mercredi 13 décembre 2017

Accès au droit:à Paris, la Direction du Logement ne répond plus !



Pour obtenir un logement social, il faut une demande de logement social à jour. 
Ca paraît simple et évident. A Paris, ça ne l’est pas.
Au mois de juin dernier, l’antenne centrale de la gestion des demandes de logement social , qui proposait un accueil physique dans le centre de Paris aux demandeurs de toute l’Ile de France a définitivement fermé. Nous avons occupé le site de la Direction Locale de l’Habitat pour protester contre cette décision et ses conséquences: les radiations arbitraires du fichier, les erreurs sur les dossiers, les documents transmis et jamais enregistrés. Nous avons pu constater que le "nouveau siège" de la DLH , Avenue de France indiqué sur les demandes de logement n'était même pas encore occupé !!! Tous les documents qui y sont envoyés par les demandeurs doivent donc être renvoyés à l'ancienne adresse pour le moment ! 


Seules les permanences physiques des mairies d’arrondissement restent ouvertes. Dans les arrondissements des quartiers populaires elles sont surchargées . Le temps d’accueil y est réduit, et les salariés ne sont pas en mesure d’aider les demandeurs qui ont du mal à faire face à la complexification croissante de la constitution du dossier.

mercredi 22 novembre 2017

Mal-logement: Un jour ça ira, mais quand ?


 
Ce mardi 21 novembre, Dominique Versini, adjointe d'Anne Hidalgo chargée du social et de l'hébergement , était venue assister à la projection d' « Un jour, ça ira », au Louxor. Ce documentaire raconte l'histoire de deux jeunes sans logement et celle de leur séjour dans un centre d'hébergement.
Notre collectif a manifesté devant le cinéma Le Louxor,  pour rappeler à Mme Versini, que son rôle est d'empêcher que les choses finissent mal dans la capitale, pour toutes et tous.

Peut-être qu'un jour ça ira, mais pas sans combat, parce que maintenant, ça ne va pas.

La réalité parisienne, c'est une majorité de non-réponses aux demandes d'hébergement en urgence faites au SAMU social, le dernier interlocuteur des personnes jetées à la rue. Ce ne fut pas toujours le cas : il y a quinze ans encore, les Parisiens confrontés à un besoin d'hébergement pouvaient toutes et tous se tourner vers les services sociaux du département. Puis, l'accès a été restreint : d'abord les personnes seules privées de titre de séjour, puis toutes les personnes sans enfants, puis les familles même avec enfants sans titre de séjour. Puis tout le monde, ou presque. A de très rares exceptions, aujourd'hui, en cas de mise à la rue, les habitants de la capitale sont renvoyés vers le SAMU social totalement saturé. Ce qui équivaut à les laisser à la rue, et à les abandonner totalement.

Certes la Ville de Paris finance des centres d'hébergement. Mais jamais à la mesure des besoins. La capitale qui peut se payer des Jeux Olympiques n'aurait pas les moyens d'empêcher que des gens meurent dans la rue, que des enfants aillent à l'école après avoir passé la nuit dehors ou dans un hôtel de grande banlieue qui change chaque soir ? C'est absurde. Il s'agit avant tout de choisir ce qui est prioritaire et donc de volonté politique.

C'est la même chose pour l'accès au logement décent : si les hébergements d'urgence sont saturés, c'est aussi, parce qu'il est quasi-impossible d'en sortir vers le haut, c'est à dire d'obtenir un relogement dans le parc social dans un délai raisonnable. Il n'y a pas assez de logements sociaux avec un loyer correspondant aux revenus des catégories populaires pour cela à Paris. Et beaucoup des nouveaux logements sociaux vantés par Anne Hidalgo et sa majorité ont des loyers PLS inaccessibles à 90 % des demandeurs de logement en attente. Et les demandes en attente ont doublé en quelques année.

Aujourd'hui, ça ne va pour personne : ni pour les mal-logés, ni pour les usagers des services sociaux surchargés de la Ville. Aujourd'hui, les travailleurs sociaux eux-même sont en grande souffrance, et en lutte comme nous, parce que les élus ne leur donnent pas les moyens de faire leur travail , de nous permettre d'accéder à nos besoins fondamentaux, et exigent d'eux d'être en première ligne, les mains vides, face à nos souffrances.

Un jour, ça n'ira pas mieux, si Mme Versini et sa majorité refusent d'entendre nos voix, et de résoudre nos problèmes en y mettant les moyens nécessaires.


mercredi 15 novembre 2017

Paris : Julien Denormandie fait repousser les mal-logés par la police


Quand on est Ministre, il ne suffit pas de venir dans les quartiers populaires pour y être populaire, il faut régler les problèmes des habitants .
C'est ce que les mal-logés ont fait comprendre aujourd'hui à Julien Denormandie, secrétaire d'Etat à la Cohésion des Territoires, venu faire un discours au 104, dans le 19ème arrondissement, à l'occasion de l'évènement " Nos Quartiers ont du Talent".
Certes avant de rencontrer le Ministre en face à face, nous avons du faire face à la police qui a tenté de nous repousser violemment loin du 104. Mais la violence sociale du mal-logement est notre quotidien, nous sommes donc habitués à résister. Et nous sommes restés.
 
Julien Denormandie venait dans le 19ème arrondissement pour la seconde fois depuis qu'il a été nommé Secrétaire d'Etat et s'occupe de la question du logement. Pour la seconde fois nous sommes venus l'accueillir. Après sa première visite en septembre, nous avons été invités au Ministère un mois plus tard. Comme d'autres, nous avons été bien reçus, longuement entendus. Comme celle des autres mal-logés, nos urgences ont ensuite été totalement ignorées.

jeudi 26 octobre 2017

Bailleurs sociaux contre Macron : les mal-logés et les locataires HLM ne sont pas des pions.

Depuis cet été, et l'annonce de la baisse de l'APL par le gouvernement, puis celle d'une baisse des loyers du logement social censée la compenser, le Ministère de la Cohésion des Territoires et les bailleurs sociaux s'affrontent de manière inédite.

Toutes les parties prenantes revendiquent la défense des mal-logés et des locataires HLM. Après une campagne présidentielle marquée par une indifférence médiatique et politique globale sur la question du logement, celle-ci est en apparence revenue au cœur des préoccupations.

En apparence, seulement. Ce qui risque de sortir de cette guerre entre décisionnaires sur le logement, c'est une aggravation immédiate de la situation des millions de personnes concernées.

Si la baisse de l'APL est entérinée, elle touchera les locataires les plus modestes du parc privé. Mais elle n'épargnera pas les locataires du logement social :  il pourra par exemple s'écouler des mois entre le moment où une partie de l'APL sera retirée aux locataires , et celui où les bailleurs sociaux seront réellement contraints d'appliquer la baisse des loyers. L'attaque contre l'APL est donc inacceptable pour tous.

Mais la stratégie des bailleurs sociaux l'est tout autant, et elle doit être dénoncée : tous prétendent défendre les mal-logés et les locataires. Mais tous ont aussi décidé de compenser la baisse de leurs ressources en s'en prenant aux mal-logés et aux locataires.

 

C'est notamment le cas dans la capitale où les bailleurs contrôlés par la Ville de Paris menacent ouvertement de ne plus assumer les tâches qui sont les leurs : Paris Habitat annonce 600 logements neufs en moins, et 1200 réhabilitations déprogrammées. Le premier bailleur social de la Ville justifie ce chantage insupportable par une perte estimée à 30 millions d'euros si la baisse des loyers était entérinée. On rappellera que le siège actuel du bailleur, objet d'un rapport de la Cour des Comptes avait coûté la bagatelle de 138 millions d'euros, sans que cela suscite le moindre doute sur la perte d'argent pour le logement social proprement dit.


