mercredi 7 juin 2017

Les mal-logés s'invitent chez Grand Paris Amenagement




Le mal-logement ne disparaît pas lorsqu'on fait comme s'il n'existait pas. La question du logement n'a pas disparu parce que Richard Ferrand ne la pose pas. Soixante dix mal-logés l'ont prouvé ce vendredi 7 juin en occupant Grand Paris Aménagement jusqu'à obtention d'un rendez-vous au Ministère. 

Depuis la nomination du nouveau gouvernement, pourtant, on dirait que les problèmes de logement qui touchent des millions de personnes, notamment en Ile de France , se sont évaporés.

Demandeurs de logement, nous sommes venus faire du bruit à Grand Paris Aménagement : une structure co-gérée par l'Etat et les collectivités territoriales qui a finalement autant de pouvoir concret qu'un Ministère.

On pouvait éventuellement se passer d'un Ministère du Logement, si la question était prise en compte immédiatement par Richard Ferrand, dans le cadre de ses larges compétences. Mais à part l'annonce de « rencontres » avec les « acteurs du logement », il ne se passe rien même sur le site du Ministère de la Cohésion du Territoire. La seule actualité sur le sujet est malheureusement très négative : le mouvement d'Emmanuel Macron, LREM a choisi de maintenir une candidate qui louait du taudis à prix d'or en Seine Saint Denis.

Nous ne nous y trompons pas : la manière de faire du nouveau gouvernement ne sort pas de nulle part. Petit à petit, la question du logement est devenue totalement annexe dans le discours des politiques, qui l'ont oubliéeou réduite à presque rien pendant la campagne présidentielle.
Aujourd'hui, en Ile de France, où le Grand Paris se met en place, on parle «  aménagement du territoire », « ville intelligente », « mobilité » , Jeux Olympiques 2024, nouveaux éco-quartiers, logement intermédiaire, immobilier privé.....mais très peu du mal-logement endémique qui ravage notre région.

La loi SRU a vingt ans, elle n'est pas respectée. La Loi DALO a dix ans : mais 55 000 foyers reconnus prioritaires ne sont pas relogés, tandis que la Cour des Comptes dénonce le dévoiement de la loi, et la manière dont elle est devenue une machine à nier le mal-logement, en excluant de plus en plus de mal-logés. Il y a dix ans , on nous présentait cette loi comme le moyen de reloger plus vite les « dossiers les plus urgents », aujourd'hui elle sert surtout à décourager : le nombre de recours est en baisse.

mercredi 24 mai 2017

Pour un Grand Paris de l'Habitat...Social.



 Une soixantaine de demandeurs de logement a occupé ce mercredi 25 mai les locaux de Grand Paris Habitat, pour exiger enfin une vraie politique de logement social pour les cinq années à venir.

Le précédent quinquennat aura été celui du logement intermédiaire. Pour l'Etat, pour les collectivités et surtout pour les bailleurs sociaux, autorisés par la loi Macron a créer des filiales spécialement dédiées à ces logements aux loyers à peine inférieurs de 15 % à ceux du marché. En 2014, le président François Hollande lançait un plan de financement inédit , dont le pilotage a été confié au premier bailleur public français, la SNI ( Société Nationale Immobilière) : 35 000logements intermédiaires sont ainsi programmés d'ici 2020 dans les zones tendues.

Le précédent quinquennat n'aura pas été celui du logement social : malgré des chiffres de construction en hausse annoncés triomphalement les deux dernières années, la production réelle de logement très social n'aura pas dépassé celle du précédent quinquennat.

Le mal-logement est donc devenu le quotidien très durable de millions de gens. Les files d'attente pour un logement social n'ont cessé de s'allonger, et beaucoup de foyers des catégories populaires ne sont même plus comptées dans les dossiers en attente, tout simplement parce qu'ils ne demandent plus de HLM , persuadés de ne jamais en obtenir.

La sous-location contrainte, l'errance urbaine perpétuelle, la cohabitation forcée de plusieurs générations dans un logement trop petit, l'endettement pour devenir propriétaire ou même pouvoir continuer à payer son loyer sont devenues une norme et ne font plus scandale.

Pire, le fatalisme s'est installé : tout le monde , à commencer par les bailleurs ne fait que répéter aux premiers concernés que le droit au logement de tous ne peut tous simplement pas être respecté dans un des pays les plus riches du monde.

Avec ou sans Ministère du Logement, la situation restera la même tant que la volonté politique et économique déployée pour d'autres types de logements ne sera pas mise en œuvre pour le logement social, seul à même de répondre aux besoins des revenus modestes.

Et c'est encore plus vrai dans le cadre du Grand Paris : la SNI a unifié ses sociétés EFIDIS et OSICA dans une seule structure, Grand Paris Habitat , censée répondre plus efficacement aux besoins en logement social . Grand Paris Habitat a ensuite absorbé de nombreux organismes HLM municipaux franciliens.

Grand Paris Habitat est donc un des leviers centraux de la politique du logement dans notre région : ses choix définiront l'avenir des franciliens mal-logés dans les prochaines années, non seulement en nombre de logements construits , mais aussi en matière de localisation de ces logements sociaux : aujourd'hui, on construit peu de logement très social à Paris et en petite couronne, et dans la « ville intelligente » promise par les décideurs, des centaines de milliers de personnes des catégories populaires n'ont le choix qu'entre le mal-logement dans les zones riches en emploi et en équipements collectif ou un relogement dans des zones délaissées des pouvoirs publics.

