vendredi 31 mars 2017

Le #ForumLogement interdit aux mal-logés par Ian Brossat et Rémi Feraud



Quand Ian Brossat et Rémi Ferraud organisent un Forum du Logement, tout le monde est admis....sauf les mal-logés et les locataires qui ne résignent pas à rester privés de leurs droits fondamentaux Même pas trois ans de mandat, et l'équipe municipale en est réduite au ridicule, la police pour interdire l'accès d'évènements à destination des premiers concernés.Nous, nous refusons d'être réduits au silence et au mal-logement.

Le tract diffusé lors de la manifestation qui s'est tenue devant la mairie du 10ème arrondissement bouclée à double tour et protégée par les CRS pendant que le maire et Ian Brossat tenaient salon devant une salle clairsemée,


A PARIS , IL N'Y A PAS DE BONNES RAISONS AU MAL-LOGEMENT

Mal-logés, nous venons manifester à l'occasion du Forum Logement de la mairie du 10ème arrondissement en présence de l'adjoint au Logement, Ian Brossat et du maire du 10ème arrondissement Rémi Ferraud.

Nous ne serons pas les seuls demandeurs de logement présents. Certains seront venus avec l'espoir de rencontrer leurs élus, pouvoir parler de leur situation inacceptable, décrocher un rendez-vous,. Nous avons fait tout cela, avant de nous regrouper et de faire du bruit. Nous avons espéré, parce qu'il nous semblait évident que décrire nos difficultés et l'enfer du mal-logement déclencherait forcément une réaction.

Mais nous sommes 219 000 foyers à avoir déposé un dossier de demande de logement social, et ce nombre augmente chaque année. Il y a seulement 10 000 attributions globales de logement par an, et le chiffre est en baisse. En comptant les logements PLS inaccessibles à 70 % d'entre nous . Pour un F4, le délai considéré comme « normal » est de 10 ans. Ces chiffres là, nos élus les reconnaissent. Ils en mettent d'autre en balance .

Ce soir Ian Brossat expliquera que c'est pire à Neuilly où à Aix en Provence, et que c'est donc très injuste de manifester à Paris. Nous sommes désolés d'être Parisiens et mal-logés.
Ce soir, le maire du 10ème arrondissement parlera de la « nécessité de la mixité sociale » : il ne peut pas faire plus de logements très sociaux dans le 10ème arrondissement, parce que sinon, nous serons trop de pauvres bien logés. Il nous faudrait donc nous résigner à rester des pauvres mal-logés.

mercredi 22 mars 2017

Paris 10ème: les attributions de logements sociaux baissent, les luttes augmentent




Notre collectif révélait il y a quelques semaines un chiffre très inquiétant sur la politique du logement à Paris: en dépit des communications éternellement triomphales d'Anne Hidalgo et de Ian Brossat, tout ne va pas de mieux en mieux dans la capitale , en tout cas pour celles et ceux des Parisiens qui ne peuvent se loger que dans le parc social. En effet le nombre d'attributions de logements sociaux , déjà très insuffisant au regard de la demande, a beaucoup baissé depuis quelques années passant de 13 000 par an à 10 000 environ. 

La cause ? Une rotation très faible dans le parc ancien, que les élus reconnaissent sans vouloir en reconnaître la cause. Le parc neuf de logements sociaux est beaucoup plus cher et comporte beaucoup trop de PLS, aux loyers inaccessibles pour les classes populaires. Les PLS même neufs ne trouvent pas facilement preneur, raison pour laquelle la Mairie a du mettre en place Loc'Annonces , qui est surtout une publicité destinée à un public qui n'a pas besoin d'un logement social au point d'en faire la demande, sans qu'on le lui propose. 

Comme le parc neuf est trop cher pour les demandeurs modestes, certains logements sont laissés vides des mois et des mois, les bailleurs refusant les candidatures proposées pour "insuffisance de revenus". Et si les demandeurs les plus aisés accèdent assez vite à un HLM correspondant à leurs ressources, l'immense majorité voit son dossier stagner dans le stock de la demande: 219 000 dossiers sont désormais en attente à Paris, contre 140 000, il y a encore quelques années. 

Face à cette situation inacceptable, les élus ferment leur porte aux mal-logés en lutte: ainsi, même  une demande faite par les équipes de Benoît Hamon après notre visite collective à son QG, notre collectif trouve porte close à ses revendications dans le 10ème arrondissement de Paris comme avec l'ensemble des élus. 