Les menaces de Paris Habitat ont été suivies de celle d'Anne Hidalgo et de Ian Brossat, formulées dans un courrier adressé à l'ensemble des locataires des trois bailleurs sociaux parisiens, dont un extrait est reproduit ci-dessous : nous voilà avertis, nous pouvons renoncer à avoir des logements en bon état, aux travaux qui incombent à tout propriétaires et même très précisément «  au changement des fenêtres ».
Étrangement, ce courrier n'a pas été envoyé aux entreprises qui bénéficient de bureaux et de locaux à des loyers bien inférieurs à ceux du marché dans les innombrables incubateurs construits et financés par la Ville et ses bailleurs : la seule RIVP revendique ainsi 153 000 m2 réservés aux entreprises et notamment aux start-up. Ce budget là ne sera pas touché par la ruine annoncée. Bien au contraire de nouveaux incubateurs sont programmés un peu partout sur le territoire parisien.
Ian Brossat et Anne Hidalgo n'ont pas non plus annoncé d'économies sur les programmes de subventionnement des propriétaires bailleurs privés, par exemple, à travers le dispositif Multiloc.
Et les JO sont toujours programmés dans la capitale: si la Ville a suffisamment de finances pour construire des équipements olympiques, elle a en assez aussi pour alimenter le budget des bailleurs sociaux. 

Par principe donc, ce sont les plus modestes des Parisiens qui devront payer la facture des affrontements entre le gouvernement , les élus locaux, et les bailleurs sociaux. Qu'ils soient locataires du privé et perdants sur l'APL, demandeurs de logement condamnés à subir le blocage arbitraire de la production, ou locataires du parc social privés de rénovations de leur logement dégradé.

Et c'est avec une rare indécence qu'Anne Hidalgo et Ian Brossat après les avoir informés qu'ils les priveraient de leur droit fondamental à un logement décent, osent leur demander de se mobiliser à leur côté.

La réponse est toute simple : la mobilisation pour le droit au logement de tous se fera en toute indépendance contre toutes celles et ceux qui le remettent en cause.

mercredi 25 octobre 2017

Paris: un nouvel incubateur de start up occupé


La toute nouvelle "Maison des économies solidaires et innovantes", un énième incubateur de start up financé par la Ville a reçu aujourd'hui la visite d'une centaine de mal-logés en colère, qui ont manifesté sur la terrasse du bâtiment une bonne partie de la journée.
 
A mi-mandat d'Anne Hidalgo, 220 000 demandes de logement sont en attente à Paris.
Pourtant, jamais le mal-logement n'a été autant invisibilisé à Paris

Au contraire la capitale est perçue comme une ville non seulement dynamique mais solidaire.
Dynamique avec ses incubateurs de start-up qui s'installent même dans les quartiers populaires et donc certaines, comme ici, à la Maison de l'Economie Circulaire, font même de « l'innovation sociale ». Solidaire, puisque l'équipe municipale vante ses 7000 « nouveaux  logements sociaux annuels ».

Tout va pour le mieux à Paris, donc. Tant pis pour les mal-logés, notamment ceux qui manifestent et qu'on fait repousser par les CRS au compte-rendu de mandat d'Anne Hidalgo. Tant pis pour les mal-logés à qui la conseillère logement d'Anne Hidalgo explique froidement lorsqu'elle les reçoit, que le mal-logement est un « tonneau des Danaïdes » et qu'on n'y peut pas grand chose. Reloger les demandeurs en attente, ce serait comme remplir un tonneau percé , absurde et inutile.

Pour nos élus, dans le domaine du logement social, il est donc hors de question de se fonder sur la demande existante, même si elle correspond à un besoin et à un droit fondamental.

Pire, dans leur affrontement avec le gouvernement, les bailleurs sociaux de la Ville de Paris n'hésitent pas à se servir des demandeurs de logement comme bouclier et annoncent qu'ils suspendront les programmes de construction de logement sociaux prévus, en prenant le prétexte de la baisse de leur budget.

Le droit d'entreprendre lui, est pourtant respecté avec l'argent public, et en fonction de la demande : à la Maison de l'Economie Circulaire, on loge des start up, comme on en loge au Cargo, toujours dans le 19ème arrondissement, comme on en loge dans l'incubateur de la ZAC Pajol, comme on en logera dans la ZAC La Chapelle. Les quartiers populaires sont « en pleine mutation », de plus en lus « dynamiques » , de plus en plus attrayants. La seule RIVP, deuxième bailleur social de la Ville de Paris, revendique 153 000m2 de bureaux, à tarifs sociaux , pour les entreprises. 153 000 m2, 1000 logements de 100m2, la production de logements très sociaux de la RIVP sur plusieurs années.

mercredi 18 octobre 2017

Paris 10ème: Alexandra Cordebard ferme la porte aux mal-logés

Dernier jour à la mairie du 10ème arrondissement pour Rémi Feraud qui s'en va rejoindre le Sénat, et premières heures d'exercice pour Alexandra Cordebard qui lui succède: à mi-mandat , la nouvelle maire fera-t-elle ce que l'ancien n'a pas fait, prendre le problème du mal-logement au sérieux , et en urgence ?
Rien de moins sûr, puisque qu'une nouvelle fois , la porte de la mairie est restée fermée pour les mal-logés qui manifestaient cet après-midi.
 
Le maire du 10ème arrondissement fut l'un des directeurs de campagne d'Anne Hidalgo, lors des municipales de 2014. Trois ans après,  Rémi Feraud est content de son bilan et de celui de la maire, notamment en matière de logement.

Les demandeurs de logement social, eux, n'ont aucune raison de se réjouir. Les dossiers en attente sont 220 000 à Paris, contre la moitié il y a dix ans. Les élus et les bailleurs parisiens persistent à fixer des niveaux de loyer trop chers au sein même du logement social neuf : plus du tiers de la production reste du PLS , avec des loyers inaccessibles à 90 % des demandeurs de logement inscrits. Les loyers adaptés aux Parisiens modestes restent  principalement localisés dans le parc ancien, où les locataires restent , pour une très bonne raison : l'encadrement des loyers, tant vanté par la municipalité est arrivé bien trop tard. Encadrés ou pas, dans le privé, les loyers sont à un niveau insupportable pour les catégories populaires qui ne peuvent pas non plus accéder à la propriété.

samedi 14 octobre 2017

Mal-logement à Paris : à mi-mandat, état d'urgence sociale.

 Anne Hidalgo et Ian Brossat sont tellement mal à l'aise avec leur bilan sur le mal-logement qu'il est désormais impossible de manifester , même à l'extérieur du Pavillon de l'Arsenal où se tenait le compte-rendu de mi-mandat 2017 : les mal-logés présents ont été repoussés et encagés par les CRS. Par contre , les "opposants"  dénonçant les marchés populaires comme celui de Chateau-Rouge ont pu eux s'exprimer en toute liberté. 

Malgré tout, on ne nous aura pas fait taire, et la communication des élus de la Ville ne sera pas parvenue à rendre invisibles les 220 000 dossiers de demande de logement social non satisfaites, et le mal-logement qui va avec. 

« Des logements accessibles à tous », c'est ainsi qu'à mi-mandat, la maire de Paris qualifie son bilan.

Si nous étions là, pour la présentation de ce bilan au Pavillon de l'Arsenal,  c'est parce que le logement, même social, à Paris, ne nous est pas accessible. C'est le cas pour un nombre croissant de Parisiens, et tous les indicateurs le démontrent : plus particulièrement, celui de l'augmentation permanente du nombre de dossiers en attente sur les files du logement social. 220 000 en 2016. Dans la file d'attente, tous ne sont pas à égalité. Anne Hidalgo dans son bilan chiffré, met en avant la production de 7000 « logements sociaux » par an. Elle évoque aussi le système de cotation , et ses « 25 critères objectifs » qui permettraient de sélectionner les demandeurs en toute équité.