Parce que le pouvoir de remédier au mal-logement se situe aujourd'hui au moins autant chez de grands opérateurs comme Grand Paris Habitat que dans les Ministères, nous sommes venus aujourd'hui manifester pour qu'enfin, ce quinquennat soit celui du respect de nos droits fondamentaux.

mercredi 10 mai 2017

Action Logement: non à la vente de 90 000 logements sociaux


 
Une manifestation réunissant mal-logés et locataires a eu lieu aujourd'hui devant le siège parisien d'Action Logement. 

 Au début de l'année 2017, dans le journal Les Echos, Action Logement a en effet annoncé deux mesures qui vont bouleverser la nature de son patrimoine et pas au profit des salariés , des précaires ou des retraités modestes. Des fonds vont être débloqués pour acheter 15 000 logements intermédiaires, inaccessibles aux catégories populaires.
Dans le même temps, Action Logement compte vendre 90 000 logements sociaux. Les promesses d'en racheter d'autres à la place n'engagent que ceux qui les croient : en attendant, dans un contexte où des millions de personnes attendent un logement , ce sont des dizaines de milliers d'appartements qui vont sortir définitivement du parc social.

La vente des logements sociaux avait été rendue possible de manière massive sous la mandature de Nicolas Sarkozy : mais peu de bailleurs s'étaient finalement lancés dans la privatisation de logements construits avec l'argent public et avec l'argent des salariés, découragés par les résistances et la colère de locataires, de demandeurs de logements et même d'élus.

L'opération massive d'Action Logement va évidemment encourager d'autres bailleurs sociaux, privés ou publics à faire de même, et banaliser la pratique. On comprend mieux, maintenant, à quel objectif répondait la réorganisation du 1 % Logement, censé rendre le service plus efficace pour les usagers : à la finale, l'organisme se comporte comme une agence immobilière géante dont les nouveaux « clients » ne seront certes pas les salariés modestes.

Dans le même temps, pour obtenir le respect des accords pourtant contre-signés maintes fois avec le gouvernement et les collectivités locales pour le relogement de dizaines de milliers de mal-logés en attente, il faut se battre : les attributions de logement se font au compte-gouttes, toujours retardées sous prétexte de « dossiers difficiles » ou d « exigences trop grandes » des demandeurs : Action Logement a des appartements dans la capitale mais tente systématiquement d'orienter d'abord les personnes vers des localités éloignées de leur vie socio-professionnelle, dans la partie la moins valorisée de son parc.

A Action Logement comme ailleurs, les cinq années qui viennent vont être décisives pour le logement social : sous prétexte de « diversification des activités », et d' « élargissement de l'offre », les bailleurs sociaux publics et privés ne cessent de privilégier plus cher et plus précaire que le logement social. Logements intermédiaire, usufruit locatif social, accession à la propriété, maisons relais et foyers en tous genre , les bailleurs sociaux font « de tout », mais de moins en moins de vrais logements sociaux avec un loyer accessible. 

Nous ne laisserons brader ni nos droits ni nos logements ! 

mercredi 26 avril 2017

Ian Brossat ferme la porte aux mal-logés, nous ouvrons celle du PCF


 
Ce 26 avril , notre mobilisation a commencé comme beaucoup d'autres: par une occupation de la direction territoriale de Paris Habitat, place du Colonel Fabien. Nous étions là notamment pour les locataires mal-logés....du premier bailleur social de Ville de Paris, mais aussi parce que les attributions de logements sociaux à Paris et chez Paris Habitat sont en baisse. 

Comme la semaine dernière, lors de l'inauguration d'un " hôtel à insectes", comme les précédentes lorsque nous manifestions, Ian Brossat , adjoint au Logement PCF  de la Ville avait choisi de traiter notre mobilisation par le mépris. L'ordre avait été donné de fermer la direction et de ne même pas entrer en contact avec nous. 

Seulement, parce que les mal-logés ont l'habitude de la lutte, ils ne laissent pas les élus prendre de mauvaises habitudes. Après trois ans de mandat, Ian Brossat se résigne manifestement à la baisse du nombre de logements attribués, à l'insuffisance drastique de logements très sociaux, à la sur-occupation et à l'insalubrité au sein même du logement social. Pas nous. Nous avons donc traversé la rue, pour aller exposer nos problèmes à la direction du PCF, le parti de Ian Brossat, dont le siège était en face de la direction de Paris Habitat. 

Après avoir manifesté dans la célèbre bulle blanche où se tenait une exposition, nous avons été reçus par le directeur de cabinet de Pierre Laurent. En dix minutes, Ian Brossat nous proposait un rendez-vous pour demain matin. Mais nous avons exigé une vraie rencontre, préparée et en présence de la direction générale de Paris Habitat. Nous l'avons obtenue très rapidement. 

A la différence de Ian Brossat, les militants et responsables présents nous ont reçus avec respect , s'abstenant de nous reprocher notre lutte. Nous avons donc mis fin de nous même à notre occupation. Non pas parce que nous croyons que nous aurons forcément le respect et la satisfaction de nos revendications, pourtant minimales, lors d'un rendez-vous avec Ian Brossat. Mais parce que nous connaissons notre force de mal-logés solidaires, et que nous l'avons montrée une nouvelle fois aujourd'hui. 

Quiconque sème le mépris, récolte la colère. 
Un logement pour tous maintenant, c'est possible et c'est urgent.

mercredi 19 avril 2017

Paris Habitat : des hôtels pour les insectes, l'insalubrité pour les locataires

Les attributions chez Paris Habitat en baisse constante
Dans le 19ème arrondissement,  Paris Habitat, premier bailleur social de la Ville de Paris inaugurait aujourd'hui....un hôtel à insectes. 

Dans l'arrondissement, le parc social est saturé et souvent en mauvais état: les mal-logés attendent en vain un relogement, et les locataires en titre affrontent souvent la sur-occupation mais aussi l'insalubrité. Les demandes de mutation pour un logement décent et adapté en termes de superficie restent lettre morte. 

