mercredi 22 février 2017

A Paris le nombre de logements sociaux attribués est en baisse.


70 demandeurs de logement se sont invités à la visite par Anne Hidalgo du supermarché participatif La Louve, dans le 18ème arrondissement. 
La mairie communique sur les bons chiffres du logement social à Paris, les mal-logés sont bien obligés de prendre en compte et d'informer sur  les mauvais, notamment celui des attributions qui baisse d'un quart en 2 ans.

En 2013, 13 000 logements sociaux* avaient été attribués. Il n'y en a eu que 10637* en 2015. Cette comparaison chiffrée, ne figure pas dans les bilans des dossiers de presse d'Anne Hidalgo mais explique pourtant la mobilisation des mal-logés.

Nous sommes 219 000* foyers dans les files d'attente du logement social parisien. Et au fil des années le nombre d'attributions baisse.
Comment expliquer cette contradiction entre l'augmentation du nombre de logements sociaux financés, mise en avant par la Mairie, et la baisse du nombre de demandeurs relogés en bout de chaîne ? En tout cas, Anne Hidalgo doit cette explication aux Parisiens demandeurs de logement.

Ce que nous savons, pour le vivre, c'est que les attributions sur des propositions faites par la Préfecture sont , pour beaucoup , refusées par les bailleurs sociaux parisiens, pour cause d'insuffisance de revenus par rapport au loyer. Ce n'est pas acceptable : si les nouveaux logements sociaux sont trop chers pour être occupés par ceux qui en ont un besoin vital, alors l'augmentation de la production ne change pas grand chose pour les catégories populaires. Ian Brossat a d'ailleurs reconnu ce problème des refus d'attribution, mais ce sont bien les élus qui dirigent les bailleurs sociaux parisiens . Que fait Anne Hidalgo ? 



Ce que nous savons pour le vivre, c'est que les systèmes de tri se font de plus en plus restrictifs et complexes.

Après des mois et des mois de lutte, les élus nous ont donné raison sur un point : l'insalubrité, absente dans les critères de cotation , y a été intégrée...mais elle ne « rapporte » qu'un point. Un exemple, parmi d'autres, des logiques absurdes qui peuvent régir un dispositif censé garantir l' « égalité ». La gestion de la pénurie n'est pas synonyme d'accès aux droits.

A l'hôtel de Ville ou à sa permanence, Ian Brossat s'étonne souvent devant les mal-logés, du peu de personnes bénéficiant des « accords collectifs » , censé garantir un relogement plus rapide à certaines situations. Nous ne nous étonnons pas : le nombre trop faible de logements disponibles pour ce dispositif amène les travailleurs sociaux déjà débordés à faire très peu de dossiers, sur les consignes des directions qui ne veulent pas d'une file d'attente trop longue.

Bref, là où l'accès au relogement devrait être facilité, pour les demandeurs les plus éloignés du marché privé, il est entravé.

C'est un logement social à deux vitesses qui se profile : accéder à un PLS, le plus cher des logements sociaux , correspondant à 10 % des demandeurs et à un tiers de la production se fait par Loc'Annonces, avec des chances très grandes de l'obtenir dans un délai raisonnable. Par contre, obtenir un logement social adapté aux revenus des catégories populaires demeure un parcours semé d'obstacles, et le délai moyen d'obtention reste toujours dix ans pour un F4. Normal, puisque les PLA-I représentent un quart de la production seulement alors que 70 % des demandeurs en ont besoin*.

Nous voulons une offre adaptée à la demande, pas une gestion de la pénurie, de plus en plus complexe, de plus en plus inhumaine. C'est Anne Hidalgo et sa majorité qui peuvent faire en sorte que ce soit possible.

Nous n'avons pas fini de l'exiger, lorsque Mme Hidalgo vient dans nos quartiers, une des seules occasions de la rencontrer.

Source Atelier Parisien d'Urbanisme.