Mais c'est un bilan en trompe l'oeil. L'étiquette logement social s'applique à des niveaux de loyer très différents. Sur Loc'Annonces, les loyers des deux pièces proposés ce mois ci vont de 450 à 850 euros, du simple au double. Pour les 4 pièces , de 900 à 1400 euros. Les logements aux loyers les moins chers, (PLA-I) génèrent un nombre de candidatures parfois jusqu'à dix fois plus important que les logements les plus chers, les PLS. Dans la file d'attente du logement social parisien, la proportion de foyers dont les niveaux de ressources correspondent à ceux du PLS est tombée à 10 % . Dans le même temps, la proportion de nouveaux logements en PLS reste très importante, plus d'un tiers. De plus, les logements très sociaux sont ceux dont les locataires ne partiront pas, parce qu'ils n'ont ni les moyens de louer dans le privé, ni ceux d'acheter.

mercredi 20 septembre 2017

Pas touche à l'APL, oui à la baisse des loyers


Depuis des semaines, le gouvernement et les bailleurs sociaux s'affrontent sur le sujet de la baisse de l'APL et du niveau des loyers. Dans cette affaire, tout le monde prétend défendre les locataires et les mal-logés. Mais dans ce débat piégé, les premiers concernés sont surtout les dindons de la farce.

Il n'y a évidemment aucune nécessité de baisser les allocations logement : si le gouvernement veut faire des économies , qu'il aille plutôt regarder du côté des budgets consacrés à l'aide à l'investissement immobilier privé dont les résultats catastrophiques en terme d'arnaques immobilières et de logements inutiles ont récemment été mis en lumière. Mais la question du niveau des loyers dans le logement dit social n'est pas un détail, elle est au centre des causes du mal-logement d'une partie de la population.

Nous avons par exemple manifesté aujourd'hui devant le siège de la RIVP, deuxième bailleur social de la Ville de Paris : sur plus de 50 000 logements, la RIVP ne propose que 1400 logements très sociaux, contre 15 000 PLS, aux loyers les plus chers du logement social, et presque 4000 PLI bien au dessus des plafonds de ressources HLM.

mercredi 13 septembre 2017

Mixité sociale ? Elogie Siemp doit reloger les bas revenus.

Le nouveau siège d'Elogie SIEMP, 3ème bailleur social a été inauguré aujourd'hui par les mal-logés en colère .

A Paris, le principal motif avancé par la Ville et ses bailleurs pour justifier les délais d'attente vertigineux pour un logement social, c'est le manque de logements très sociaux correspondant aux revenus des demandeurs. Anne Hidalgo et Ian Brossat mettent avant leurs constructions neuves et l'impossibilité de faire plus immédiatement.

Mais depuis la loi ALUR, il est concrètement possible de faire plus et tout de suite . En effet, une disposition peu connue de la loi permet aux bailleurs sociaux qui le souhaitent de faire temporairement des remises de quittance sur des loyers trop élevés, jusqu'à ce que la situation des locataires s'améliore. Cette mesure a été conçue comme la contrepartie aux surloyers payés par els locataires plus aisés. Dans la loi elle est aussi présentée comme le moyen nécessaire pour permettre « la mise en oeuvre du droit au logement, afin de satisfaire les besoins des personnes de ressources modestes et des personnes défavorisées. » ( 1)

jeudi 7 septembre 2017

Logement: le Secrétaire d'Etat face aux manifestants

Nous n'avons pas attendu une nouvelle loi logement pour interpeller directement le Secrétaire d'Etat à la Cohésion des Territoires, Julien Denormandie en visite dans le 19ème arrondissement: celui-ci nous a reçu lors d'une manifestation déterminée.

«  Remettre à plat les politiques du logement », c'est l'élément de langage très employé ces derniers jours avant l'annonce du contenu d'une réforme sur le sujet.

Depuis le mois de mai, c'est surtout le budget consacré au logement qui a été mis à plat : la baisse annoncée des APL comme l'amputation de 180 millions d'euros de crédits pour de nouveaux logements sociaux aggravent à très court terme une situation déjà intenable. De même que la baisse des crédits de la politique de la Ville, ou la suppression pure et simple de contrats aidés , déjà très précaires, sans aucune solution de remplacement. Ces suppressions impacteront aussi les services publics dont ont besoin les mal-logés, notamment ceux vers lesquels ils doivent se tourner pour l'accès à tous leurs droits, puisque depuis des années déjà , l'accueil y est souvent assuré par des personnes en contrat précaire. 

mercredi 12 juillet 2017

Station F: quand les mal-logés s'invitent au palais des start-up

 

Des mal-logés parisiens ont manifesté aujourd'hui dans la #stationF, l'incubateur de startup géant inauguré récemment par Emmanuel Macron et Anne Hidalgo. 

Notre objectif ? Dénoncer le Grand Paris à deux vitesses qui se met en place actuellement. Celui des tours de bureaux , des immeubles high tech, et du multi-services pour les entreprises d'un côté, celui du mal-logement et des zones de pauvreté de l'autre. 

Roxane Varza, directrice de la #stationF ne comprenait pas notre venue : pour elle, la #stationF est une "initiative privée " qui n'a donc rien à voir avec les politiques publiques, ni avec le mal-logement. 
Mais le soutien public n'est pas seulement une question d'argent directement versé: à Paris aujourd'hui, les jeunes créateurs de start-up, avant d'avoir suffisamment réussi pour être intégrées à la #stationF sont souvent hébergés dans des locaux à loyer "social", des incubateurs publics gérés....par ces mêmes bailleurs sociaux, dont la RIVP qui ne remplissent pas leur vocation première, loger toutes celles et ceux qui ne peuvent se loger dans le privé. 

Le foncier dégagé pour la station F était du foncier public: or lorsque nous dénonçons l'insuffisance de la construction de nouveaux HLM à Paris, on nous répond toujours qu'il n'y a pas de "foncier disponible". 

Roxane Varza nous a parlé de la station F comme d'un "écosystème", mais son écosystème bénéficie de l'aménagement urbain déployé autour du site, qu'il s'agisse des transports, ou des services publics ouverts spécialement dans la station, comme La Poste ou Pôle Emploi. Dans le même temps, les ouvriers du bâtiment, les salariés du nettoyage, les agents de sécurité, mais aussi toutes les "petites mains" souvent précaires sans lesquelles même les start-up ne pourraient pas fonctionner sont sommées de quitter la capitale pour aller dans des zones mal desservies, sans services publics ou vivent dans Paris, mais en souffrant de conditions de logement dignes du 19ème siècle. 

La #stationF ne pourra pas vivre en vase clos, les entrepreneurs ne pourront pas s'y enrichir en ignorant le reste de la ville où ils vivent, et en se contentant de trouver normal que les élus parisiens et nationaux leur déroulent le tapis rouge , pendant qu'ils refusent leurs droits fondamentaux à toute une partie de la population. 

La Ville Monde, oui mais pour tout le monde !

mercredi 28 juin 2017

#Paris2024: pour tous sauf pour les mal-logés ?

#Paris2024, l'épreuve de lutte commence maintenant: 70 mal-logés ont manifesté ce 28 juin devant l'exposition « Paris, 1924 », organisée à l'Hôtel de Ville dans le cadre de la candidature de Paris aux Jeux Olympiques.

 Aux yeux d'Anne Hidalgo, les Parisiens qui revendiquent leurs droits sont une tâche sur la carte postale, on nous a donc envoyé la police comme seul interlocuteur.
Demandeurs de logement parisiens, nous aimerions avoir la possibilité de nous réjouir tout autant que nos élus de cette candidature et des Jeux.Mais il n'y a aucune métropole au monde, où les Jeux Olympiques n'ont pas créé plus d'inégalités urbaines .

