mercredi 4 avril 2018

Insalubrité et sur-occupation: Elogie-SIEMP occupée.


A Paris, le nombre d'acteurs publics "compétents" pour lutter contre l'insalubrité et la sur-occupation sont de plus en plus en nombreux, mais force est de constater que les actions sont de moins en moins efficaces. 

Après l'occupation de l'Agence Régionale de Santé la semaine dernière, notre collectif a investi aujourd'hui le siège d'ELOGIE-SIEMP, 3ème bailleur social de la Ville de Paris, et également actionnaire majoritaire de la SOREQA, censée lutter contre l'insalubrité à Paris et en petite couronne. 

La SOREQA et la SIEMP ont défini avec Paris et d'autres municipalités une liste d'immeubles sur lesquelles des interventions coordonnées sont effectuées. Mais cette liste est a minima, et  toutes les autres victimes de l'insalubrité,de l'indécence ou de la sur-occupation des logements doivent se débrouiller seules dans les labyrinthes des administrations, même pour le simple constat des désorrdes graves dans leurs logements. 
Dans le parc social, les mal-logés concernés sont même victimes d'une double peine: même s'ils remplissent les critères de la loi DALO, les commissions de médiation rejettent leur dossier, sous prétexte qu'elles vivent en HLM. 

Et de toute façon, beaucoup de dossiers dont personne ne nie l'urgence et la gravité sont rejetés par les bailleurs sociaux parisiens qui prétendent ne pas disposer de logements aux loyers suffisamment abordables. Et ce alors même que la loi ALUR leur permet de baisser les loyers provisoirement afin d'intégrer des ménages modestes. 
Lorsque les salaires n'augmentent pas , ce sont les loyers des HLM qui doivent baisser !












mercredi 28 mars 2018

Saturnisme et insalubrité: occupation de l'Agence Régionale de Santé


 Ce 28 mars, l' Agence Régionale de Santé Ile de France a été occupée tout l'après-midi , pour obtenir enfin des actions des pouvoirs publics sur des cas concrets de mal-logés risquant des maladies graves ou en étant déjà atteints, à cause de leur logement. Parmi ces maladies, le saturnisme.

La lutte contre l’habitat indigne recule, au fur et à mesure que l’accès au logement social se restreint. Nous sommes venus aujourd’hui à l’Agence Régionale de Santé avec des cas concrets de mal-logés risquant des maladies graves ou en étant déjà atteints, à cause de leur logement. Parmi ces maladies, le saturnisme. 
 
Ces dernières années, la « lutte contre les marchands de sommeil » est l’axe principal de communication des pouvoirs publics. Evidemment, les marchands de sommeil doivent être traînés en justice.

Mais ceci n’est possible pour les victimes que si le droit au logement est respecté en amont. Si les marchands de sommeil existent, c’est d’abord parce qu’une partie de la population n’a pas d’autre choix que de se tourner vers eux pour trouver un endroit où dormir. A n’importe quel prix : en Ile de France , non seulement les logements insalubres trouvent preneur très vite, mais leurs loyers sont très élevés.

Dans la plupart des cas, on accepte de louer un taudis parce qu’on a déposé une demande de logement social et qu’on espère qu’elle va aboutir , tant l’urgence est criante. Puis on se rend compte que rien n’avance même avec le DALO. Les problèmes de santé, de sécurité , de promiscuité, ne font que s’aggraver avec le temps . Et lorsque les mal-logés concernés veulent faire respecter leurs droits, ils sont le plus souvent seuls.

Les annonces des pouvoirs publics sur le repérage institutionnel des immeubles à risque, sur l’amélioration de la coopération entre les différentes institutions nationales et les services des collectivités territoriales ne manquent pas. En mars 2017, Emmanuelle Cosse annonçait la nomination d’un sous-préfet spécialement chargé de la lutte contre l’habitat indigne dans chaque département. Un an plus tard, Julien Denormandie a tenu ce 21 mars une Journée consacrée aux pôles départementaux sur l’Habitat Indigne….et annoncé de nouvelles mesures dans une nouvelle loi. La dernière s’appelait ALUR et était censée résoudre tout ce que celle-ci appelée ELAN est censée prendre en main.

jeudi 1 mars 2018

Les employeurs précarisent les salariés, Action Logement refuse de les reloger.


Alors qu’un épisode de grand froid met de nouveau en lumière la réalité insupportable des personnes à la rue, de nouveau les débats se concentrent sur le nombre de places d’hébergements ouvertes en urgence. Les photos des grands journaux en attestent, ces places sont, le plus souvent, des lits de camps dans des gymnases ou des dortoirs collectifs. Les places d’hébergement stables dans les foyers, comme les chambres d’hôtel du SAMU Social sont toutes saturées, occupées souvent depuis des années et des années par des personnes qui devraient avoir accès à un logement social.

Ce n’est pas le cas, notamment parce que pendant des années, certains acteurs de la politique du logement n’ont pas respecté leurs obligations légales. C’est le cas par exemple d’Action Logement, qui, depuis 2009 devait reloger une partie des mal-logés reconnus prioritaires DALO et n’a commencé à le faire que depuis 2016.