Ceux-ci peuvent toujours espérer que nos luttes disparaissent . Mais nous combattons pour un droit fondamental, vital. Et nous ne pouvons tout simplement pas y renoncer, la lutte continuera donc. D'autant que nous savons que nos élus ont les moyens de changer les choses: ainsi dans le 10ème arrondissement, Rémi Ferraud et Ian Brossat se vantaient encore au mois de juin dernier d'avoir acquis et reconventionné 47 logements en PLS, quai de Jemmapes . Pourquoi ce qui est possible et se fait partout  à Paris , ne le serait-il pas pour les PLA-I, logements très sociaux et seuls accessibles à 70% des demandeurs. 

lundi 20 mars 2017

Logement: à Benoît Hamon et Anne Hidalgo, nous demandons du concret maintenant.




Face au besoin de relogements, promettre pour le futur ne suffit pas. 

Le 15 mars dernier, nous avons investi le QG de Benoît Hamon, candidat à la présidentielle soutenu par Anne Hidalgo. Le programme du candidat prévoit 150 000 logements sociaux dont 130 000 logements très sociaux par an. Mais dans une élection nationale, lorsque des élus locaux soutiennent un candidat, on ne peut pas faire comme si le pouvoir de faire n'existait pas déjà sur le terrain. 

C'est d'autant plus vrai en matière de logement social, où les possibilités légales offertes aux grandes mairies sont très importantes.  

C'est encore plus vrai à Paris, une capitale qui a les moyens financiers pour faire la politique du logement social que ses élus souhaitent: or à Paris, depuis des années, c'est à peine un tiers des nouveaux "logements" qui sont du logement très social. Nous mettons volontairement le terme "logements " entre guillemets car , en réalité de nombreux hébergements d'urgence sont comptabilisés comme des logements , au titre de la loi SRU. 

Les politiques concrètes menées dans la capitale par une élue qui est un des principaux soutiens de Benoît Hamon sont donc bien différentes de ce que promet le candidat. 

Demandeurs de logement, nous sommes légitimes à exiger par la lutte, la cohérence entre les engagements pour le futur et la politique menée dans le présent. Celle-ci peut changer de manière très concrète, dès aujourd'hui et changer la vie de centaines de milliers de personnes. 

C'est ce que nous rappellerons ce mardi à Daniel Goldberg, parlementaire et responsable de la politique du Logement dans l'équipe de Benoît Hamon. Et éventuellement aux représentants d'Anne Hidalgo dont la présence ne nous a pas été confirmée à ce jour, illustration de la difficulté à avoir un quelconque dialogue social dans la capitale, sur la question du logement, dès lors qu'on ose protester contre le déni de droits permanent qui est notre quotidien de mal-logés. 

 

Sans toucher au niveau de loyers des logements déjà construits ou produits, on condamne les mal-logés à voir leur situation perdurer des années.


Exemple 1 : à Paris, les logements « reconventionnés », c'est à dire les logements appartenant à des bailleurs sociaux mais jusqu'ici en loyers libres, sont quasi systématiquement reconventionnés en PLS et pas en PLA-I. Cette mécanique peut très bien être changée immédiatement, et cela concernerait des milliers de logement même sur les trois dernières années .

Exemple 2 : Ian Brossat, adjoint au Logement, reconnaît lui même que la baisse du nombre des attributions provient notamment du fait que les logements disponibles arrivant en commission ont des niveaux de loyers trop élevés pour la majorité des personnes réellement demandeuses d'un logement social. Or la loi ALUR a ouvert la possibilité de la « remise sur quittances » ; en clair, un logement de niveau de loyer PLS peut voir celui-ci adapté temporairement à des revenus beaucoup moins élevés, jusqu'à ce que le foyer voit sa situation sociale s'améliorer et ses revenus augmenter. Certains bailleurs sociaux pratiquent déjà cette possibilité , mais pas ceux de la Ville de Paris. 

Conditionner l'activité hors logement très social des bailleurs sociaux au respect préalable de leur vocation première.