Pour le moment, et dans un contexte de grave crise du logement dans la capitale, rien n'indique que ce sera différent ici : notamment, parce que le Village Olympique sera construit dans l'Est Parisien et en petite couronne, que la zone va donc attirer les investisseurs immobiliers privés dans les prochaines années. Le blocage des loyers du privé dans la capitale est bien peu contraignant et soumis à des dérogations importantes, il n'empêchera pas une restructuration urbaine globale au détriment des plus modestes.

D'ailleurs ces investisseurs ne cachent pas leurs appétits et leur ambition : le cabinet de conseil prestigieux JLL a déjà réalisé une étude où il prévoit des augmentations d'au moins mille euros le m2 à lavente sur les quartiers concernés, et un doublement du parc debureaux.
Certes à la Ville de Paris, on annonce «  3000 nouveaux logements » dont « une part sociale ». Mais combien en tout, et s'agira-t-il de logements très sociaux ou de PLS , inaccessibles à 70 % des mal-logés parisiens ? Faute de réels engagements, la réalité risque de se résumer à quelques centaines de vrais HLM au mieux, qui ne compenseront pas , ne serait-ce que les effets de la hausse des loyers sur la seule zone du Village Olympique.

Le Monde, 23 juin 2017
Alors, d'emblée, ça gâche un peu la fête....en tout cas aux centaines de milliers de Parisiens mal-logés et au demi-million de mal-logés Franciliens qui actuellement ont déjà le plus grand mal à se loger. D'autant que l'horizon 2024 , c'est aussi celui de la réalisation des projets du Grand Paris, qui eux aussi , vont générer beaucoup d'argent, beaucoup de restructurations urbaines et d'augmentations des prix immobiliers. Les besoins criants en logements sociaux ne sont euxinscrits nulle part en budget prioritaire du Grand Paris.

Survivre au mal-logement est un sport de combat auxquels les millions de mal-logés ne sont que trop habitués dans ce pays. Et gagner ne serait-ce que la prise en compte minimum de nos problèmes, à Paris comme dans toute l'Ile de France, c'est un marathon sans fin. Pour autant, nous ne nous laisserons pas invisibiliser et exclure des grandes fêtes qui s'annoncent.

Quand on peut faire les JO du 21ème siècle, on peut faire en sorte qu'une partie de la population ne vive pas comme au 19ème siècle à cause du mal logement. Nous viendrons le dire à chaque fois que nous pourrons, lors des événements publics organisé autour de #Paris2024, jusqu'à ce que nous ayons l'assurance que l'on ne jouera pas avec nos vies et qu'on respectera nos droits.





mercredi 7 juin 2017

Les mal-logés s'invitent chez Grand Paris Amenagement




Le mal-logement ne disparaît pas lorsqu'on fait comme s'il n'existait pas. La question du logement n'a pas disparu parce que Richard Ferrand ne la pose pas. Soixante dix mal-logés l'ont prouvé ce vendredi 7 juin en occupant Grand Paris Aménagement jusqu'à obtention d'un rendez-vous au Ministère. 

Depuis la nomination du nouveau gouvernement, pourtant, on dirait que les problèmes de logement qui touchent des millions de personnes, notamment en Ile de France , se sont évaporés.

Demandeurs de logement, nous sommes venus faire du bruit à Grand Paris Aménagement : une structure co-gérée par l'Etat et les collectivités territoriales qui a finalement autant de pouvoir concret qu'un Ministère.

On pouvait éventuellement se passer d'un Ministère du Logement, si la question était prise en compte immédiatement par Richard Ferrand, dans le cadre de ses larges compétences. Mais à part l'annonce de « rencontres » avec les « acteurs du logement », il ne se passe rien même sur le site du Ministère de la Cohésion du Territoire. La seule actualité sur le sujet est malheureusement très négative : le mouvement d'Emmanuel Macron, LREM a choisi de maintenir une candidate qui louait du taudis à prix d'or en Seine Saint Denis.

Nous ne nous y trompons pas : la manière de faire du nouveau gouvernement ne sort pas de nulle part. Petit à petit, la question du logement est devenue totalement annexe dans le discours des politiques, qui l'ont oubliéeou réduite à presque rien pendant la campagne présidentielle.
Aujourd'hui, en Ile de France, où le Grand Paris se met en place, on parle «  aménagement du territoire », « ville intelligente », « mobilité » , Jeux Olympiques 2024, nouveaux éco-quartiers, logement intermédiaire, immobilier privé.....mais très peu du mal-logement endémique qui ravage notre région.

La loi SRU a vingt ans, elle n'est pas respectée. La Loi DALO a dix ans : mais 55 000 foyers reconnus prioritaires ne sont pas relogés, tandis que la Cour des Comptes dénonce le dévoiement de la loi, et la manière dont elle est devenue une machine à nier le mal-logement, en excluant de plus en plus de mal-logés. Il y a dix ans , on nous présentait cette loi comme le moyen de reloger plus vite les « dossiers les plus urgents », aujourd'hui elle sert surtout à décourager : le nombre de recours est en baisse.

mercredi 24 mai 2017

Pour un Grand Paris de l'Habitat...Social.



 Une soixantaine de demandeurs de logement a occupé ce mercredi 25 mai les locaux de Grand Paris Habitat, pour exiger enfin une vraie politique de logement social pour les cinq années à venir.

Le précédent quinquennat aura été celui du logement intermédiaire. Pour l'Etat, pour les collectivités et surtout pour les bailleurs sociaux, autorisés par la loi Macron a créer des filiales spécialement dédiées à ces logements aux loyers à peine inférieurs de 15 % à ceux du marché. En 2014, le président François Hollande lançait un plan de financement inédit , dont le pilotage a été confié au premier bailleur public français, la SNI ( Société Nationale Immobilière) : 35 000logements intermédiaires sont ainsi programmés d'ici 2020 dans les zones tendues.

Le précédent quinquennat n'aura pas été celui du logement social : malgré des chiffres de construction en hausse annoncés triomphalement les deux dernières années, la production réelle de logement très social n'aura pas dépassé celle du précédent quinquennat.

Le mal-logement est donc devenu le quotidien très durable de millions de gens. Les files d'attente pour un logement social n'ont cessé de s'allonger, et beaucoup de foyers des catégories populaires ne sont même plus comptées dans les dossiers en attente, tout simplement parce qu'ils ne demandent plus de HLM , persuadés de ne jamais en obtenir.

La sous-location contrainte, l'errance urbaine perpétuelle, la cohabitation forcée de plusieurs générations dans un logement trop petit, l'endettement pour devenir propriétaire ou même pouvoir continuer à payer son loyer sont devenues une norme et ne font plus scandale.

Pire, le fatalisme s'est installé : tout le monde , à commencer par les bailleurs ne fait que répéter aux premiers concernés que le droit au logement de tous ne peut tous simplement pas être respecté dans un des pays les plus riches du monde.

Avec ou sans Ministère du Logement, la situation restera la même tant que la volonté politique et économique déployée pour d'autres types de logements ne sera pas mise en œuvre pour le logement social, seul à même de répondre aux besoins des revenus modestes.

Et c'est encore plus vrai dans le cadre du Grand Paris : la SNI a unifié ses sociétés EFIDIS et OSICA dans une seule structure, Grand Paris Habitat , censée répondre plus efficacement aux besoins en logement social . Grand Paris Habitat a ensuite absorbé de nombreux organismes HLM municipaux franciliens.

Grand Paris Habitat est donc un des leviers centraux de la politique du logement dans notre région : ses choix définiront l'avenir des franciliens mal-logés dans les prochaines années, non seulement en nombre de logements construits , mais aussi en matière de localisation de ces logements sociaux : aujourd'hui, on construit peu de logement très social à Paris et en petite couronne, et dans la « ville intelligente » promise par les décideurs, des centaines de milliers de personnes des catégories populaires n'ont le choix qu'entre le mal-logement dans les zones riches en emploi et en équipements collectif ou un relogement dans des zones délaissées des pouvoirs publics.

