mercredi 22 novembre 2017

Mal-logement: Un jour ça ira, mais quand ?


 
Ce mardi 21 novembre, Dominique Versini, adjointe d'Anne Hidalgo chargée du social et de l'hébergement , était venue assister à la projection d' « Un jour, ça ira », au Louxor. Ce documentaire raconte l'histoire de deux jeunes sans logement et celle de leur séjour dans un centre d'hébergement.
Notre collectif a manifesté devant le cinéma Le Louxor,  pour rappeler à Mme Versini, que son rôle est d'empêcher que les choses finissent mal dans la capitale, pour toutes et tous.

Peut-être qu'un jour ça ira, mais pas sans combat, parce que maintenant, ça ne va pas.

La réalité parisienne, c'est une majorité de non-réponses aux demandes d'hébergement en urgence faites au SAMU social, le dernier interlocuteur des personnes jetées à la rue. Ce ne fut pas toujours le cas : il y a quinze ans encore, les Parisiens confrontés à un besoin d'hébergement pouvaient toutes et tous se tourner vers les services sociaux du département. Puis, l'accès a été restreint : d'abord les personnes seules privées de titre de séjour, puis toutes les personnes sans enfants, puis les familles même avec enfants sans titre de séjour. Puis tout le monde, ou presque. A de très rares exceptions, aujourd'hui, en cas de mise à la rue, les habitants de la capitale sont renvoyés vers le SAMU social totalement saturé. Ce qui équivaut à les laisser à la rue, et à les abandonner totalement.

Certes la Ville de Paris finance des centres d'hébergement. Mais jamais à la mesure des besoins. La capitale qui peut se payer des Jeux Olympiques n'aurait pas les moyens d'empêcher que des gens meurent dans la rue, que des enfants aillent à l'école après avoir passé la nuit dehors ou dans un hôtel de grande banlieue qui change chaque soir ? C'est absurde. Il s'agit avant tout de choisir ce qui est prioritaire et donc de volonté politique.

C'est la même chose pour l'accès au logement décent : si les hébergements d'urgence sont saturés, c'est aussi, parce qu'il est quasi-impossible d'en sortir vers le haut, c'est à dire d'obtenir un relogement dans le parc social dans un délai raisonnable. Il n'y a pas assez de logements sociaux avec un loyer correspondant aux revenus des catégories populaires pour cela à Paris. Et beaucoup des nouveaux logements sociaux vantés par Anne Hidalgo et sa majorité ont des loyers PLS inaccessibles à 90 % des demandeurs de logement en attente. Et les demandes en attente ont doublé en quelques année.

Aujourd'hui, ça ne va pour personne : ni pour les mal-logés, ni pour les usagers des services sociaux surchargés de la Ville. Aujourd'hui, les travailleurs sociaux eux-même sont en grande souffrance, et en lutte comme nous, parce que les élus ne leur donnent pas les moyens de faire leur travail , de nous permettre d'accéder à nos besoins fondamentaux, et exigent d'eux d'être en première ligne, les mains vides, face à nos souffrances.

Un jour, ça n'ira pas mieux, si Mme Versini et sa majorité refusent d'entendre nos voix, et de résoudre nos problèmes en y mettant les moyens nécessaires.


mercredi 15 novembre 2017

Paris : Julien Denormandie fait repousser les mal-logés par la police


Quand on est Ministre, il ne suffit pas de venir dans les quartiers populaires pour y être populaire, il faut régler les problèmes des habitants .
C'est ce que les mal-logés ont fait comprendre aujourd'hui à Julien Denormandie, secrétaire d'Etat à la Cohésion des Territoires, venu faire un discours au 104, dans le 19ème arrondissement, à l'occasion de l'évènement " Nos Quartiers ont du Talent".
Certes avant de rencontrer le Ministre en face à face, nous avons du faire face à la police qui a tenté de nous repousser violemment loin du 104. Mais la violence sociale du mal-logement est notre quotidien, nous sommes donc habitués à résister. Et nous sommes restés.
 
Julien Denormandie venait dans le 19ème arrondissement pour la seconde fois depuis qu'il a été nommé Secrétaire d'Etat et s'occupe de la question du logement. Pour la seconde fois nous sommes venus l'accueillir. Après sa première visite en septembre, nous avons été invités au Ministère un mois plus tard. Comme d'autres, nous avons été bien reçus, longuement entendus. Comme celle des autres mal-logés, nos urgences ont ensuite été totalement ignorées.