mercredi 20 juillet 2016

Paris Habitat n'a plus de directeur général , où va le bailleur social ?

Depuis le 13 juillet, Paris Habitat n'a plus de directeur général. Enfin si, mais il est en vacances.

Contrairement à ce qu'avait annoncé toute la presse, suite aux communiqués de la Ville, le contrat de travail du directeur général n'a pas pris fin le 13 juillet, et il n'y a pas eu nomination d'une nouvelle direction générale

C'est ce qu'a appris la soixantaine de mal-logés et de locataires lors de l'occupation de la Direction Territoriale Nord Ouest de Paris Habitat OPH cet après midi. Non content de partir avec une prime de plusieurs centaines de milliers d'euros, Stéphane Dambrine aura également fait jouer son droit aux congés payés. C'est son droit le plus strict.

Le hic, c'est que, dans le même temps,  les usagers de Paris Habitat voient leur droit au logement bafoué au quotidien. 

Qui contrôle et dirige aujourd'hui Paris Habitat OPH ? Jusqu'à quand va durer cette politique de la chaise vide ? Les usagers ne le savent pas, mais la porte de l'Office Public leur reste fermée et leurs problèmes s'aggravent.

Mal-logés et locataires de Paris Habitat , nous avons donc manifesté dans une des directions territoriales du bailleur afin d'exiger le rétablissement de ce dialogue social avec les usagers du service public du logement social. C'est un minimum dans la situation de crise grave que connaissent des centaines de milliers de Parisiens mal-logés, .

En février 2016, la Ville de Paris mandatait l'IFOP pour organiser une « conférence de citoyens » sur le thème « Comment améliorer la qualité de vie dans le logement social ». Une conférence en présence de 19 « citoyens locataires » , dont la Ville et l'IFOP précisent d'emblée qu'ils ont été choisis sans tenir compte du critère de représentativité du panel.

L'initiative illustre bien le refus de tout réel dialogue social qui a prévalu jusqu'ici à la tête des bailleurs sociaux contrôlés par la Ville, et notamment chez Paris Habitat OPH, le premier d'entre eux. Depuis plusieurs années, la porte du directeur général est restée fermée aux mal-logés comme aux locataires qui se regroupent pour faire valoir leur droit à un logement décent.


D'ailleurs, il est significatif que même 19 usagers choisis sur des centaines de milliers, arbitrairement choisis et sans souci de la représentativité évoquent en partie les mêmes problèmes qu'un collectif de locataires et de mal-logés. Notamment la difficulté des mutations au sein du parc social , mais aussi les logements « peu salubres » où les bailleurs ne réalisent que des travaux de surface.

La Ville s'est bien gardée d'organiser une « conférence citoyenne » avec des demandeurs de logement pour leur demander leur avis sur le premier bailleur social et sa politique : nos élus le connaissent bien. Nous sommes plus de 70 % à ne pouvoir accéder qu'à un logement très social et celui-ci ne constitue qu'un tiers de la production, hébergements compris. L'immense majorité d'entre nous en sont donc réduits à rêver en vain devant les logements dits « sociaux » aux loyers inaccessibles aux catégories modestes de la population exposés sur Loc Annonces. D'ailleurs même sur ce site promotionnel de la mairie, la disproportion entre l'offre et les besoins apparaît en deux clics. Quand un studio à 817 euros par mois recueille 31 candidatures, un autre avec un loyer vraiment social de 380 euros, et accessible aux personnes modestes en compte 671 (1).

Paris Habitat ne doit pas donc pas seulement changer de directeur : la mesure réelle des besoins des Parisiens, de tous les Parisiens doit être prise et le logement très social de qualité doit être au cœur de la production, car il est le seul moyen de respecter le droit à un logement décent des demandeurs de logement, mais aussi des locataires qui ont besoin d'une mutation, car leur situation familiale évolue.

ET le changement passe aussi par le respect des usagers qui défendent collectivement leurs droits : le dialogue social ne consiste pas à ouvrir sa porte uniquement à ceux qui n'ont pas de revendications à faire valoir, et encore moins à réprimer les autres, ^puisque la seule réponse faite à notre collectif par la direction générale a jusqu'ici été le dépôt de plaintes fantaisistes destinées à nous intimider. 

(1) Propositions Loc Annonces pour candidatures jusqu'au 17 juillet disponibles sur https://teleservices.paris.fr/locannonces/