Comme en de nombreuses autres occasions, nous nous sommes donc invités à cette opération de communication qui pourrait passer pour une provocation: comment la direction d'un  bailleur social, qui ne remplit pas ses vocations premières ose-t-elle faire autant de bruit et des communiqués de presse sur des opérations aussi dérisoires qu'un hôtel à insectes , qu'on trouve à quelques dizaines d'euros dans n'importe quelle jardinerie ? Comment dans un arrondissement où des logements sont dans un état lamentable, où Paris Habitat se montre incapable de changer la vie de milliers de mal-logés, oser parler de "transformation de l'environnement" pour une boîte en bois ? 

Il faut croire que pour Anne Hidalgo et la direction de son principal bailleur, les Parisiens modestes et mal logés valent moins que les fourmis....D'ailleurs, c'est ce que les chiffres réels de la politique du logement dévoilent: 5919 attributions en 2015 contre 6278 en 2013 chez Paris Habitat. Un chiffre qui n'est pas compensé dans le bilan global des attributions , qui ont baissé de plusieurs milliers en quelques années

Le chiffre des mutations est lui aussi très médiocre: après l'élection d'Anne Hidalgo, son adjoint au Logement a énormément communiqué sur les dizaines de milliers de locataires du logement social qui sont légitimes à demander un changement de logement: parce que celui-ci est trop petit, insalubre, mais aussi parce que la famille s'est agrandie, ou que le logement n'est pas adapté à l'âge où à la situation de handicap. 

Dans les faits, le nombre de mutations n'a augmenté que d'une centaine en trois ans, dans toute la capitale, comme Paris Habitat l'avoue dans son propre rapport d'activité. Même les cas les plus caricaturaux sont méprisés: depuis des années, une de nos membres vit dans un faux quatre pièces où les murs sont noircis de moisissures dans la chambre des enfants, l'eau ruisselant des murs en permanence.  La direction de Paris Habitat nous a répondu que "ce n'était tout de même pas une cascade". 

Derrière la préoccupation affichée pour le mal-logement, la politique menée est donc catastrophique pour les Parisiens modestes. 

Nous serons là pour le rappeler , à chaque inauguration spectacle , dans cette période où nos élus parisiens sont nombreux à se présenter aux législatives en arguant d'un bilan extraordinaire en matière de logement social. Nous sommes le bilan, des Parisiens privés de leur droit fondamental au logement décent, et nous le ferons savoir.

jeudi 6 avril 2017

Les mal-logés au QG de Mélenchon sur France Culture ce matin

Mercredi 5 avril, pendant plus de quatre heures, 70 mal-logés ont investi le QG de campagne de Jean-Luc Mélenchon et de la #FranceInsoumise.
Pourquoi une telle action ?
Notre réponse au micro d'une journaliste de France Culture, diffusée dans la matinale ce jeudi 6 avril 




mercredi 5 avril 2017

Logement: la #FranceInsoumise désavoue Ian Brossat, candidat Front de Gauche

Dans la capitale, sur les questions de logement, les positions des élus locaux prennent forcément une dimension nationale: en effet, dans la majorité municipale, cohabitent désormais des élus qui se présentent comme des soutiens d'Emmanuel Macron, Benoît Hamon, et Jean Luc Mélenchon. 

Après les QG d'Emmanuel Macron, et celui de Benoît Hamon, nous avons donc rendu une visite collective au siège de  campagne de Jean Luc Mélenchon. 

L'adjoint au Logement, depuis trois ans, Ian Brossat, également candidat à la députation dans le 18ème et le 19ème arrondissement ne cesse  de se réclamer de la campagne de la #FranceInsoumise, mouvement qui affirme que le mal-logement est un problème prioritaire.

Mais à Paris, comme ailleurs, le nombre de demandes de logement social en attente a explosé, passant de 140 000 il y a cinq ans, à 219 000 aujourd'hui.
A Paris comme ailleurs, la Ville annonce de nouveaux dispositifs réservés aux « classes moyennes » : l'Usufruit Locatif Social, Multiloc, et maintenant un nouveau programme d'accession à la propriété. Mais très peu de choses pour les classes populaires : d'ailleurs, nous en sommes à un point où les attributions de logements sociaux baissent chaque année, alors qu'elles étaient déjà une goutte d'eau par rapport à la demande . Il y en avait 13000 par an en 2011, nous sommes passés à un peu plus de 10 000.Malheureusement, le logement dit « très social », ne représente toujours qu'un tiers des nouvelles productions , alors que 70 % des demandeurs ne peuvent pas accéder aux autres logements sociaux, dont les PLS , les plus chers des HLM.

A Paris comme ailleurs, le dialogue social avec les organisations de mal-logés se résume à une porte définitivement fermée : dans la situation qui est la nôtre, nous n'avons d'autre choix que la manifestation, et l'action revendicative. Mais exactement comme n'importe quel autre politique, Ian Brossat ne le supporte pas et n'hésite pas à nous envoyer la police, allant jusqu'à nous interdire l'accès d'un Forum du Logement, qui est nous est destiné Nous nous battons parce que nous vivons en dessous du droit commun, Ian Brossat nous reproche de mettre nos vies en jeu dans nos combats. 
Pour toutes ces raisons, une nouvelle fois, nous nous saisissons de la campagne électorale pour mettre en balance les paroles et les actes: du côté de l'équipe de campagne de Mélenchon, et de ses porte paroles et représentants parisiens, la réponse a été claire, et mise par écrit: ni Alexis Corbière, ni Eric Coquerel , ni Danielle Obono ne soutiennent la politique du logement menée à Paris, et les deux nous ont affirmé vouloir relayer nos paroles de premiers concernés.