Parce que le pouvoir de remédier au mal-logement se situe aujourd'hui au moins autant chez de grands opérateurs comme Grand Paris Habitat que dans les Ministères, nous sommes venus aujourd'hui manifester pour qu'enfin, ce quinquennat soit celui du respect de nos droits fondamentaux.

mercredi 10 mai 2017

Action Logement: non à la vente de 90 000 logements sociaux


 
Une manifestation réunissant mal-logés et locataires a eu lieu aujourd'hui devant le siège parisien d'Action Logement. 

 Au début de l'année 2017, dans le journal Les Echos, Action Logement a en effet annoncé deux mesures qui vont bouleverser la nature de son patrimoine et pas au profit des salariés , des précaires ou des retraités modestes. Des fonds vont être débloqués pour acheter 15 000 logements intermédiaires, inaccessibles aux catégories populaires.
Dans le même temps, Action Logement compte vendre 90 000 logements sociaux. Les promesses d'en racheter d'autres à la place n'engagent que ceux qui les croient : en attendant, dans un contexte où des millions de personnes attendent un logement , ce sont des dizaines de milliers d'appartements qui vont sortir définitivement du parc social.

La vente des logements sociaux avait été rendue possible de manière massive sous la mandature de Nicolas Sarkozy : mais peu de bailleurs s'étaient finalement lancés dans la privatisation de logements construits avec l'argent public et avec l'argent des salariés, découragés par les résistances et la colère de locataires, de demandeurs de logements et même d'élus.

L'opération massive d'Action Logement va évidemment encourager d'autres bailleurs sociaux, privés ou publics à faire de même, et banaliser la pratique. On comprend mieux, maintenant, à quel objectif répondait la réorganisation du 1 % Logement, censé rendre le service plus efficace pour les usagers : à la finale, l'organisme se comporte comme une agence immobilière géante dont les nouveaux « clients » ne seront certes pas les salariés modestes.

Dans le même temps, pour obtenir le respect des accords pourtant contre-signés maintes fois avec le gouvernement et les collectivités locales pour le relogement de dizaines de milliers de mal-logés en attente, il faut se battre : les attributions de logement se font au compte-gouttes, toujours retardées sous prétexte de « dossiers difficiles » ou d « exigences trop grandes » des demandeurs : Action Logement a des appartements dans la capitale mais tente systématiquement d'orienter d'abord les personnes vers des localités éloignées de leur vie socio-professionnelle, dans la partie la moins valorisée de son parc.

A Action Logement comme ailleurs, les cinq années qui viennent vont être décisives pour le logement social : sous prétexte de « diversification des activités », et d' « élargissement de l'offre », les bailleurs sociaux publics et privés ne cessent de privilégier plus cher et plus précaire que le logement social. Logements intermédiaire, usufruit locatif social, accession à la propriété, maisons relais et foyers en tous genre , les bailleurs sociaux font « de tout », mais de moins en moins de vrais logements sociaux avec un loyer accessible. 

Nous ne laisserons brader ni nos droits ni nos logements ! 

mercredi 26 avril 2017

Ian Brossat ferme la porte aux mal-logés, nous ouvrons celle du PCF


 
Ce 26 avril , notre mobilisation a commencé comme beaucoup d'autres: par une occupation de la direction territoriale de Paris Habitat, place du Colonel Fabien. Nous étions là notamment pour les locataires mal-logés....du premier bailleur social de Ville de Paris, mais aussi parce que les attributions de logements sociaux à Paris et chez Paris Habitat sont en baisse. 

Comme la semaine dernière, lors de l'inauguration d'un " hôtel à insectes", comme les précédentes lorsque nous manifestions, Ian Brossat , adjoint au Logement PCF  de la Ville avait choisi de traiter notre mobilisation par le mépris. L'ordre avait été donné de fermer la direction et de ne même pas entrer en contact avec nous. 

Seulement, parce que les mal-logés ont l'habitude de la lutte, ils ne laissent pas les élus prendre de mauvaises habitudes. Après trois ans de mandat, Ian Brossat se résigne manifestement à la baisse du nombre de logements attribués, à l'insuffisance drastique de logements très sociaux, à la sur-occupation et à l'insalubrité au sein même du logement social. Pas nous. Nous avons donc traversé la rue, pour aller exposer nos problèmes à la direction du PCF, le parti de Ian Brossat, dont le siège était en face de la direction de Paris Habitat. 

Après avoir manifesté dans la célèbre bulle blanche où se tenait une exposition, nous avons été reçus par le directeur de cabinet de Pierre Laurent. En dix minutes, Ian Brossat nous proposait un rendez-vous pour demain matin. Mais nous avons exigé une vraie rencontre, préparée et en présence de la direction générale de Paris Habitat. Nous l'avons obtenue très rapidement. 

A la différence de Ian Brossat, les militants et responsables présents nous ont reçus avec respect , s'abstenant de nous reprocher notre lutte. Nous avons donc mis fin de nous même à notre occupation. Non pas parce que nous croyons que nous aurons forcément le respect et la satisfaction de nos revendications, pourtant minimales, lors d'un rendez-vous avec Ian Brossat. Mais parce que nous connaissons notre force de mal-logés solidaires, et que nous l'avons montrée une nouvelle fois aujourd'hui. 

Quiconque sème le mépris, récolte la colère. 
Un logement pour tous maintenant, c'est possible et c'est urgent.

mercredi 19 avril 2017

Paris Habitat : des hôtels pour les insectes, l'insalubrité pour les locataires

Les attributions chez Paris Habitat en baisse constante
Dans le 19ème arrondissement,  Paris Habitat, premier bailleur social de la Ville de Paris inaugurait aujourd'hui....un hôtel à insectes. 

Dans l'arrondissement, le parc social est saturé et souvent en mauvais état: les mal-logés attendent en vain un relogement, et les locataires en titre affrontent souvent la sur-occupation mais aussi l'insalubrité. Les demandes de mutation pour un logement décent et adapté en termes de superficie restent lettre morte. 

Comme en de nombreuses autres occasions, nous nous sommes donc invités à cette opération de communication qui pourrait passer pour une provocation: comment la direction d'un  bailleur social, qui ne remplit pas ses vocations premières ose-t-elle faire autant de bruit et des communiqués de presse sur des opérations aussi dérisoires qu'un hôtel à insectes , qu'on trouve à quelques dizaines d'euros dans n'importe quelle jardinerie ? Comment dans un arrondissement où des logements sont dans un état lamentable, où Paris Habitat se montre incapable de changer la vie de milliers de mal-logés, oser parler de "transformation de l'environnement" pour une boîte en bois ? 

Il faut croire que pour Anne Hidalgo et la direction de son principal bailleur, les Parisiens modestes et mal logés valent moins que les fourmis....D'ailleurs, c'est ce que les chiffres réels de la politique du logement dévoilent: 5919 attributions en 2015 contre 6278 en 2013 chez Paris Habitat. Un chiffre qui n'est pas compensé dans le bilan global des attributions , qui ont baissé de plusieurs milliers en quelques années

Le chiffre des mutations est lui aussi très médiocre: après l'élection d'Anne Hidalgo, son adjoint au Logement a énormément communiqué sur les dizaines de milliers de locataires du logement social qui sont légitimes à demander un changement de logement: parce que celui-ci est trop petit, insalubre, mais aussi parce que la famille s'est agrandie, ou que le logement n'est pas adapté à l'âge où à la situation de handicap. 

Dans les faits, le nombre de mutations n'a augmenté que d'une centaine en trois ans, dans toute la capitale, comme Paris Habitat l'avoue dans son propre rapport d'activité. Même les cas les plus caricaturaux sont méprisés: depuis des années, une de nos membres vit dans un faux quatre pièces où les murs sont noircis de moisissures dans la chambre des enfants, l'eau ruisselant des murs en permanence.  La direction de Paris Habitat nous a répondu que "ce n'était tout de même pas une cascade". 