Pendant toutes ces années, le nombre de dossiers en attente a évidemment considérablement augmenté. Obtenir le label DALO est devenu un parcours du combattant : les critères de la loi étaient déjà restrictifs, les commissions de médiation les ont encore durcis , notamment en Ile de France. Les délais d’attente pour l’instruction du dossier ont considérablement augmenté. Mais même ceux qui arrivent au bout du parcours et sont reconnus prioritaires ne sont pas tous relogés.

Les dossiers des plus précaires , des personnes aux revenus les moins élevés, des retraités, des mères isolées sont mis de côté par les bailleurs sociaux, notamment ceux d’Action Logement.

De plus, Action Logement a défini des conditions extrêmement restrictives pour sélectionner les 25 % de dossiers DALO que l’organisme doit reloger : il faut en plus du label DALO, soit être salarié , soit être inscrit à Pôle Emploi. La majeure partie des chômeurs et précaires mal-logés ne sont pas pris en compte par Action Logement. La moitié des chômeurs ne sont pas indemnisés par Pôle Emploi, même s’ils ont travaillé il y a peu. Le temps partiel imposé, les contrats aidés , ne permettent pas de cotiser suffisamment pour obtenir une indemnisation chômage et beaucoup de mal-logés se retrouvent donc aux minima sociaux et inscrits dans d’autres organismes que le Pôle Emploi.

mercredi 14 février 2018

Paris 9ème: la mairie occupée pour dénoncer les propos du député LREM Sylvain Maillard


Le 5 février 2018, Sylvain Maillard, député LREM , affirmait que la majorité des hommes à la rue le sont par choix.

Pour rappel, depuis le 1er janvier, 11 personnes sont mortes dans les seules rues de Paris Comme Mr Maillard a tenu à préciser qu’il tenait ces propos en tant qu’ « élu de terrain parisien », en tant que mal-logés du même terrain, c’est à la mairie du 9ème arrondissement que nous sommes venus aujourd'hui manifester contre ses propos. Et ce jusqu'à ce que le député s'engage à nous recevoir à l'Assemblée Nationale, ce qui lui permettra de regarder la réalité du mal-logement en face.



Une réalité que l'indécence de ses propos visait à masquer.



Le problème n’est pas de savoir si des SDF et combien acceptent ou refusent quelques heures sur un lit de camp dans un gymnase qui fermera quelques jours plus tard. Le problème n’est pas de savoir si dans les quelques jours qui viennent, le SAMU social pourra répondre aux appels grâce aux quelques salariés embauchés temporairement, qui ne seront plus là quand il fera un peu moins froid. Le problème, c’est le droit au logement, un droit fondamental inscrit dans tous les textes de lois. Le problème, ce sont ces millions de mal-logés et de SDF dont on ne saura jamais s’ils auraient refusé un vrai logement décent, parce qu’on ne leur a jamais proposé.



Quant à l’hébergement, même en période de plan Grand Froid, la réalité rend encore plus terribles les propos de Sylvain Maillard : le SAMU social dit lui même ne pouvoir répondre qu’à 1200 appels sur plus de 6000. Les hébergements ouverts provisoirement sont tous pleins.

mercredi 24 janvier 2018

#Ecorenovons Paris ? Que fait Anne Hidalgo contre l'insalubrité et le saturnisme ?


A Paris ,il faut des années pour être reconnu DALO et être relogé: pour les victimes d'indécence et d'insalubrité de leur logement, le processus est rendu encore plus complexe par la multiplicité des démarches à effectuer, la lenteur des procédures , la dispersion des acteurs publics censés intervenir. 
C'est pourquoi nous nous battons depuis des années pour que la Ville reloge les victimes qui n'ont pas le DALO sur son contingent. 

Mais Ian Brossat et Anne Hidalgo font la sourde oreille: aujourd'hui, la situation s'aggrave, au point que des enfants en bas âge sont de nouveau atteints de saturnisme , sans qu'aucun dépistage n'ait été prescrit à des familles vivant dans des taudis, malgré des visites des services municipaux. 

Ce 24 janvier, Anne Hidalgo et Ian Brossat ont été contraints de déployer un barrage de CRS pour pouvoir effectuer une visite de presse d'un chantier privé de rénovation énergétique financé par des fonds publics municipaux. En effet, nous avions décidé de manifester et nous l'avons fait malgré la pression jusqu'à ce que Ian Brossat soit contraint de quitter son opération de communication pour nous rencontrer immédiatement. 