Nous jugerons sur pièces: en attendant, nous allons continuer à imposer la question du logement, dans cette campagne et après. Elle concerne des millions de gens dans ce pays, dans les grandes métropoles, comme en zone rurale. Et la politique menée dans la capitale, par les élus municipaux est en tout cas représentative de ce qui n'est pas fait: car la Ville est riche et prospère, et pourrait très bien résoudre les problèmes de centaines de milliers de Parisiens, puisque , sans hésiter, les élus parisiens engagent des milliards d'euros pour des Jeux Olympiques , libèrent du foncier pour toutes les grandes entreprises qui souhaitent s'installer dans la capitale, et que les bailleurs sociaux , qui ne nous relogent pas, ont des budgets importants pour construire des immeubles entiers réservés aux incubateurs de start up.

Un logement maintenant c'est possible et c'est urgent.

vendredi 31 mars 2017

Le #ForumLogement interdit aux mal-logés par Ian Brossat et Rémi Feraud



Quand Ian Brossat et Rémi Ferraud organisent un Forum du Logement, tout le monde est admis....sauf les mal-logés et les locataires qui ne résignent pas à rester privés de leurs droits fondamentaux Même pas trois ans de mandat, et l'équipe municipale en est réduite au ridicule, la police pour interdire l'accès d'évènements à destination des premiers concernés.Nous, nous refusons d'être réduits au silence et au mal-logement.

Le tract diffusé lors de la manifestation qui s'est tenue devant la mairie du 10ème arrondissement bouclée à double tour et protégée par les CRS pendant que le maire et Ian Brossat tenaient salon devant une salle clairsemée,


A PARIS , IL N'Y A PAS DE BONNES RAISONS AU MAL-LOGEMENT

Mal-logés, nous venons manifester à l'occasion du Forum Logement de la mairie du 10ème arrondissement en présence de l'adjoint au Logement, Ian Brossat et du maire du 10ème arrondissement Rémi Ferraud.

Nous ne serons pas les seuls demandeurs de logement présents. Certains seront venus avec l'espoir de rencontrer leurs élus, pouvoir parler de leur situation inacceptable, décrocher un rendez-vous,. Nous avons fait tout cela, avant de nous regrouper et de faire du bruit. Nous avons espéré, parce qu'il nous semblait évident que décrire nos difficultés et l'enfer du mal-logement déclencherait forcément une réaction.

Mais nous sommes 219 000 foyers à avoir déposé un dossier de demande de logement social, et ce nombre augmente chaque année. Il y a seulement 10 000 attributions globales de logement par an, et le chiffre est en baisse. En comptant les logements PLS inaccessibles à 70 % d'entre nous . Pour un F4, le délai considéré comme « normal » est de 10 ans. Ces chiffres là, nos élus les reconnaissent. Ils en mettent d'autre en balance .

Ce soir Ian Brossat expliquera que c'est pire à Neuilly où à Aix en Provence, et que c'est donc très injuste de manifester à Paris. Nous sommes désolés d'être Parisiens et mal-logés.
Ce soir, le maire du 10ème arrondissement parlera de la « nécessité de la mixité sociale » : il ne peut pas faire plus de logements très sociaux dans le 10ème arrondissement, parce que sinon, nous serons trop de pauvres bien logés. Il nous faudrait donc nous résigner à rester des pauvres mal-logés.

mercredi 22 mars 2017

Paris 10ème: les attributions de logements sociaux baissent, les luttes augmentent




Notre collectif révélait il y a quelques semaines un chiffre très inquiétant sur la politique du logement à Paris: en dépit des communications éternellement triomphales d'Anne Hidalgo et de Ian Brossat, tout ne va pas de mieux en mieux dans la capitale , en tout cas pour celles et ceux des Parisiens qui ne peuvent se loger que dans le parc social. En effet le nombre d'attributions de logements sociaux , déjà très insuffisant au regard de la demande, a beaucoup baissé depuis quelques années passant de 13 000 par an à 10 000 environ. 

La cause ? Une rotation très faible dans le parc ancien, que les élus reconnaissent sans vouloir en reconnaître la cause. Le parc neuf de logements sociaux est beaucoup plus cher et comporte beaucoup trop de PLS, aux loyers inaccessibles pour les classes populaires. Les PLS même neufs ne trouvent pas facilement preneur, raison pour laquelle la Mairie a du mettre en place Loc'Annonces , qui est surtout une publicité destinée à un public qui n'a pas besoin d'un logement social au point d'en faire la demande, sans qu'on le lui propose. 

Comme le parc neuf est trop cher pour les demandeurs modestes, certains logements sont laissés vides des mois et des mois, les bailleurs refusant les candidatures proposées pour "insuffisance de revenus". Et si les demandeurs les plus aisés accèdent assez vite à un HLM correspondant à leurs ressources, l'immense majorité voit son dossier stagner dans le stock de la demande: 219 000 dossiers sont désormais en attente à Paris, contre 140 000, il y a encore quelques années. 

Face à cette situation inacceptable, les élus ferment leur porte aux mal-logés en lutte: ainsi, même  une demande faite par les équipes de Benoît Hamon après notre visite collective à son QG, notre collectif trouve porte close à ses revendications dans le 10ème arrondissement de Paris comme avec l'ensemble des élus. 