Derrière la préoccupation affichée pour le mal-logement, la politique menée est donc catastrophique pour les Parisiens modestes. 

Nous serons là pour le rappeler , à chaque inauguration spectacle , dans cette période où nos élus parisiens sont nombreux à se présenter aux législatives en arguant d'un bilan extraordinaire en matière de logement social. Nous sommes le bilan, des Parisiens privés de leur droit fondamental au logement décent, et nous le ferons savoir.

jeudi 6 avril 2017

Les mal-logés au QG de Mélenchon sur France Culture ce matin

Mercredi 5 avril, pendant plus de quatre heures, 70 mal-logés ont investi le QG de campagne de Jean-Luc Mélenchon et de la #FranceInsoumise.
Pourquoi une telle action ?
Notre réponse au micro d'une journaliste de France Culture, diffusée dans la matinale ce jeudi 6 avril 




mercredi 5 avril 2017

Logement: la #FranceInsoumise désavoue Ian Brossat, candidat Front de Gauche

Dans la capitale, sur les questions de logement, les positions des élus locaux prennent forcément une dimension nationale: en effet, dans la majorité municipale, cohabitent désormais des élus qui se présentent comme des soutiens d'Emmanuel Macron, Benoît Hamon, et Jean Luc Mélenchon. 

Après les QG d'Emmanuel Macron, et celui de Benoît Hamon, nous avons donc rendu une visite collective au siège de  campagne de Jean Luc Mélenchon. 

L'adjoint au Logement, depuis trois ans, Ian Brossat, également candidat à la députation dans le 18ème et le 19ème arrondissement ne cesse  de se réclamer de la campagne de la #FranceInsoumise, mouvement qui affirme que le mal-logement est un problème prioritaire.

Mais à Paris, comme ailleurs, le nombre de demandes de logement social en attente a explosé, passant de 140 000 il y a cinq ans, à 219 000 aujourd'hui.
A Paris comme ailleurs, la Ville annonce de nouveaux dispositifs réservés aux « classes moyennes » : l'Usufruit Locatif Social, Multiloc, et maintenant un nouveau programme d'accession à la propriété. Mais très peu de choses pour les classes populaires : d'ailleurs, nous en sommes à un point où les attributions de logements sociaux baissent chaque année, alors qu'elles étaient déjà une goutte d'eau par rapport à la demande . Il y en avait 13000 par an en 2011, nous sommes passés à un peu plus de 10 000.Malheureusement, le logement dit « très social », ne représente toujours qu'un tiers des nouvelles productions , alors que 70 % des demandeurs ne peuvent pas accéder aux autres logements sociaux, dont les PLS , les plus chers des HLM.

A Paris comme ailleurs, le dialogue social avec les organisations de mal-logés se résume à une porte définitivement fermée : dans la situation qui est la nôtre, nous n'avons d'autre choix que la manifestation, et l'action revendicative. Mais exactement comme n'importe quel autre politique, Ian Brossat ne le supporte pas et n'hésite pas à nous envoyer la police, allant jusqu'à nous interdire l'accès d'un Forum du Logement, qui est nous est destiné Nous nous battons parce que nous vivons en dessous du droit commun, Ian Brossat nous reproche de mettre nos vies en jeu dans nos combats. 
Pour toutes ces raisons, une nouvelle fois, nous nous saisissons de la campagne électorale pour mettre en balance les paroles et les actes: du côté de l'équipe de campagne de Mélenchon, et de ses porte paroles et représentants parisiens, la réponse a été claire, et mise par écrit: ni Alexis Corbière, ni Eric Coquerel , ni Danielle Obono ne soutiennent la politique du logement menée à Paris, et les deux nous ont affirmé vouloir relayer nos paroles de premiers concernés.

Nous jugerons sur pièces: en attendant, nous allons continuer à imposer la question du logement, dans cette campagne et après. Elle concerne des millions de gens dans ce pays, dans les grandes métropoles, comme en zone rurale. Et la politique menée dans la capitale, par les élus municipaux est en tout cas représentative de ce qui n'est pas fait: car la Ville est riche et prospère, et pourrait très bien résoudre les problèmes de centaines de milliers de Parisiens, puisque , sans hésiter, les élus parisiens engagent des milliards d'euros pour des Jeux Olympiques , libèrent du foncier pour toutes les grandes entreprises qui souhaitent s'installer dans la capitale, et que les bailleurs sociaux , qui ne nous relogent pas, ont des budgets importants pour construire des immeubles entiers réservés aux incubateurs de start up.

Un logement maintenant c'est possible et c'est urgent.

vendredi 31 mars 2017

Le #ForumLogement interdit aux mal-logés par Ian Brossat et Rémi Feraud



Quand Ian Brossat et Rémi Ferraud organisent un Forum du Logement, tout le monde est admis....sauf les mal-logés et les locataires qui ne résignent pas à rester privés de leurs droits fondamentaux Même pas trois ans de mandat, et l'équipe municipale en est réduite au ridicule, la police pour interdire l'accès d'évènements à destination des premiers concernés.Nous, nous refusons d'être réduits au silence et au mal-logement.

Le tract diffusé lors de la manifestation qui s'est tenue devant la mairie du 10ème arrondissement bouclée à double tour et protégée par les CRS pendant que le maire et Ian Brossat tenaient salon devant une salle clairsemée,


A PARIS , IL N'Y A PAS DE BONNES RAISONS AU MAL-LOGEMENT

Mal-logés, nous venons manifester à l'occasion du Forum Logement de la mairie du 10ème arrondissement en présence de l'adjoint au Logement, Ian Brossat et du maire du 10ème arrondissement Rémi Ferraud.

Nous ne serons pas les seuls demandeurs de logement présents. Certains seront venus avec l'espoir de rencontrer leurs élus, pouvoir parler de leur situation inacceptable, décrocher un rendez-vous,. Nous avons fait tout cela, avant de nous regrouper et de faire du bruit. Nous avons espéré, parce qu'il nous semblait évident que décrire nos difficultés et l'enfer du mal-logement déclencherait forcément une réaction.

Mais nous sommes 219 000 foyers à avoir déposé un dossier de demande de logement social, et ce nombre augmente chaque année. Il y a seulement 10 000 attributions globales de logement par an, et le chiffre est en baisse. En comptant les logements PLS inaccessibles à 70 % d'entre nous . Pour un F4, le délai considéré comme « normal » est de 10 ans. Ces chiffres là, nos élus les reconnaissent. Ils en mettent d'autre en balance .

Ce soir Ian Brossat expliquera que c'est pire à Neuilly où à Aix en Provence, et que c'est donc très injuste de manifester à Paris. Nous sommes désolés d'être Parisiens et mal-logés.
Ce soir, le maire du 10ème arrondissement parlera de la « nécessité de la mixité sociale » : il ne peut pas faire plus de logements très sociaux dans le 10ème arrondissement, parce que sinon, nous serons trop de pauvres bien logés. Il nous faudrait donc nous résigner à rester des pauvres mal-logés.

mercredi 22 mars 2017

Paris 10ème: les attributions de logements sociaux baissent, les luttes augmentent




Notre collectif révélait il y a quelques semaines un chiffre très inquiétant sur la politique du logement à Paris: en dépit des communications éternellement triomphales d'Anne Hidalgo et de Ian Brossat, tout ne va pas de mieux en mieux dans la capitale , en tout cas pour celles et ceux des Parisiens qui ne peuvent se loger que dans le parc social. En effet le nombre d'attributions de logements sociaux , déjà très insuffisant au regard de la demande, a beaucoup baissé depuis quelques années passant de 13 000 par an à 10 000 environ. 