dimanche 14 janvier 2018

À Paris, fin du gel des demandes de logement social en cas de refus

De manière totalement arbitraire, Anne Hidalgo, Ian Brossat et leur majorité municipale avaient instauré une punition pour les demandeurs de logement social qui refusent une proposition de relogement : depuis 2014, leur demande était gelée, quelle que soit leur situation de mal-logement. 
Cette mesure démagogique , largement médiatisée a contribué aux discours stigmatisants sur les mal-logés qui ne le seraient pas vraiment. Elle vient d'être déclarée illégale par une décision du tribunal administratif : celle-ci a été obtenue par un mal-logé qui avait refusé un logement dont les fenêtres donnaient directement sur un axe routier ultra-fréquenté, générant des nuisances sonores et de la pollution. 
Voici la décision de justice , ainsi que le communiqué du demandeur concerné qui vient de marquer un point pour tous les mal-logés face à une mesure injuste et démagogique.  bien commode pour masquer la réalité. A Paris, en effet, ce sont surtout les bailleurs sociaux de la Ville qui ont toute latitude pour refuser les candidats qui ne leur plaisent pas et mettre en place des politiques insidieuses de tri parmi les mal-logés. 


À Paris, fin du gel des demandes de logement social en cas de refus
La mairie de Paris n’a plus le droit de punir les mauvais pauvres en gelant leur demande de logement social !
Depuis 2014, la mairie de Paris avait pris la mauvaise habitude de geler automatiquement pendant un an les demandes de logement social des personnes qui avaient osé refuser une proposition.
Pour avoir refusé un logement dont les fenêtres donnent sur le boulevard périphérique et dont le loyer était trop élevé pour mes revenus, la mairie m’avait adressé une décision de maintien de gel. Mais sur quelle base légale au juste ? Aucune, et c’est ce que démontre une décision en date du 28 décembre 2017 du tribunal administratif de Paris, issu de la procédure que j’ai engagé contre la mairie.
Oui, un demandeur de logement social a le droit de refuser une proposition qui lui est faite s’il justifie ce refus. Et nous avons souvent toutes les bonnes raisons de refuser un logement : insalubrité (proximité d’un axe routier important), éloignement géographique du logement par rapport à son quartier, sa famille, son travail, l’école, loyer trop cher, rez-de-chaussée, superficie trop petite ou trop grande, nombre de pièces insuffisant.

mercredi 10 janvier 2018

#Paris2024 : les jeux du mal-logement ne sont pas faits !


Ce lundi 10 janvier 2018, nous avons manifesté une bonne partie de l'après-midi au Comité d'Organisation des Jeux Olympiques, et rencontré son directeur administratif et financier.

Paris a hérité pour 2024 de Jeux Olympiques dont pas grand monde ne voulait. A Boston, à Budapest où à Rome, la consultation ou la mobilisation de la population ont amené au retrait des candidatures. Il y a évidemment une raison à ce peu d’intérêt : les Jeux Olympiques ne sont pas que du sport. Ils représentent avant tout une dépense publique énorme. «  Seulement quelques milliards » , disent les politiques qui les défendent . Mais dans la capitale, ces « quelques milliards » , ni l’État, ni la mairie ne sont prêts en en mettre même une partie pour faire en sorte que plus personne ne dorme dans la rue. Et aucun politique n’a demandé aux Parisiens s’ils préféraient investir dans les Jeux Olympiques ou dans les urgences sociales.

Emmanuel Macron, comme Anne Hidalgo s’appuient sur des sondages pour affirmer que les Jeux à sont majoritairement soutenus en France et à Paris.
Mais ces sondages portent sur l’aspect sportif.

Dans un contexte déjà marqué par la hausse constante des loyers et de l’immobilier à Paris et en petite couronne, les Franciliens soutiennent-ils massivement une accélération de cette hausse et donc celle de leurs difficultés à se loger ?

jeudi 4 janvier 2018

Boulogne: le droit au logement est la seule solution à la saturation des hébergements.


Notre collectif a manifesté aujourd'hui toute la matinée dans la mairie de Boulogne Billancourt (92 pour dénoncer le manque de logements sociaux, véritable raison de la crise de l'hébergement d'urgence.

Comme tous les hivers, la question des personnes à la rue fait irruption dans l’agenda politique. Mais les débats et les propositions ne portent que sur le manque d’hébergements d’urgence. En ne parlant pas de la question de l’accès au logement social, on favorise toutes les polémiques honteuses et dégradantes : que ce soit en accusant les migrants de prendre les places de dortoir ou en s’en prenant aux SDF qui refusent des propositions de mise à l’abri de quelques heures seulement et dans des conditions épouvantables.

Mais l’hébergement d’urgence ne serait plus saturé si toutes celles et ceux qui attendent en vain un logement social en sortaient. Or, depuis deux décennies, des communes , pourtant très riches, ne respectent même pas la loi SRU. Celle-ci est pourtant un minimum, pas suffisant mais parfaitement atteignable. Au lieu d’accuser les victimes du mal-logement, le gouvernement ferait donc mieux de se préoccuper de faire appliquer la loi.

Mal-logés, nous somme donc venus manifester à Boulogne, deuxième ville plus riche de France. Le dernier bilan SRU, sorti ce 18 décembre, indique que la ville est de nouveau de celles qui n’ont même pas respecté leurs engagements minimum pour arriver au quota légal.