Ceux-ci peuvent toujours espérer que nos luttes disparaissent . Mais nous combattons pour un droit fondamental, vital. Et nous ne pouvons tout simplement pas y renoncer, la lutte continuera donc. D'autant que nous savons que nos élus ont les moyens de changer les choses: ainsi dans le 10ème arrondissement, Rémi Ferraud et Ian Brossat se vantaient encore au mois de juin dernier d'avoir acquis et reconventionné 47 logements en PLS, quai de Jemmapes . Pourquoi ce qui est possible et se fait partout  à Paris , ne le serait-il pas pour les PLA-I, logements très sociaux et seuls accessibles à 70% des demandeurs. 

lundi 20 mars 2017

Logement: à Benoît Hamon et Anne Hidalgo, nous demandons du concret maintenant.




Face au besoin de relogements, promettre pour le futur ne suffit pas. 

Le 15 mars dernier, nous avons investi le QG de Benoît Hamon, candidat à la présidentielle soutenu par Anne Hidalgo. Le programme du candidat prévoit 150 000 logements sociaux dont 130 000 logements très sociaux par an. Mais dans une élection nationale, lorsque des élus locaux soutiennent un candidat, on ne peut pas faire comme si le pouvoir de faire n'existait pas déjà sur le terrain. 

C'est d'autant plus vrai en matière de logement social, où les possibilités légales offertes aux grandes mairies sont très importantes.  

C'est encore plus vrai à Paris, une capitale qui a les moyens financiers pour faire la politique du logement social que ses élus souhaitent: or à Paris, depuis des années, c'est à peine un tiers des nouveaux "logements" qui sont du logement très social. Nous mettons volontairement le terme "logements " entre guillemets car , en réalité de nombreux hébergements d'urgence sont comptabilisés comme des logements , au titre de la loi SRU. 

Les politiques concrètes menées dans la capitale par une élue qui est un des principaux soutiens de Benoît Hamon sont donc bien différentes de ce que promet le candidat. 

Demandeurs de logement, nous sommes légitimes à exiger par la lutte, la cohérence entre les engagements pour le futur et la politique menée dans le présent. Celle-ci peut changer de manière très concrète, dès aujourd'hui et changer la vie de centaines de milliers de personnes. 

C'est ce que nous rappellerons ce mardi à Daniel Goldberg, parlementaire et responsable de la politique du Logement dans l'équipe de Benoît Hamon. Et éventuellement aux représentants d'Anne Hidalgo dont la présence ne nous a pas été confirmée à ce jour, illustration de la difficulté à avoir un quelconque dialogue social dans la capitale, sur la question du logement, dès lors qu'on ose protester contre le déni de droits permanent qui est notre quotidien de mal-logés. 

 

Sans toucher au niveau de loyers des logements déjà construits ou produits, on condamne les mal-logés à voir leur situation perdurer des années.


Exemple 1 : à Paris, les logements « reconventionnés », c'est à dire les logements appartenant à des bailleurs sociaux mais jusqu'ici en loyers libres, sont quasi systématiquement reconventionnés en PLS et pas en PLA-I. Cette mécanique peut très bien être changée immédiatement, et cela concernerait des milliers de logement même sur les trois dernières années .

Exemple 2 : Ian Brossat, adjoint au Logement, reconnaît lui même que la baisse du nombre des attributions provient notamment du fait que les logements disponibles arrivant en commission ont des niveaux de loyers trop élevés pour la majorité des personnes réellement demandeuses d'un logement social. Or la loi ALUR a ouvert la possibilité de la « remise sur quittances » ; en clair, un logement de niveau de loyer PLS peut voir celui-ci adapté temporairement à des revenus beaucoup moins élevés, jusqu'à ce que le foyer voit sa situation sociale s'améliorer et ses revenus augmenter. Certains bailleurs sociaux pratiquent déjà cette possibilité , mais pas ceux de la Ville de Paris. 

Conditionner l'activité hors logement très social des bailleurs sociaux au respect préalable de leur vocation première.

Exemple : dans la capitale, les bailleurs sociaux municipaux font désormais un peu de tout. Du logement intermédiaire, la gestion d'un parc de loyers libres qui donne lieu régulièrement à des scandales sur leurs occupants fortunés ( et pour cause vu le niveau des loyers), de l'Usufruit Locatif Social qui permet de faire du logement social seulement temporaire en PLS . Mais aussi de la construction et de la gestion de bâtiments high tech pour les entreprises ( pépinières, incubateurs, espaces commerciaux ). La seule RIVP a ouvert une dizaine d'immeubles destinés aux incubateurs d'entreprises à des prix défiant toute concurrence ( 179 euros le m2 par an, comme le bailleur le dit sur son site).
Le développement économique de la capitale ne dérange personne. Que les bailleurs sociaux logent des foyers dont les revenus sont plus élevés que ceux des classes populaires n'est pas non plus choquant en soi.
Mais il n'est pas possible que la mission initiale d'un service public ne soit pas remplie, que les responsables de ce service public déclarent ne pas être en mesure de faire plus pour le remplir, mais se livrent dans le même temps à d'autres activités.
Ce mouvement ne peut que s'accélérer car la première loi Macron a notamment permis la création de filiales de logement intermédiaire autonome pour les bailleurs sociaux.

mercredi 15 mars 2017

Au QG de Benoit Hamon , faire battre le coeur de nos droits




Soixante dix demandeurs de logement ont passé l'après-midi au QG de Benoît Hamon. 
Après notre visite collective au siège du mouvement d'Emmanuel Macron, nous avions aujourd'hui choisi d'interpeller le candidat soutenu par la Maire de Paris Anne Hidalgo. 

Sur place nous avons pu expliquer au bras droit de Benoît Hamon, Ali Rabeh qu'il ne suffisait pas que le candidat fasse des promesses aux mal-logés: encore faut-il que les engagements correspondent à des actes sur le terrain, et notamment dans la capitale. 

