bénévoles du Secours Populaire , pour leur accueil face à notre action collective.