La cause ? Une rotation très faible dans le parc ancien, que les élus reconnaissent sans vouloir en reconnaître la cause. Le parc neuf de logements sociaux est beaucoup plus cher et comporte beaucoup trop de PLS, aux loyers inaccessibles pour les classes populaires. Les PLS même neufs ne trouvent pas facilement preneur, raison pour laquelle la Mairie a du mettre en place Loc'Annonces , qui est surtout une publicité destinée à un public qui n'a pas besoin d'un logement social au point d'en faire la demande, sans qu'on le lui propose. 

Comme le parc neuf est trop cher pour les demandeurs modestes, certains logements sont laissés vides des mois et des mois, les bailleurs refusant les candidatures proposées pour "insuffisance de revenus". Et si les demandeurs les plus aisés accèdent assez vite à un HLM correspondant à leurs ressources, l'immense majorité voit son dossier stagner dans le stock de la demande: 219 000 dossiers sont désormais en attente à Paris, contre 140 000, il y a encore quelques années. 

Face à cette situation inacceptable, les élus ferment leur porte aux mal-logés en lutte: ainsi, même  une demande faite par les équipes de Benoît Hamon après notre visite collective à son QG, notre collectif trouve porte close à ses revendications dans le 10ème arrondissement de Paris comme avec l'ensemble des élus. 

Ceux-ci peuvent toujours espérer que nos luttes disparaissent . Mais nous combattons pour un droit fondamental, vital. Et nous ne pouvons tout simplement pas y renoncer, la lutte continuera donc. D'autant que nous savons que nos élus ont les moyens de changer les choses: ainsi dans le 10ème arrondissement, Rémi Ferraud et Ian Brossat se vantaient encore au mois de juin dernier d'avoir acquis et reconventionné 47 logements en PLS, quai de Jemmapes . Pourquoi ce qui est possible et se fait partout  à Paris , ne le serait-il pas pour les PLA-I, logements très sociaux et seuls accessibles à 70% des demandeurs. 

lundi 20 mars 2017

Logement: à Benoît Hamon et Anne Hidalgo, nous demandons du concret maintenant.




Face au besoin de relogements, promettre pour le futur ne suffit pas. 

Le 15 mars dernier, nous avons investi le QG de Benoît Hamon, candidat à la présidentielle soutenu par Anne Hidalgo. Le programme du candidat prévoit 150 000 logements sociaux dont 130 000 logements très sociaux par an. Mais dans une élection nationale, lorsque des élus locaux soutiennent un candidat, on ne peut pas faire comme si le pouvoir de faire n'existait pas déjà sur le terrain. 

C'est d'autant plus vrai en matière de logement social, où les possibilités légales offertes aux grandes mairies sont très importantes.  

C'est encore plus vrai à Paris, une capitale qui a les moyens financiers pour faire la politique du logement social que ses élus souhaitent: or à Paris, depuis des années, c'est à peine un tiers des nouveaux "logements" qui sont du logement très social. Nous mettons volontairement le terme "logements " entre guillemets car , en réalité de nombreux hébergements d'urgence sont comptabilisés comme des logements , au titre de la loi SRU. 

Les politiques concrètes menées dans la capitale par une élue qui est un des principaux soutiens de Benoît Hamon sont donc bien différentes de ce que promet le candidat. 

Demandeurs de logement, nous sommes légitimes à exiger par la lutte, la cohérence entre les engagements pour le futur et la politique menée dans le présent. Celle-ci peut changer de manière très concrète, dès aujourd'hui et changer la vie de centaines de milliers de personnes. 

C'est ce que nous rappellerons ce mardi à Daniel Goldberg, parlementaire et responsable de la politique du Logement dans l'équipe de Benoît Hamon. Et éventuellement aux représentants d'Anne Hidalgo dont la présence ne nous a pas été confirmée à ce jour, illustration de la difficulté à avoir un quelconque dialogue social dans la capitale, sur la question du logement, dès lors qu'on ose protester contre le déni de droits permanent qui est notre quotidien de mal-logés. 

 

Sans toucher au niveau de loyers des logements déjà construits ou produits, on condamne les mal-logés à voir leur situation perdurer des années.


Exemple 1 : à Paris, les logements « reconventionnés », c'est à dire les logements appartenant à des bailleurs sociaux mais jusqu'ici en loyers libres, sont quasi systématiquement reconventionnés en PLS et pas en PLA-I. Cette mécanique peut très bien être changée immédiatement, et cela concernerait des milliers de logement même sur les trois dernières années .

Exemple 2 : Ian Brossat, adjoint au Logement, reconnaît lui même que la baisse du nombre des attributions provient notamment du fait que les logements disponibles arrivant en commission ont des niveaux de loyers trop élevés pour la majorité des personnes réellement demandeuses d'un logement social. Or la loi ALUR a ouvert la possibilité de la « remise sur quittances » ; en clair, un logement de niveau de loyer PLS peut voir celui-ci adapté temporairement à des revenus beaucoup moins élevés, jusqu'à ce que le foyer voit sa situation sociale s'améliorer et ses revenus augmenter. Certains bailleurs sociaux pratiquent déjà cette possibilité , mais pas ceux de la Ville de Paris. 

Conditionner l'activité hors logement très social des bailleurs sociaux au respect préalable de leur vocation première.

Exemple : dans la capitale, les bailleurs sociaux municipaux font désormais un peu de tout. Du logement intermédiaire, la gestion d'un parc de loyers libres qui donne lieu régulièrement à des scandales sur leurs occupants fortunés ( et pour cause vu le niveau des loyers), de l'Usufruit Locatif Social qui permet de faire du logement social seulement temporaire en PLS . Mais aussi de la construction et de la gestion de bâtiments high tech pour les entreprises ( pépinières, incubateurs, espaces commerciaux ). La seule RIVP a ouvert une dizaine d'immeubles destinés aux incubateurs d'entreprises à des prix défiant toute concurrence ( 179 euros le m2 par an, comme le bailleur le dit sur son site).
Le développement économique de la capitale ne dérange personne. Que les bailleurs sociaux logent des foyers dont les revenus sont plus élevés que ceux des classes populaires n'est pas non plus choquant en soi.
Mais il n'est pas possible que la mission initiale d'un service public ne soit pas remplie, que les responsables de ce service public déclarent ne pas être en mesure de faire plus pour le remplir, mais se livrent dans le même temps à d'autres activités.
Ce mouvement ne peut que s'accélérer car la première loi Macron a notamment permis la création de filiales de logement intermédiaire autonome pour les bailleurs sociaux.

mercredi 15 mars 2017

Au QG de Benoit Hamon , faire battre le coeur de nos droits




Soixante dix demandeurs de logement ont passé l'après-midi au QG de Benoît Hamon. 
Après notre visite collective au siège du mouvement d'Emmanuel Macron, nous avions aujourd'hui choisi d'interpeller le candidat soutenu par la Maire de Paris Anne Hidalgo. 

Sur place nous avons pu expliquer au bras droit de Benoît Hamon, Ali Rabeh qu'il ne suffisait pas que le candidat fasse des promesses aux mal-logés: encore faut-il que les engagements correspondent à des actes sur le terrain, et notamment dans la capitale. 

Ali Rabeh nous a en effet annoncé que Benoît Hamon comptait s'il était élu construire 150 000 logements sociaux, dont 80% de logements très sociaux, les seuls accessibles à 70% des demandeurs de logement parisiens, par exemple. Mais dans le même temps Anne Hidalgo s'accroche à la politique désastreuse des trois tiers: sur les nouveaux logements  à Paris, moins de 30% sont des logements très sociaux. Ceci explique notamment la baisse des attributions de logements au fil des années: il n'y en avait déjà que 13 000 par an en 2011, il n'y en a plus que 10 000 en 2016. 