Ali Rabeh nous a en effet annoncé que Benoît Hamon comptait s'il était élu construire 150 000 logements sociaux, dont 80% de logements très sociaux, les seuls accessibles à 70% des demandeurs de logement parisiens, par exemple. Mais dans le même temps Anne Hidalgo s'accroche à la politique désastreuse des trois tiers: sur les nouveaux logements  à Paris, moins de 30% sont des logements très sociaux. Ceci explique notamment la baisse des attributions de logements au fil des années: il n'y en avait déjà que 13 000 par an en 2011, il n'y en a plus que 10 000 en 2016. 

Le décalage entre les discours et les actes ne peut plus durer: le mal-logement est un fléau qui touche des millions de personnes dans le pays. On ne peut pas toujours faire des annonces pour le futur et les laisser dans des situations horribles des années, au mépris de leurs droits. 

Mardi soir, nous rencontrerons Daniel Goldberg, chargé des questions de logement dans l'équipe de Benoît Hamon. Celle-ci nous a avoué ne pas être sûre de pouvoir convaincre l'équipe d'Anne Hidalgo d'être présente à ce rendez-vous...Un signe parmi d'autres du déni de droits permanent dans lequel les mal-logés sont tenus à Paris, que cette volonté d'éviter le dialogue social avec leurs organisations. 

Nous restons quant à nous déterminés à imposer la question du mal-logement, dans la campagne, et après les élections, comme les luttes de mal-logés le font depuis des années. Nous savons que nous n'avons pas le choix: compter sur nous-mêmes et nos combats ou ne compter pour personne.

mercredi 8 mars 2017

Myriam El Khomri confrontée à la colère des mal-logés



"Nous sommes exceptionnelles parce que....".

C'était le thème de la conférence organisée par Espoir du 18, à l'espace Nathalie Sarraute, sur la ZAC Pajol, pour le 8 mars, journée internationale des droits des femmes.
Parmi les intervenantes, une Ministre et candidate à la députation dans le quartier, Mme El Khomri, et l'adjointe à la Sécurité et à la Prévention de la Ville de Paris , Mme Brossel.

Soixante mal-logées et mal-logés du quartier les attendaient. Les deux élues n'ont pas souhaité entrer en notre présence. Pourtant le mal-logement n'a rien d'exceptionnel dans le 18ème arrondissement et plus globalement dans tout Paris. Et il impacte tous les droits, et beaucoup ceux des femmes.

Devant notre détermination, Mme EL Khomri a finalement envoyé son directeur de cabinet à qui nous avons rappelé notre revendication: un logement, parce que c'est le minimum. Nous n'acceptons pas que le nombre d'attributions de logements sociaux baisse dans la capitale: il est passé de 13 000 à 10 000 appartements en 3 ans.

Les opérations de communication de nos élus qui prétendent faire le maximum nous invisibilisent : par nos mobilisations, nous continuerons à montrer le 8 mars et tous les autres jours que la seule manière d'en finir avec les luttes des mal-logés, c'est de respecter leurs droits. 
 

mercredi 22 février 2017

A Paris le nombre de logements sociaux attribués est en baisse.


70 demandeurs de logement se sont invités à la visite par Anne Hidalgo du supermarché participatif La Louve, dans le 18ème arrondissement. 
La mairie communique sur les bons chiffres du logement social à Paris, les mal-logés sont bien obligés de prendre en compte et d'informer sur  les mauvais, notamment celui des attributions qui baisse d'un quart en 2 ans.

En 2013, 13 000 logements sociaux* avaient été attribués. Il n'y en a eu que 10637* en 2015. Cette comparaison chiffrée, ne figure pas dans les bilans des dossiers de presse d'Anne Hidalgo mais explique pourtant la mobilisation des mal-logés.

Nous sommes 219 000* foyers dans les files d'attente du logement social parisien. Et au fil des années le nombre d'attributions baisse.
Comment expliquer cette contradiction entre l'augmentation du nombre de logements sociaux financés, mise en avant par la Mairie, et la baisse du nombre de demandeurs relogés en bout de chaîne ? En tout cas, Anne Hidalgo doit cette explication aux Parisiens demandeurs de logement.

Ce que nous savons, pour le vivre, c'est que les attributions sur des propositions faites par la Préfecture sont , pour beaucoup , refusées par les bailleurs sociaux parisiens, pour cause d'insuffisance de revenus par rapport au loyer. Ce n'est pas acceptable : si les nouveaux logements sociaux sont trop chers pour être occupés par ceux qui en ont un besoin vital, alors l'augmentation de la production ne change pas grand chose pour les catégories populaires. Ian Brossat a d'ailleurs reconnu ce problème des refus d'attribution, mais ce sont bien les élus qui dirigent les bailleurs sociaux parisiens . Que fait Anne Hidalgo ? 

mercredi 8 février 2017

#EnMarche mais vers où? Le mal-logement s'invite chez Macron



Ce 8 février visite surprise de 70 mal-logés au QG d'Emmanuel Macron. 
Nous nous sommes déplacés à son QG, parce que malheureusement, le mal-logement n'est pas un « thème de campagne ». Une nouvelle fois, nous serions donc des millions à être invisibilisés si nous ne nous invitons pas dans les débats qui engagent nos vies pour cinq ans. 

Or celui qui prétend faire de la politique autrement ne se montre pas très différent des autres; l'armée de conseillers que nous avons d'ailleurs croisés les uns après les autres aujourd'hui,  a accouché d'une souris en qui concerne le programme : quelques mesurettes dont certaines aggraveront la situation des  millions de mal-logés.

 Les pistes abordées par le candidat dans la seule occasion où il a parlé logement, un débat organisé par un réseaux d'agences immobilières sont celles qui font les politiques du logement depuis des années et qui ne prennent jamais en compte la situation des catégories modestes de la population. 