Exemple : dans la capitale, les bailleurs sociaux municipaux font désormais un peu de tout. Du logement intermédiaire, la gestion d'un parc de loyers libres qui donne lieu régulièrement à des scandales sur leurs occupants fortunés ( et pour cause vu le niveau des loyers), de l'Usufruit Locatif Social qui permet de faire du logement social seulement temporaire en PLS . Mais aussi de la construction et de la gestion de bâtiments high tech pour les entreprises ( pépinières, incubateurs, espaces commerciaux ). La seule RIVP a ouvert une dizaine d'immeubles destinés aux incubateurs d'entreprises à des prix défiant toute concurrence ( 179 euros le m2 par an, comme le bailleur le dit sur son site).
Le développement économique de la capitale ne dérange personne. Que les bailleurs sociaux logent des foyers dont les revenus sont plus élevés que ceux des classes populaires n'est pas non plus choquant en soi.
Mais il n'est pas possible que la mission initiale d'un service public ne soit pas remplie, que les responsables de ce service public déclarent ne pas être en mesure de faire plus pour le remplir, mais se livrent dans le même temps à d'autres activités.
Ce mouvement ne peut que s'accélérer car la première loi Macron a notamment permis la création de filiales de logement intermédiaire autonome pour les bailleurs sociaux.

mercredi 15 mars 2017

Au QG de Benoit Hamon , faire battre le coeur de nos droits




Soixante dix demandeurs de logement ont passé l'après-midi au QG de Benoît Hamon. 
Après notre visite collective au siège du mouvement d'Emmanuel Macron, nous avions aujourd'hui choisi d'interpeller le candidat soutenu par la Maire de Paris Anne Hidalgo. 

Sur place nous avons pu expliquer au bras droit de Benoît Hamon, Ali Rabeh qu'il ne suffisait pas que le candidat fasse des promesses aux mal-logés: encore faut-il que les engagements correspondent à des actes sur le terrain, et notamment dans la capitale. 

Ali Rabeh nous a en effet annoncé que Benoît Hamon comptait s'il était élu construire 150 000 logements sociaux, dont 80% de logements très sociaux, les seuls accessibles à 70% des demandeurs de logement parisiens, par exemple. Mais dans le même temps Anne Hidalgo s'accroche à la politique désastreuse des trois tiers: sur les nouveaux logements  à Paris, moins de 30% sont des logements très sociaux. Ceci explique notamment la baisse des attributions de logements au fil des années: il n'y en avait déjà que 13 000 par an en 2011, il n'y en a plus que 10 000 en 2016. 

Le décalage entre les discours et les actes ne peut plus durer: le mal-logement est un fléau qui touche des millions de personnes dans le pays. On ne peut pas toujours faire des annonces pour le futur et les laisser dans des situations horribles des années, au mépris de leurs droits. 

Mardi soir, nous rencontrerons Daniel Goldberg, chargé des questions de logement dans l'équipe de Benoît Hamon. Celle-ci nous a avoué ne pas être sûre de pouvoir convaincre l'équipe d'Anne Hidalgo d'être présente à ce rendez-vous...Un signe parmi d'autres du déni de droits permanent dans lequel les mal-logés sont tenus à Paris, que cette volonté d'éviter le dialogue social avec leurs organisations. 

Nous restons quant à nous déterminés à imposer la question du mal-logement, dans la campagne, et après les élections, comme les luttes de mal-logés le font depuis des années. Nous savons que nous n'avons pas le choix: compter sur nous-mêmes et nos combats ou ne compter pour personne.

mercredi 8 mars 2017

Myriam El Khomri confrontée à la colère des mal-logés



"Nous sommes exceptionnelles parce que....".

C'était le thème de la conférence organisée par Espoir du 18, à l'espace Nathalie Sarraute, sur la ZAC Pajol, pour le 8 mars, journée internationale des droits des femmes.
Parmi les intervenantes, une Ministre et candidate à la députation dans le quartier, Mme El Khomri, et l'adjointe à la Sécurité et à la Prévention de la Ville de Paris , Mme Brossel.

Soixante mal-logées et mal-logés du quartier les attendaient. Les deux élues n'ont pas souhaité entrer en notre présence. Pourtant le mal-logement n'a rien d'exceptionnel dans le 18ème arrondissement et plus globalement dans tout Paris. Et il impacte tous les droits, et beaucoup ceux des femmes.

Devant notre détermination, Mme EL Khomri a finalement envoyé son directeur de cabinet à qui nous avons rappelé notre revendication: un logement, parce que c'est le minimum. Nous n'acceptons pas que le nombre d'attributions de logements sociaux baisse dans la capitale: il est passé de 13 000 à 10 000 appartements en 3 ans.

Les opérations de communication de nos élus qui prétendent faire le maximum nous invisibilisent : par nos mobilisations, nous continuerons à montrer le 8 mars et tous les autres jours que la seule manière d'en finir avec les luttes des mal-logés, c'est de respecter leurs droits.