mercredi 13 juillet 2016

L'accès au logement pour tous, une Bastille toujours à prendre.


 
Parisiens et mal-logés nous sommes venus accueillir aujourd'hui la maire de Paris à l'inauguration de l'exposition sur 200 ans d'Histoire de la place de la Bastille. Anne Hidalgo a cependant préférer annuler sa venue en  étant avertie de la nôtre....

Bastille, un exemple de ces quartiers autrefois populaires et accessibles à celles et ceux qui ne trouvaient pas à se loger ailleurs. Ce n'est plus le cas depuis longtemps et on peut en dire autant de la plupart des quartiers de la capitale pour ce qui est du secteur libre. Et contrairement aux apparences, la politique du logement social menée par la Maire et ses adjoints ne compense pas la hausse vertigineuse des loyers du secteur privé en vingt ans et la disparition du parc social de fait.

Oui de nouveaux logements sociaux sont construits dans ce quartier comme ailleurs. Souvent très beaux et intégrés parfaitement dans les rénovations urbaines en cours, ils donnent l'impression que tout est fait pour résorber le mal-logement par le haut, d'autant que la communication autour de chaque inauguration , même d'un ou deux logements est parfaitement calibrée par l'équipe municipale.

Mais la réalité, de plus en plus invisibilisée au niveau parisien, c'est l'augmentation continue du nombre de demandes de logements sociaux et l'augmentation, aussi , des demandes de logement très anciennes. La réalité, c'est une mise en concurrence féroce des demandeurs entre eux, à coups de « critères » et de « cotation », censés assurer la transparence. La transparence est avant tout celle de la misère, quand les SDF rivalisent avec les familles en sur-occupation, et les retraités payant un loyer à qui il ne reste plus rien pour vivre, avec des jeunes actifs des classes populaires qui errent d'hôtel en hôtel.

 La réalité, c'est un creusement sans précédent des inégalités en matière de logement : alors que la surface des logements ne cesse d'augmenter pour les propriétaires accédants, elle baisse pour les locataires, tous secteurs confondus. Globalement, à Paris, le nombre de logements en location normale baisse, alors que celui des locations en meublé ou en hôtel a explosé ces dernières années (1) .

Or, ces dernières années, moins d'un tiers des nouveaux logements sociaux produits par la Ville de Paris est du logement très social, le seul accessible aux trois quart des demandeurs inscrits, dont les revenus modestes ne permettent pas d'accéder aux catégories plus chères comme le PLS. En régon parisienne , depuis 2005, le nombre de PLAI construits a été presque divisé par deux, et celui de PLS multipliés par deux.

Année après année, ce plafond de la production très sociale fixée par la Ville à Paris produit les mêmes effets : les mal-logés aux revenus modestes peuvent bien comptabiliser toutes les urgences sociales, ils n'ont qu'une chance infime de voir leur droit au logement satisfait.

Année après année, face à ces urgences , les mal-logés n'ont d'autre choix que de suivre leur Maire et leurs élus pas à pas, pour faire entendre leur revendication , et faire connaître une situation qui empire tandis que les responsables politiques prétendent qu'elle s'améliore.

(1) source et chiffrage précis sur le site de l'Atelier Parisien d'Urbanisme page 5  de l'enquête: http://www.apur.org/sites/default/files/documents/enquete_logement_2013_statuts_occupation_confort_logement_loyers.pdf