Emmanuel Macron a d'une part indiqué « vouloir changer le système des attributions de logements sociaux ». C'est très exactement ce qu'ont fait tous ses prédécesseurs : mettre en place divers systèmes de « priorisation » et de critères de plus en plus complexes et de plus en plus restrictifs. Transférer le contingent préfectoral aux mairies, puis le transférer de nouveau aux Préfectures, puis décider qu'on en laissera une partie aux intercommunalités.

Evidemment, ça n'a jamais fait baisser le nombre de demandeurs de logement. On peut se triturer le cerveau pendant des années, on n'attribuera jamais que ce qui existe. Or, aujourd'hui, 70 % des demandeurs de logement ont besoin d'un logement très social, c'est à dire d'un logement avec un loyer correspondant aux revenus modestes. Or, même dans les communes les mieux loties, la production de logements très sociaux constitue à peine le tiers de la production.

Et c'est là tout le problème de la deuxième proposition d'Emmanuel Macron : faire plus de logement « intermédiaire », c'est à dire du logement en moyenne 15 % moins cher que les loyers du privé, financé avec de l'argent public. Or, privilégier le logement intermédiaire, c'est aussi ce qui est fait depuis des années  . Sur le dernier quinquennat, 3,5 milliards d'euros ont été dégagés pour en produire. Depuis la loi Macron, les bailleurs sociaux , qui ne répondent pas à la demande de logement social, peuvent créer des filières spécifiques pour le logement intermédiaire.

La dernière proposition du candidat est la plus dangereuse : créer un bail précaire d'un an pour les précaires....Bref ajouter la précarité à la précarité, au lieu de créer les conditions de la stabilité du droit au logement pour ceux qui souffrent déjà de la précarité de l'emploi.

Pour un candidat qui entend faire du neuf, ça sent le réchauffé.
Pourtant, la solution est extrêmement simple . Investir massivement dans du logement social à loyers adaptés aux revenus modestes.

Et s'il y a un candidat qui a montré qu'il n'avait pas peur d'investir massivement, c'est bien Emmanuel Macron, dont le gouvernement a consenti des dizaines de milliards d'euros aux entreprises pour relancer la croissance.

Pourquoi ne pas faire la même chose pour le logement social ? Et résoudre ainsi les problèmes terribles qui empoisonnent la vie de millions d'entre nous ?

C'est la question que nous sommes venus poser à Emmanuel Macron, qui fait la course en tête.
Nous nous sommes déplacés à son QG, parce que malheureusement, le mal-logement n'est pas un « thème de campagne ». Une nouvelle fois, nous serions donc des millions à être invisibilisés si nous ne nous invitons pas dans les débats qui engagent nos vies pour cinq ans.

samedi 4 février 2017

#Paris18: Ian Brossat interpellé par les Parisiens mal-logés à son premier meeting.


 

 Ce 4 février  l'adjoint au Logement de la Ville de Paris entamait sa campagne  électorale pour un siège de député. Les mal-logés parisiens continuent la leur pour l'accès à leurs droits fondamentaux, et ont accueilli Ian Brossat avec leur colère  à l'entrée de son meeting.


Ian Brossat écoutera-t-il nos revendications ? En tout cas, aujourd'hui il a dû les  entendre.
 En 2009, il y avait 115 800 demandeurs de logement à Paris. En 2016, il y en a 219 000 dont 128 600 Parisiens. On peut tourner les chiffres dans tous les sens, mais une réalité est certaine : le nombre des seuls demandeurs justifiant d'une adresse sur Paris excède aujourd'hui celui de l'ensemble des demandeurs il y a huit ans. Globalement le nombre de foyers en attente d'un logement social a doublé.

Ian Brossat, adjoint au Logement depuis deux ans, ne cite jamais ces chiffres là. Il supporte très mal que les organisations de mal-logés en fassent état. Il est pourtant normal que les premiers concernés, en attente d'un logement social prennent en compte leur nombre en croissance constante pour apprécier l'efficacité de la politique du logement social à Paris.

Comment pourrions nous nous contenter des chiffres de la « production » de nouveaux logements sociaux toujours en hausse , selon la mairie ? Nous savons par expérience ce que recouvre cette réalité : nous sommes 70 % des demandeurs à avoir besoin d'un PLA-I, un logement très social. Entre 2001 et 2015, un quart seulement des nouveaux logements étaient des PLA-I. Moins de 10 % des demandeurs peuvent accéder aux PLS, les plus chers des logements sociaux , ceux-ci ont constitué un tiers de la production dans la même période.

Pour accéder au droit fondamental qu'est l'accès à un logement décent, nous avons besoin que cette politique change, nous avons besoin de vrais logements sociaux en masse. En tout, Paris ne compte que 20 % de logements sociaux, PLS inclus. Cette exigence n'a donc rien d'impossible, rien d'irréalisable. Elle permettrait aux Franciliens modestes qui vivent à Paris, ou viennent y travailler avec des temps de transport insupportables au quotidien de vivre normalement.

mercredi 25 janvier 2017

Immobilière 3F: un parc pas si social


Manifestation devant les 3F, bailleur d'Action... par HLMPOURTOUS
 
Les promesses n'engagent que ceux qui les font respecter : Il y a un an, Action Logement avait annoncé relogement de 11 500 foyers sur 3 ans,

Depuis 2009, Action Logement est censé consacrer chaque année 25 % de son contingent de logements sociaux aux ménages en difficulté et aux prioritaires DALO. Depuis 2009 , Action Logement ne respecte pas cette obligation légale. Pourtant les organismes de collecte de l'argent de la participation patronale à l'effort de logement ont les moyens de le faire, notamment parce qu'ils contrôlent de très gros bailleurs sociaux comme les 3F.