Le décalage entre les discours et les actes ne peut plus durer: le mal-logement est un fléau qui touche des millions de personnes dans le pays. On ne peut pas toujours faire des annonces pour le futur et les laisser dans des situations horribles des années, au mépris de leurs droits. 

Mardi soir, nous rencontrerons Daniel Goldberg, chargé des questions de logement dans l'équipe de Benoît Hamon. Celle-ci nous a avoué ne pas être sûre de pouvoir convaincre l'équipe d'Anne Hidalgo d'être présente à ce rendez-vous...Un signe parmi d'autres du déni de droits permanent dans lequel les mal-logés sont tenus à Paris, que cette volonté d'éviter le dialogue social avec leurs organisations. 

Nous restons quant à nous déterminés à imposer la question du mal-logement, dans la campagne, et après les élections, comme les luttes de mal-logés le font depuis des années. Nous savons que nous n'avons pas le choix: compter sur nous-mêmes et nos combats ou ne compter pour personne.

mercredi 8 mars 2017

Myriam El Khomri confrontée à la colère des mal-logés



"Nous sommes exceptionnelles parce que....".

C'était le thème de la conférence organisée par Espoir du 18, à l'espace Nathalie Sarraute, sur la ZAC Pajol, pour le 8 mars, journée internationale des droits des femmes.
Parmi les intervenantes, une Ministre et candidate à la députation dans le quartier, Mme El Khomri, et l'adjointe à la Sécurité et à la Prévention de la Ville de Paris , Mme Brossel.

Soixante mal-logées et mal-logés du quartier les attendaient. Les deux élues n'ont pas souhaité entrer en notre présence. Pourtant le mal-logement n'a rien d'exceptionnel dans le 18ème arrondissement et plus globalement dans tout Paris. Et il impacte tous les droits, et beaucoup ceux des femmes.

Devant notre détermination, Mme EL Khomri a finalement envoyé son directeur de cabinet à qui nous avons rappelé notre revendication: un logement, parce que c'est le minimum. Nous n'acceptons pas que le nombre d'attributions de logements sociaux baisse dans la capitale: il est passé de 13 000 à 10 000 appartements en 3 ans.

Les opérations de communication de nos élus qui prétendent faire le maximum nous invisibilisent : par nos mobilisations, nous continuerons à montrer le 8 mars et tous les autres jours que la seule manière d'en finir avec les luttes des mal-logés, c'est de respecter leurs droits. 
 

mercredi 22 février 2017

A Paris le nombre de logements sociaux attribués est en baisse.


70 demandeurs de logement se sont invités à la visite par Anne Hidalgo du supermarché participatif La Louve, dans le 18ème arrondissement. 
La mairie communique sur les bons chiffres du logement social à Paris, les mal-logés sont bien obligés de prendre en compte et d'informer sur  les mauvais, notamment celui des attributions qui baisse d'un quart en 2 ans.

En 2013, 13 000 logements sociaux* avaient été attribués. Il n'y en a eu que 10637* en 2015. Cette comparaison chiffrée, ne figure pas dans les bilans des dossiers de presse d'Anne Hidalgo mais explique pourtant la mobilisation des mal-logés.

Nous sommes 219 000* foyers dans les files d'attente du logement social parisien. Et au fil des années le nombre d'attributions baisse.
Comment expliquer cette contradiction entre l'augmentation du nombre de logements sociaux financés, mise en avant par la Mairie, et la baisse du nombre de demandeurs relogés en bout de chaîne ? En tout cas, Anne Hidalgo doit cette explication aux Parisiens demandeurs de logement.

Ce que nous savons, pour le vivre, c'est que les attributions sur des propositions faites par la Préfecture sont , pour beaucoup , refusées par les bailleurs sociaux parisiens, pour cause d'insuffisance de revenus par rapport au loyer. Ce n'est pas acceptable : si les nouveaux logements sociaux sont trop chers pour être occupés par ceux qui en ont un besoin vital, alors l'augmentation de la production ne change pas grand chose pour les catégories populaires. Ian Brossat a d'ailleurs reconnu ce problème des refus d'attribution, mais ce sont bien les élus qui dirigent les bailleurs sociaux parisiens . Que fait Anne Hidalgo ? 

mercredi 8 février 2017

#EnMarche mais vers où? Le mal-logement s'invite chez Macron



Ce 8 février visite surprise de 70 mal-logés au QG d'Emmanuel Macron. 
Nous nous sommes déplacés à son QG, parce que malheureusement, le mal-logement n'est pas un « thème de campagne ». Une nouvelle fois, nous serions donc des millions à être invisibilisés si nous ne nous invitons pas dans les débats qui engagent nos vies pour cinq ans. 

Or celui qui prétend faire de la politique autrement ne se montre pas très différent des autres; l'armée de conseillers que nous avons d'ailleurs croisés les uns après les autres aujourd'hui,  a accouché d'une souris en qui concerne le programme : quelques mesurettes dont certaines aggraveront la situation des  millions de mal-logés.

 Les pistes abordées par le candidat dans la seule occasion où il a parlé logement, un débat organisé par un réseaux d'agences immobilières sont celles qui font les politiques du logement depuis des années et qui ne prennent jamais en compte la situation des catégories modestes de la population. 


Emmanuel Macron a d'une part indiqué « vouloir changer le système des attributions de logements sociaux ». C'est très exactement ce qu'ont fait tous ses prédécesseurs : mettre en place divers systèmes de « priorisation » et de critères de plus en plus complexes et de plus en plus restrictifs. Transférer le contingent préfectoral aux mairies, puis le transférer de nouveau aux Préfectures, puis décider qu'on en laissera une partie aux intercommunalités.

Evidemment, ça n'a jamais fait baisser le nombre de demandeurs de logement. On peut se triturer le cerveau pendant des années, on n'attribuera jamais que ce qui existe. Or, aujourd'hui, 70 % des demandeurs de logement ont besoin d'un logement très social, c'est à dire d'un logement avec un loyer correspondant aux revenus modestes. Or, même dans les communes les mieux loties, la production de logements très sociaux constitue à peine le tiers de la production.

Et c'est là tout le problème de la deuxième proposition d'Emmanuel Macron : faire plus de logement « intermédiaire », c'est à dire du logement en moyenne 15 % moins cher que les loyers du privé, financé avec de l'argent public. Or, privilégier le logement intermédiaire, c'est aussi ce qui est fait depuis des années  . Sur le dernier quinquennat, 3,5 milliards d'euros ont été dégagés pour en produire. Depuis la loi Macron, les bailleurs sociaux , qui ne répondent pas à la demande de logement social, peuvent créer des filières spécifiques pour le logement intermédiaire.

La dernière proposition du candidat est la plus dangereuse : créer un bail précaire d'un an pour les précaires....Bref ajouter la précarité à la précarité, au lieu de créer les conditions de la stabilité du droit au logement pour ceux qui souffrent déjà de la précarité de l'emploi.

Pour un candidat qui entend faire du neuf, ça sent le réchauffé.
Pourtant, la solution est extrêmement simple . Investir massivement dans du logement social à loyers adaptés aux revenus modestes.

Et s'il y a un candidat qui a montré qu'il n'avait pas peur d'investir massivement, c'est bien Emmanuel Macron, dont le gouvernement a consenti des dizaines de milliards d'euros aux entreprises pour relancer la croissance.

Pourquoi ne pas faire la même chose pour le logement social ? Et résoudre ainsi les problèmes terribles qui empoisonnent la vie de millions d'entre nous ?

C'est la question que nous sommes venus poser à Emmanuel Macron, qui fait la course en tête.
Nous nous sommes déplacés à son QG, parce que malheureusement, le mal-logement n'est pas un « thème de campagne ». Une nouvelle fois, nous serions donc des millions à être invisibilisés si nous ne nous invitons pas dans les débats qui engagent nos vies pour cinq ans.