L'an dernier , les dirigeants d'Action Logement ont annoncé, comme si c'était tout à fait extraordinaire, qu'ils allaient désormais respecter la loi.

Seulement, dans le même temps, le nombre de demandeurs de logement social ne faiblit pas. Les délais moyens d'attente continuent à être extrêmement élevés, et même le label DALO, de plus en plus difficile à obtenir ne résout rien pour les dizaines de milliers de labellisés en attente. 

Alors que se passe-t-il ? C'est assez simple: aujourd'hui, les loyers des nouveaux logements sociaux sont majoritairement trop chers pour les catégories modestes de la population. Les 3F par exemple, ne construisent qu'un quart de PLA-I , les seuls loyers accessibles à 75% des demandeurs de logement francilien.  Chez les 3F, 40% des attributions dépendent d'Action Logement, mais les loyers y sont chers: le groupe possède deux fois plus de logements PLS et PLI que de logements très sociaux.

mercredi 18 janvier 2017

Ian Brossat annule une inauguration pour ne pas voir les Parisiens mal-logés

Ian Brossat assume tellement peu sa politique vis à vis des Parisiens demandeurs de logement, qu'il a préféré annuler sa présence au premier anniversaire du programme "Eco-renovons " Paris, parce que les mal-logés étaient là.
Visiblement embarrassés, François Dagnaud, maire du 19ème arrondissement, et Celia Blauel ont du affronter seuls  nos revendications.




Un « anniversaire », un objectif « 1000 immeubles » , et une visite de chantier pour faire concret, voilà comment on communique sur le peu qu'on fait pour cacher ce qu'on ne fait pas.

Les élus le reconnaissent eux-même, 90 % des immeubles parisiens ont été construits avant les réglementations actuelles. Parmi ces immeubles, le nombre de ceux dont une partie ou l'ensemble est insalubre est importante.

Combien exactement ? Difficile de le savoir, puisqu'aucun outil indépendant , disposant de toutes les informations ne recense les logements indécents et insalubres. La Mairie communique uniquement sur un nombre de 300 immeubles, sans préciser ses critères, et tout en reconnaissant qu'aujourd'hui l'insalubrité est majoritairement diffuse dans les immeubles.
Les élus ont arbitrairement décidé que l'insalubrité ne figurerait pas parmi les critères de cotation des demandes de logement. Les habitants des logements concernés sont donc invisibilisés.

mercredi 11 janvier 2017

Action Logement ne respecte toujours pas ses engagements.



Notre collectif a manifesté une nouvelle fois devant le siège d'Action Logement à Paris

En mars 2016, Action Logement et le gouvernement annonçaient officiellement la conclusion d'un accord qui devait enfin permettre à l'ex-1% Logement de respecter la loi. En effet c'est la loi du 25 mars 2009 qui impose à Action Logement la réservation d'un quart de ses attributions à la partie des demandeurs de logement prioritaires DALO. Action Logement ne l'a jamais vraiment respectée, ce qui a donné lieu à de nombreuses circulaires gouvernementales . La dernière en date avant la « convention » signée entre Emmanuelle Cosse et Action Logement datait...du 6 février 2015, et était censée résoudre le problème en fixant des objectifs locaux de relogement afin de pouvoir les contrôler.

Presque un an après l'accord conclu à grands renforts de publicité, le non-respect du droit par Action Logement a été pointé par le rapport de la mission Carlotti pour le Haut Comité pour le Logement des Personnes Défavorisées.

Action Logement devrait fournir 17500 logements par an au titre de la loi Molle pour les mal-logés. De fait, c'est seulement 8 à 9% de son contingent total de logements qui sont mis à disposition de la Préfecture depuis des années, soit seulement 6000 logements. Ces chiffres expliquent évidemment le taux très bas de relogement des prioritaires DALO: et pourtant il est extrêmement difficile d'obtenir le DALO, et de plus en plus, puisque les commissions de médiation, notamment dans les zones tendues appliquent la loi déjà dure de manière scandaleusement restrictive. 

mercredi 4 janvier 2017

Contre les grilles et les barrières, riverains solidaires et en colère

Nous étions une centaine aujourd'hui à la Direction de la Voirie et des Espaces Publics de la Ville de Paris. Riverains, mal-logés , en colère et solidaires nous avons manifesté toute l'après-midi contre les grilles anti-migrants installées sur nos trottoirs et nos rues. Nous restons déterminés à combattre ces pratiques honteuses et méprisables qui s'attaquent à tous les mal-logés, tous les Sans Domicile Fixe.
Personne ne doit dormir dehors dans une des villes les plus riches du monde.




Le communiqué de l'action: 

Riverains, mal-logés, en colère.
Contre les grilles et les barrières.

Habitants mal-logés des quartiers populaires de la capitale, c'est à la fois avec horreur et solidarité que nous avons vu se multiplier les campements dans nos rues. Et les expulsions, puis de nouveau les campements.

Nous avons vu des centaines, des milliers, de femmes, d'hommes, de jeunes , d'enfants survivre au milieu des rats, des ordures, sous une chaleur intolérable, puis dans le froid. Pour beaucoup, nous avons aidé comme nous avons pu , parce que, nous aussi nous sommes dans le mal-logement.

Aujourd'hui, non seulement, des grilles , des barrières et des vigiles se multiplient dans nos quartiers, mais il nous faut en plus supporter que nos élus viennent prétendre que c'est dans notre intérêt que l'on barricade le moindre espace de trottoir sur nos avenues. Le maire du 19ème a évoqué les « riverains » pour justifier les grilles sur l'avenue de Flandres et à Stalingrad.

Nous sommes riverains.

Riverains de misère de ceux à qui on voudrait nous opposer, mais dont nous connaissons trop bien la situation.